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Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France

La majorité alternative de gauche n'existe pas, elle est à construire

Publié le 24 Octobre 2014 par injey06

C’est une sorte de serpent de mer qui réapparait régulièrement. Au risque de casser les illusions de quelques-uns, il faut en finir avec la fable qu’il existerait une majorité alternative de gauche au parlement dans sa composition actuelle.

Aujourd’hui à l’Assemblée, la majorité absolue est à 289 voix. Le groupe PS compte 290 députés, EELV : 18, le PRG : 17 et le FdG : 15 (dont 5 ultramarins). Même dans le meilleur des cas, le FdG+ EELV + les frondeurs en « grandes forme» cela représente 80 députés, soit moins d’un quart des députés de « gauche ».

Une grande part des députés PS « légitimistes » sont par ailleurs totalement convaincus idéologiquement de l’orientation Hollande-Valls (1). Ce qui les dérange vraiment ce n’est pas le sens de cette orientation, c’est plus son « rythme » et surtout que cela ne donne pas les résultats « espérés».

La limite actuelle des frondeurs, et elle est de taille, c’est qu’ils refusent pour l’instant d’admettre ou d’assumer qu’une politique alternative n’est possible que si elle affronte et bouscule les diktats de la commission européenne et les marchés financiers. Martine Aubry en demandant une « inflexion de la politique en la réduction des déficits et la croissance » est dans cette limite. Sans parler de l’illusion (encore une) chez certains qu’ils vont pouvoir compter au prochain congrès de PS.

La vérité aujourd’hui c’est que cette majorité de gauche alternative n’existe pas à l’Assemblée, et qu’il va falloir la construire dans les idées, dans la rue et dans les urnes. Signe encourageant (sondage Tilder-LCI-Oipinionway du 23 octobre) s’il est logique que 90% des électeurs de Mélenchon de 2012 considèrent que la politique de Valls n’est pas de gauche, c’est le cas aussi pour 60% des électeurs de Hollande. Potentiellement une autre majorité peut exister, il faut la faire émerger. Vaste chantier dont le premier rendez-vous est le 15 novembre : http://www.collectif3a.org/

Robert Injey

(1): Sur le sujet lire la contribution suivante.

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1258456-crise-au-ps-oui-le-parti-est-en-plein-chaos-mais-valls-n-est-pas-si-minoritaire-que-ca.html

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GEBUHRER OLIVIER 29/10/2014 11:15

SERPENT DE MER ?
Je viens de lire, en fait dès parution, ton Blog, cher Bob, Blog dont l’article titre est « La Majorité alternative de gauche n’existe pas »

Le titre , ma foi , n’est pas choquant, à défaut d’être celui que j’aurais choisi ; le reste est beaucoup plus sujet à caution .
« Le serpent de mer qui réapparaît régulièrement » ; d’où sort ce serpent de mer ? Qui le fait vivre ? On ne peut pas le deviner d’après ton texte mais……. Il me semble – suis-je victime de mes illusions ?- que Pierre Laurent a utilisé à plusieurs reprises l’expression : « à l’Assemblée Nationale, il y a une majorité de gauche alternative potentielle à la politique actuelle » ; c’était entre autres pour dire que face à l’isolement évident de la politique gouvernementale par rapport à la majorité qui a porté Hollande au pouvoir, il n’y avait pas besoin de dissolution , observation que je partage intégralement . Mais le même Pierre Laurent après avoir dit que le pacte qui avait été conclu par le vote de la présidentielle entre la majorité populaire et le Président élu était déchiré par la nomination de Valls et ses actes, n’en soulignait pas moins que ce divorce , cette béance n’était nullement une fatalité même aujourd’hui ; il suffisait de ne pas voter la confiance et de porter au gouvernement une équipe conforme au vote des électrices et électeurs de Mai 2012 ; si je ne me trompe il a dit ça à La Rochelle devant l’ensemble du PS, avec une ovation .
L’objet de ma réaction n’est pas de creuser les désaccords- ici manifestes - entre dirigeants du PCF, mais d’examiner ton argumentation ;
Tu te livres brièvement à des opérations arithmétiques ; tu les appuies sur des considérations que je partage pour une part mais ma critique n’est pas seconde : cette analyse est fixiste. Elle fige l’état des choses à un moment donné ; soyons clairs jusqu’au bout : ni « les frondeurs » ni a fortiori les autres membres du groupe PS n’évolueront par le seul jeu – et même pas principalement- par le jeu – de leurs contradictions internes. Pour qu’une coagulation se produise il y faut et faudra d’autres ingrédients ; tu fais d’ailleurs mention de certains d’entre eux, en vrac , à la fin de ton billet mais j’y reviendrais.
Non seulement ton analyse des « frondeurs « et y compris de Martine Aubry est plus que schématique mais ta description du groupe des parlementaires « légitimistes » qui suivent pour le moment Valls est vraiment peu conforme à ce qu’on peut attendre d’un dirigeant du PCF. Il y a beaucoup plus d’éléments dans la partie « légitimiste » que ceux que tu indiques ; au hasard : la peur des sanctions- pas une menace vaine - , la crainte de faire tomber le gouvernement sans autre solution qu’un retour aux urnes qu’ils prévoient désastreux etc… etc…
Beaucoup, sinon tous veulent voir Hollande terminer son mandat ; on peut le concevoir. L’alternative ici, c’est le retour aux urnes dont une majorité de nos compatriotes, quelles que soient par ailleurs les profondes critiques qu’ils peuvent adresser tant au gouvernement, qu’à Hollande et au PS, ne veulent pas. Et c’est sur cette alternative, pas une autre, qu’a surfé un temps Marine Le Pen ; personne chez nous ne peut emboîter le pas.
Mais en fait mes critiques sont plus profondes :
1) Tu écris : «La limite actuelle des frondeurs, et elle est de taille, c’est qu’ils refusent pour l’instant d’admettre ou d’assumer qu’une politique alternative n’est possible que si elle affronte et bouscule les diktats de la commission européenne et les marchés financiers. Martine Aubry en demandant une « inflexion de la politique en la réduction des déficits et la croissance » est dans cette limite. Sans parler de l’illusion (encore une) chez certains qu’ils vont pouvoir compter au prochain congrès de PS. »
On ne peut pas raisonner de cette manière pour plusieurs raisons : la première est que s’il est vrai que « les frondeurs refusent d’admettre qu’il faut affronter les diktats de la Commission européenne et les marchés financiers » , je ne crois pas un instant que ce soit un préalable comme ton texte semble l’indiquer ; si une telle volonté existait ce serait infiniment mieux évidemment mais ton texte fait totalement l’impasse sur le fait que même entre eux et au-delà , dans les rangs du PS , les dogmes de l’UE sont en débat vifs ; ces débats n’aboutissent pas encore pour plusieurs raisons , la première de toutes étant que le PS a porté cette construction européenne là sur ses fonts baptismaux et qu’une remise en question telle que tu l’envisages est POUR LE MOMENT, IMPENSABLE ; autrement dit , en érigeant en préalable des conditions impossibles à réaliser aujourd’hui , au lieu d’aider aux décantations nécessaires tu les freine .
La seconde raison est que tu fais totalement l’impasse sur ce que contient le discours de Martine Aubry dont tu ne retiens qu’un aspect qui n’est surement pas second ; j’en retiens deux choses ; d’une part elle se réclame d’une social-démocratie dont Valls ne veut même pas entendre parler ; d’autre part elle se réclame d’une politique de gauche qui, pour le même Valls n’a plus de sens . On peut discuter à l’infini de ses ambigüités qui demeurent ; Aubry et les « frondeurs » sont des sociaux-démocrates et ont envie de le demeurer ; cela ne les empêche pas de considérer que la politique suivie actuellement n’est pas ce à quoi ils songent ; inflexion ? Mais ce terme peut couvrir bien des choix, y compris au-delà du cosmétique dans laquelle tu enfermes la réflexion des socialistes en pleine crise aujourd’hui. Pourquoi injurier l’avenir ? Nous sommes donc au tout début d’une grande affaire dont tu sous estimes grandement les prémisses ; le bébé ne vient pas par la tête et la césarienne peut –être nécessaire mais pas certain ; le bébé n’est pas le nôtre ; la façon dont les socialistes règlent leurs problèmes politiques n’est pas la nôtre ; tout cela ne saurait masquer les évolutions possibles que nous devons nous employer à favoriser et non à flétrir ou amoindrir.
J’ajoute que dans un discours récent- mais je ne me souviens plus qui en est l’auteur – un dirigeant du PS a évoqué une gauche au spectre large dans lequel d’une part le PCF est nommé et cela ne s’était pas produit depuis une décennie et d’autre part le fait que le PS ne devait plus pratiquer l’hégémonisme vis-à-vis de ses partenaires. Fumée ?
Ces considérants sont-ils le reflet de la bouteille à moitié pleine face à la bouteille à moitié vide ? Je n’en crois rien ; des remises en cause très profondes sont à l’œuvre ; plutôt que les mépriser, travaillons les.
La troisième raison qui fait que je ne peux pas te rejoindre est l’effet produit par tes propos sur nos compatriotes de gauche qui éventuellement pourraient te lire. Le moins qu’on puisse dire est que tu ne les incites pas à regarder vers nous pour reprendre espoir qu’une politique de gauche est possible incluant le PCF. Au contraire tout ton discours ne peut que les éloigner de nous ; le plus fort est que tu obtiens ce résultat à partir de considérations qui sont matière à débat public, ne SONT PAS DES PREALABLES, ne doivent sous aucun prétexte être présentés comme tels, et qui ne sont pas des petites questions ; au lieu de les conduire à y songer tu les écartes en disant illusion, illusion. Tout n’est qu’illusion.
Et la quatrième raison - et elle n’est pas mince – est que nous avons aussi quelques menus reproches à nous faire ; avons- nous rendu le Front de gauche attractif ? La réponse est largement négative ; où voit-on que nous réfléchissions à ce qui a pu écarter de nous des millions de nos compatriotes en leur faisant penser que ce n’était pas de notre côté qu’il fallait regarder ? N’y a-t-il rien qui nous différencie de nos partenaires ? Sacrée question ; nous allons manifester contre l’austérité ; voilà une thématique nécessaire et indispensable ; mais, le discours de JL Mélenchon ne donne-t-il pas récemment l’idée qu’une austérité de gauche ne luis déplaît pas ? Que veut-il dire en soulignant que tout n’est pas soluble dans l’anticapitalisme ? Ou c’est une trivialité et alors pourquoi y insister ou cela a un sens politique et il est évident que dans son propos , c’est la seconde hypothèse qui est la bonne ; le point n’est pas de broder sur « l’anticapitalisme » qui n’est pas non plus ma tasse de thé mais dans son cas, depuis des mois, le capitalisme tout court a disparu de ses textes et de son discours qui reste ancré à gauche , une gauche différente du PS d’aujourd’hui mais qui n’a en rien adopté tes propres préalables .
Je ne discute même pas du cas de EE-LES VERTS
En somme , tu écris in fine « il va falloir la construire dans les idées, dans la rue et dans les urnes. »
Les idées ou le débat ? Ce n’est pas de même nature ; dans la rue sans doute encore que non nourrie par le débat la rue, ne répondra que par les convaincus ou peu s’en faut ; quant aux urnes il est évident que cette phase ne peut être placée sur le même plan que les autres et ne peut qu’être consécutif à une construction EXIGEANTE qui ne DEMANDE PAS A NOS PARTENAIRES d’abdiquer de ce à quoi ils croient, de les reconnaître pour ce qu’ils sont , des femmes et des hommes de gauche qui cherchent une issue à gauche dans la contexte d’une crise de systéme plus grave et plus profonde que toutes les précédentes ; c’est difficile ,surement ; mais nous n’avons pas le choix ; si nous persévérons à rejeter toute démarche qui n’adopte pas certains de nos repéres fondamentaux , nous n’irons pas là où nous disons vouloir aller . Cela exige de notre part aussi du travail et une façon de travailler beaucoup plus exigeante que « les idées , la rue , les urnes ». L’espoir , la construction de l’espoir doit être le fil conducteur de nos initiatives ; on le trouve peu présent dans ton Blog et cela ne me donne aucun plaisir de la constater ; Aujourd’hui une majorité alternative de gauche n’existe pas mais demain ? Demain , pas après demain ou dans des temps reculés ; une course de vitesse est engagée ; soyons –en totalement , pas à reculons

Eve 27/10/2014 10:06

Bonne analyse d'autant que les supposés frondeurs comme Marie Noëlle Lieneman par exemple ainsi que Gérad Filoche préfèrent critiquer dans les jourmaux et à la télé le Front de Gauche et Mélenchon au lieu de de faire ne serait-ce qu'un petit pas vers nous.