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Le blog de  Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France.

Pour un front de gauche d'un type nouveau

Publié le 15 Avril 2014 par injey06

Même sans être d'accord sur tout, je trouve que la tribune ci-dessous de F. Genevée et F. Parny a le mérite de nourrir positivement le débat sur le devenir du Front de gauche.

Pour un front de gauche d'un type nouveau

Les élections municipales sont marquées par un échec cinglant du Pari socialiste et aussi du Parti Communiste même si nous résistons mieux.

Cette défaite n’est pas seulement le fait du rejet du gouvernement et de sa politique. Elle constitue une étape supplémentaire de la crise politique, économique, sociale et culturelle que nous traversons.

A force de succession de politiques libérales et néolibérales, les principes mêmes de ces politiques finissent par s'imposer à tous jusqu'à pénétrer les couches populaires.

La baisse des « charges » des entreprises est acceptée comme un moyen de créer de l'emploi.

Les comportements individuels changent. Le désir de réussite individuelle dans une concurrence acceptée remplace la recherche d'une émancipation personnelle dans un cadre solidaire. Les campagnes électorales ont été le théâtre sans précédent des querelles de personnes et de la recherche de la place éligible à tout prix.

Ce glissement idéologique rend plus difficile toute évolution de société. Nous assistons à une véritable hystérésis sociale collective. Confrontés à un avenir économique incertain, nos concitoyens sont peu enclins à accepter la remise en cause de normes traditionnelles. Il faut se rassurer.

La désignation de bouc-émissaires qui justifie les discriminations et la xénophobie est plus facile que la recherche de justice et d’égalité. La famille et son patriarche rassurent beaucoup plus que la reconnaissance des différences et de l’égalité de droits pour toutes et tous.

La défaite électorale est d'abord une défaite idéologique. L'hégémonie culturelle du libéralisme est le plus sur garant des intérêts de l'oligarchie financière qui nous gouverne, nous devons la combattre.

Le fonctionnement des institutions de la 5ème République continue de réduire la citoyenneté au choix d'un homme ou d'une femme tous les cinq ans suivi de votes pour ou contre le parti du président qui renforcent toujours le bipartisme. On vote PS ou UMP en pensant voter gauche ou droite et en gommant toute différence à l’intérieur de ces deux camps.

Notre bataille pour une sixième république n'est donc pas une action à la marge de nos propositions sociales et économiques. Elle est essentielle.

* * * * *

Mais revenons à la question politique centrale que nous avons à résoudre. Comment se fait-il que nous soyons sanctionné et « mis dans le même sac » que ce gouvernement auquel nous ne participons pas ?

Le clivage simplifié gauche/droite fonctionne contre nous, sauf dans les villes que nous dirigeons où nous sommes considérés comme les représentants de la gauche. Dans toutes les autres villes dirigées par la droite, à deux exceptions près, le socle politique que nous avons ne permet pas de gagner.

Comment élargir ce socle ? Comment faire en sorte que les déçus du Parti socialiste ne se tournent pas vers la droite et l'extrême droite ou vers l'abstention et rejoignent le Front de gauche et le Parti communiste ? C’est là que se joue notre avenir.

Formulée autrement, la question politique reste celle de mettre fin à l’hégémonie du Parti Socialiste sur la gauche sans quoi il n’y aura pas de changement.

Personne ne peut plus croire qu'il est possible de « peser à gauche » pour changer de cap. La sortie de la crise ne peut se faire qu'en rupture avec les politiques libérales. En outre cette attitude ne permet pas de sauver nos élus, comme en témoignent les résultats des municipales et ce concept risque de devenir de plus en plus illusoire.

Nos élus risquent d'être entraînés dans les collectivités où ils siègent de façon minoritaire, dans une gestion de plus en plus contrainte du fait de la réduction massive des dépenses publiques. Celle-ci réduit les budgets de fonctionnement et rend impossible la satisfaction des besoins sociaux exprimés au plan local.

Regagner passe par notre autonomie à gauche et le rassemblement le plus large autour de propositions en rupture avec les logiques libérales. C’est ce que nous avons initié avec notre politique des fronts puis avec le Front de Gauche. L'heure est au développement et au renouvellement de cette stratégie.

Les choix différents des organisations du Front de Gauche pour les élections municipales dans les grandes villes ont brouillé le message national. Aucun de ces choix n'a démontré son efficacité plus grande en terme de résultat, mais là n'est pas la question. La pérennité du Front de gauche est une question essentielle pour l’avenir et tout ce qui rend moins lisible ce rassemblement génère du désespoir dans notre population.

* * * * *

Ce rassemblement est-il assez large ? Mais nous n’avons jamais opposé le Front de Gauche à notre effort pour rassembler toutes celles et ceux qui à gauche pensent qu’une autre politique est nécessaire. Et la situation nouvelle née de la nomination de Manuel Vals ouvre de nouvelles opportunités sans doute.

«La gauche du parti socialiste» produit des textes que nous pourrions signer. Mais si nous pouvons mener des actions commune très large avec elle contre tel ou tel aspect de la politique gouvernementale ou pour une alternative, dans quelle entité pouvons nous nous rejoindre ? Nous avons besoin de manifester l'existence d'un pôle de rassemblement anti-libéral, ouvert largement, mais présent dans le paysage politique en tant que force politique. Une force qui soit à l’initiative d’une politique et d’une majorité alternatives.

Une telle entreprise ne plaît pas à tout le monde à gauche et certains s'ingénient à démontrer qu'il est impossible de substituer une autre gauche à la gauche actuelle. Et la montée du Front national va être utilisée n'en doutons pas pour justifier l'union de toute la gauche pour éviter le pire.

C’est bien sûr une question politique que nous avons à traiter. Mais un tel choix conduirait encore à la disparition de notre autonomie et à l’impossibilité d’incarner une alternative au Parti socialiste.

Par ailleurs EELV reste une organisation marquée d'une grande diversité idéologique. L’écologie politique y côtoie d'autres attitudes politiques très diverses, parfois libérales et ils tiennent bien sur à leur autonomie

Toutes cela nécessite que le Front de gauche reste l'organisation qui incarne le troisième pôle de la gauche dans notre pays. C’est cela que nous avons réussi avec les présidentielles sans affaiblir l'originalité du Pcf et en lui redonnant tout son sens au service du rassemblement.

Quel choix alternatif aurions-nous ?

C'est la stratégie du Front de gauche qui nous a redonné de la lisibilité politique. Elle a confirmé notre utilité au service de la transformation sociale. La forme de ce rassemblement ouvert, au delà des organisations politiques, à des citoyen-ne-s engagés autrement dans la politique a répondu au souhait populaire de voir changer les pratiques politiques.

Et la stratégie «gauche plurielle» conduit, on le sait, à une satellisation mortifère au côté du Parti socialiste.

* * * * *

Il est grand temps de relancer le Front de gauche.

Il faut d'abord clarifier avec nos partenaires son orientation. Le Front de gauche doit être indissociablement un lieu de résistance à toute politique libérale et porteur d'une alternative pour un rassemblement plus large que lui.

Il doit aussi dépasser sa forme de cartel d'organisation fonctionnant sur la base de rapport de force interne. Il ne doit pas reproduire le fonctionnement des partis politiques mais vivre comme un rassemblement.

Il faut donc donner plus de place à la société civile, à celles et ceux qui sont sans partis et qui cherchent une issue. Nous les avons rencontrés comme élus et comme candidats dans toutes ces élections municipales. Ils ont mené campagne avec nous. Ils attendent de nous que nous leur proposions une issue politique pour notre pays et un cadre commun de combat.

La condition de cette relance, enfin, c'est le développement d'une démocratie de terrain, décentralisée, autour du Front de Gauche. Ce qui suppose notamment de trancher la question de l’adhésion directe au Front de Gauche. Nous devons partager le pouvoir avec tous ceux et toutes celles qui n’adhèrent à aucun parti, c’est la condition pour une mise en mouvement citoyenne condition de l’élargissement du Front de gauche.

Sur cette base, pourquoi ne pas lancer un appel national à rejoindre la seule force porteuse d'une alternative à gauche ?.

Les élections européennes sont l'opportunité de la relance du Front de gauche, saisissons les pour exprimer le besoin de refondation de cette Europe en rupture avec les dogmes libéraux et permettre ainsi le rassemblement le plus large sur une base claire de transformation sociale.

Frédérick Genevée, Francis Parny,

membres du CEN du PCF

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Serge 18/04/2014 15:54

Plutôt d'accord avec les auteurs de cet article. Même si parfois la prose utilisée est un peu absconse, ou plus exactement si elle fait référence à des discussions internes au PCF pas toujours compréhensible pour l'extérieur.
A présent, une question : ne croyez-vous pas que relancer le FdG, en appelant à le rejoindre, à l'occasion des Européennes est précisément une mauvaise occasion ?
Je m'explique : les Français boudent encore plus largement les urnes à ce type d'élection, soit parce que son enjeu paraît loin de leurs préoccupations immédiates, soit parce qu'ils réfutent carrément une élection qui délégitiment leur souveraineté.
Je ne leur donne pas vraiment tort, et j'envisage moi-même de m'abstenir.
"Rompre et refaire l'Europe" ne m'enchante guère. Ce "refaire l'Europe" est bien loin de ce que souhaitent les peuples.
Cette élection n'est peut-être donc pas le meilleur moyen de relancer le FdG…

GEBUHRER 15/04/2014 13:35

ET peut -on savoir si on n'est pas d'accord sur tout , sur quoi sommes nous d'accord ?
Réflexions sur une Tribune
(Olivier Gebuhrer)
Ne partageant pas des aspects centraux de la Tribune de F Parny et F Genevée j’aimerais pouvoir m’en expliquer. Je le ferais en m’en tenant à des questions fondamentales. La Tribune porte appréciation sur la campagne des municipales pour se tourner vers l’avenir où je rejoins son propos, quoique différemment.
Du regard que les auteurs portent sur les élections municipales je retiens que « Les choix différents des organisations du Front de Gauche pour les élections municipales dans les grandes villes ont brouillé le message national. »
Mais on chercherait en vain dans le texte le rappel fût-il sommaire de la stratégie qui fut adoptée par le PCF, et qui ensuite fut traduite, de diverses façons en effet, dont la pire fut à mon avis que « le PCF s’était déterminé pour une géométrie variable » ; de cette traduction absurde, il était aisé d’en « déduire » diverses conséquences qui parcoururent toute la campagne et sur lesquelles je ne m’attarde pas bien qu’il y eût matière.
La question centrale qu’on ne retrouve nulle part dans le texte était de partir de l’intérêt des populations concernées et en tirer toute conclusion utile pour le positionnement à adopter dans chaque commune grande ou petite ; évidemment, si cette stratégie assez simple au fond mais ici outrancièrement schématisée, est ensuite traduite par ce qui n’en est même pas une caricature, il ne faut pas s’étonner que le message soit brouillé.
La Tribune nous dit ensuite que « La pérennité du Front de gauche est une question essentielle pour l’avenir et tout ce qui rend moins lisible ce rassemblement génère du désespoir dans notre population. »
C’est là une phrase complexe ; on peut surement , c’est mon cas, en partager la première partie ; quant à la seconde c’est une autre affaire ; on ne trouvera pas outrecuidant de ma part de prétendre avoir constaté , fait directement l’expérience , que très loin de Paris , la décision des communistes parisiens fut reçue avec ESPOIR ; cet espoir était celui qui comprenait que les Communistes français ne tiraient pas un trait sur tout ce qui ne leur ressemblait pas et que somme toute , des choses restaient du domaine du possible . À gauche.
Il est extrêmement douteux que la « moindre lisibilité » du Front de Gauche ait semé le désespoir dans les quartiers populaires, lesquels n’avaient de toute manière pas attendu pour être désespérés. Autre chose est de savoir pourquoi le Front de Gauche ne s’est pas révélé plus attractif et encore faut-il nuancer très largement ; l’attractivité peut, certes, dépendre de l’univocité du discours, mais selon moi ce n’est pas là l’essentiel. « Je ne veux voir qu’une seule tête » n’est pas français et M Valls l’apprendra bientôt.
Le deuxième aspect fondamental de mon désaccord est la fréquence du mot « antilibéral » ; c’est pour aller vite, on peut le concevoir. Mais la fréquence du terme, le contexte dans lequel il est employé ne permet pas de conclure ainsi ; l’antilibéralisme aussi justifié soit-il, et cela mérite examen, ne fait pas une politique ni a fortiori ne dessine une alternative ; c’est une autre façon, un peu politisée de dire « nous sommes CONTRE ». Le rassemblement appelé Front de Gauche par nous, communistes, puis adopté par d’autres, y prit sa source ; mais très largement, il y demeura ; restant à la source, il eut tendance à se tarir.
Le troisième aspect fondamental de mon désaccord, lié aux précédents, mérite des développements dont il n’est possible ici que de dire quelques mots.
D’une part il y a le mot « autonomie » qui revient sans cesse et je ne me souviens pas avoir voté quelque texte que ce soit se référant à cette « notion ».Je n’ai pas vu le PCF en faire un « concept » cardinal mais d’autres forces du Front de Gauche, il est vrai, en firent leur boussole.
D’autre part, c’est le plus important, il y a le positionnement par rapport au PS d’une part et d’autre part par rapport à celles et ceux que le texte nomme étrangement, « déçus » ; il me semble me souvenir que de façon répétée d’autres contributeurs à l’expression du PCF utilisèrent à maintes reprises l’idée selon laquelle beaucoup de nos concitoyennes et concitoyens de gauche ne « se reconnaissaient plus dans la politique suivie par un gouvernement appelé de leurs vœux » ; c’est bien différent . Les « déçus » ne viennent nulle part et en tout cas, ne chercheront jamais rien au Front de Gauche.
Croire, penser en 2014, que des « déçus » du PS et de ses œuvres se tourneraient soudain vers nous est pour moi sujet de stupéfaction.
Il est hors de question pour moi d’en revenir sous quelque forme que ce soit à l’idée de « peser » sur le PS, hors de question d’une quelconque réminiscence de la « gauche plurielle ». C’est déjà perdre son temps que de le dire.
«La gauche du parti socialiste» produit des textes que nous pourrions signer…… dans quelle entité pouvons- nous nous rejoindre ? Nous avons besoin de manifester l'existence d'un pôle de rassemblement anti-libéral, ouvert largement, mais présent dans le paysage politique en tant que force politique. Une force qui soit à l’initiative d’une politique et d’une majorité alternatives. »
A mon sens une large part de cette problématique justement nous enferme au lieu de nous ouvrir ; bien avant de penser « entité » politique et bien avant de savoir si la gauche du PS produit ou non des textes que nous pourrions signer, ce qui au demeurant , sans être absurde, n’est pas vraiment la question , on doit explorer bien davantage ce qui constitue l’océan tumultueux de la gauche en France ; car selon moi celle –ci , sans qu’il soit question de la définir avec précision , existe et sa réalité est diverse , complexe, mais massive.
Quant à définir le Front de Gauche comme devant être à l’initiative d’une « majorité alternative », il y a pour le moins là matière à sérieux débat.
Déjà l’idée « ne se reconnaissent pas dans la politique menée » donne une piste féconde, au rebours des « déçus ». S’est-on demandé suffisamment si celles et ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette politique, seraient disponibles pour, à leur façon, à leur rythme et SANS RENONCIATION PREALABLE à leurs préférences idéologiques ou même politiques pour définir avec nous les contours d’une politique dans « laquelle ils et elles se reconnaîtraient » ? . Je me permets de douter fortement que ce soit le cas.
Dire « nous n’avons jamais exclu………. « est tout, sauf une réponse, et d’autres, en outre, quand ce n’est pas dans nos propres rangs , dans le Front de Gauche, EXCLUENT justement. Quand de plus ils souhaitent faire preuve de « souplesse », c’est justement en demandant aux « autres » de se « rendre » avant de marcher avec nous. Toute protestation à cet égard est inutile.
Penser qu’il va de soi que « hors du Front de Gauche , point de salut », est au mieux une billevesée et je le pense , une dangereuse illusion à laquelle en tout cas nos concitoyennes et concitoyens qui « ne se reconnaissent pas... » ne sont pas prêts à faire leur pour d’excellentes raisons. En tout cas pour le moment.
Tout ceci amène à adhérer sans réserve à l’idée qu’il faut « autrement le Front de gauche » et que sans le Front de gauche, aucun changement politique de gauche n’est envisageable ; en développer le contenu ne peut se faire en quelques lignes ; mon opinion ici n’est pas cardinalement opposée à ce que j’ai lu mais, on l’aura compris, dans une tout autre problématique, et des ingrédients politiques qui furent esquissés au départ, pour être ensuite abandonnés sans l’ombre d’une justification .
Très logiquement la Tribune demande de « trancher » la question de l’adhésion directe au Front de gauche ; tranchons, c’est bref et d’une question complexe faisons en un probléme simple.
Le Front de Gauche, pour s’épanouir, doit justement éviter comme la peste l’idée d’être un enjeu de pouvoir ; faisons cela, et dès le lendemain nous le regretterions amèrement ; mais il serait trop tard. Cela aussi mériterait des développements qui ne manqueront pas et que je laisse volontiers à d’autres