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Le blog de  Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France.

Réduction du nombre de fonctionnaires: l'aberrante posture idéologique

Publié le 22 Janvier 2016 par injey06

Pour accroître les profits versés aux actionnaires il y a -entre autre – deux leviers : baisser la masse salariale et réduire la sphère publique qui aujourd'hui échappe encore à la sphère marchande. Pour y parvenir les idéologues « libéraux » déclinent à l'infini d'une fable : le « coût du travail » et la dette publique qui plomberaient la croissance.

A partir de là, le raisonnement des « libéraux » et du MEDEF appliqué à la fonction publique est simple : afin de répondre aux contraintes budgétaire imposées pour retrouver la croissance et l'emploi, il faut « réduire la dépense publique ». Pour cela, il faut engager une « réduction accélérée du nombre de fonctionnaires correspondant à une redéfinition des missions de l'État » (1)

Le leitmotiv idéologique « réduire le nombre de fonctionnaires » qu'on nous assène depuis des années montre, depuis les attentats et ses implications, toute son aberration. La politique de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux a eu pour traduction la suppression de 11000 policiers et gendarmes sous Sarkozy et les centres de formations qui vont avec. Résultat, avant même les attentats : l'explosion des heures supplémentaires jamais récupérées. Depuis les 7 janvier la situation est intenable pour les fonctionnaires de police. Même situation tendue dans l'armée avec la suppression de plus de 54 000 postes depuis 2008. Les tenants de la sécurité et de l'ordre, Christian Estrosi et Eric Ciotti en tête, sont pris là dans toute la contradiction entre une posture idéologique (« il y a trop de fonctionnaires ») et la réalité. Et la multiplication des caméras de vidéosurveillance est un coûteux pis-aller qui ne répond pas à la question de la présence humaine.

Cette aberration de la logique « faut supprimer des fonctionnaires », nous la retrouvons dans des pans entiers des différents secteurs de la fonction publique et des entreprises d’État. Au quotidien, cette réalité, les usagers la subissent : sureffectifs dans les classes, annulation de TER car pas de conducteur, engorgement du secteur hospitalier public, insuffisance d'effectif récurente dans les tribunaux, dans la pénitentiaire,.... Au quotidien cette réalité peut avoir des conséquences lourdes, à l'image du recours systématique d'EDF à la sous-traitance même pour le secteur nucléaire.

Mais comme les besoins réels existent, la tentation est grande de privatiser la fonction publique ou de la remplacer par le privé. L'offensive est permanente, à l'image de la dernière déclaration de Bruno Lemaire, proposant de privatiser Pôle Emploi.

Cette volonté de tout privatiser, même dans les domaines qui relèvent des missions les plus régaliennes est de plus en plus forte. A l'image des USA, les « contractors », employés de société privée effectuant des missions militaires, sont de plus en plus importants. En 2011, il y avaient ainsi plus de 70 000 employés civils d'agences privées déployés en Afghanistan soit 0,68 contractor pour 1 militaire américain basé dans ce pays .

Aujourd'hui, alors que des besoins nouveaux sont en train d'exploser (tout le secteur de l'aide à la personne par exemple), il y a urgence à renforcer l'exigence de service public.

Robert Injey

(Article pour le Patriote Côte d'Azur du 22 janvier)

(1) : Extrait de l'interview de Jean Marc Daniel, directeur de la revue du think tank patronal, Societal. le ( Le Figaro, juin 2015)

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