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Le blog de  Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France.

2017: Une réflexion d'économie politique sur les programmes mérite mieux que ça!

Publié le 22 Novembre 2016 par injey06

2017: Une réflexion d'économie politique sur les programmes mérite mieux que ça!

Ci-dessous, un texte  de Jean Paul Duparc qui fait suite à la publication par la commission économique du PCF d'une "note"sur le programme de Jean-Luc Mélenchon. J'avais déjà traité la question du SMIC de cette note http://www.robertinjey.com/2016/11/smic-une-polemique-ridicule.html

Le texte de Jean Paul aborde plus largement les questions soulevées.

Bonne lecture

Robert Injey

Dans une note datée du 18 novembre 2016 et largement diffusée, le collectif de travail de la « Commission Economique du PCF » a publié ses conclusions d’un examen du « programme de Jean Luc Mélenchon » au regard des « sept axes de propositions » portés par le PCF en vue d’un « Pacte d’engagement ».

L’attention est tout de suite attirée par le caractère entier et sans appel desdites conclusions : « pas seulement des divergences et des contradictions », mais une « conception fondamentalement contraire » et une « logique radicalement opposée à ce pourquoi nous combattons ». Bigre ! Voilà qui méritait d’aller y voir de plus près.

Après s’être procuré un « Pacte d’engagements communs pour la France » tel que mis à disposition de la récente Conférence nationale du Pcf d’un côté, et de l’autre un exemplaire du « Programme de la France Insoumise » débattu lors de leur Convention des insoumis d’octobre, on reste très interrogatif sur la virulence de la note de travail des « économistes communistes ». (1)

Avec le sentiment qu’elle n’a été écrite qu’à charge et comme une « auto-commande » au service d’un objectif pré-établi : Donner à toute force une « caution économique » à un antagonisme supposé, pour mieux légitimer le choix d’une candidature du seul Pcf.

Sur l’emploi

Dans la première partie de leur note, nos « économistes communistes » dénoncent l’absence de la formulation « éradiquer le chômage » pour assimiler cette absence à un « objectif entièrement absent ». Pire ce programme de la France Insoumise   se bornerait « à se placer dans une logique de plein emploi ». Ce qui, pour la note de nos « économistes communistes », renvoie à la seule vision que les économistes libéraux ont de cette notion : « un taux de chômage incompressible de 7% soit 2 millions de chômeurs… »

On ne polémiquera pas sur le fait que, y compris dans la présentation qu’avait le PCF sur son site du programme « L’Humain d’abord », ce qui était mis en valeur c’était bien « Notre priorité absolue : éradiquer la pauvreté, la précarité et relancer l’économie par le partage » (http://www.pcf.fr/18549 ) et qu’on retrouve ces trois problématiques aussi bien dans les 7 axes du PCF que dans le programme de la France Insoumise.

On ne polémiquera pas non plus sur le fait que l’expression « plein emploi », et encore plus dans sa version libérale, n’est pas valorisée dans le chapitre 2 du programme de la France Insoumise, chapitre qui porte sur ces questions. Et que donc, suggérer que ces Insoumis seraient, de fait, pour un taux de chômage de 7% et 2 millions de chômeurs, est pour le moins un procès d’intention inutile.

Il est plus intéressant de constater que, on ne citera ici que les énoncés de parties de ce chapitre 2 « Face au chômage et à l’urgence sociale, partager les richesses, mettre au pas la finance », il y a le socle de très larges convergences : « Eradiquer la précarité, respecter les métiers et les travailleurs », « Construire un nouveau statut protecteur pour les travailleurs : la Sécurité Sociale intégrale », « Réduire le temps de travail, travailler moins pour travailler tous », etc…

Est-ce qu’on ne trouve pas là des propositions convergentes avec les parties « Travail et emploi : on vaut mieux que ça ! », « Une loi pour sécuriser l’emploi et la formation », etc… que l’on trouve dans les 7 axes des propositions du Pcf.

Et on pourrait multiplier les exemples dans d’autres domaines.

Argent, finances, fiscalité et droits des travailleurs

On peut considérer que la partie sur les droits des travailleurs dans l’entreprise est incomplète ou insuffisamment développée dans le programme de la France Insoumise. ( encore qu’il faut prendre en compte des choses parfois dispersées dans plusieurs chapitres et ne pas se contenter de ce qui est dit dans la première partie sur la 6ème République, on trouve ainsi dans la deuxième partie la proposition de « Reconnaitre un droit de préemption aux salariés pour former une coopérative en cas de fermeture ou de vente de leur entreprise », etc.. ).

De même, on peut certainement en dire plus et mieux sur les contrôles des circuits monétaires et du crédit.

Ces deux thèmes étant d’ailleurs un peu une « marque de fabrique » de l’apport des communistes, ces dernières années, on peut à bon droit penser que ce sont des réflexions, certes antilibérales, mais sans doute plus étatiques et parfois moins anticapitalistes, qui ont nourri l’actualisation de « l’Humain d’abord » par la France Insoumise. (2) C’est certainement réel et c’est certainement dommage.

Mais là encore, les convergences peuvent largement l’emporter, dès lors que l’on en a une volonté politique partagée à construire.

D’ailleurs la note de nos « économistes communistes » est bien amenée à reconnaitre en partie ces convergences ( en citant notamment : « une politique du crédit sur critères sociaux et écologiques, la lutte contre l’évasion fiscale, l’interdiction des licenciements boursiers », etc… etc…..) mais pour tout de suite condamner sur les thèmes d’un « c’est trop peu ! » « c’est trop flou ! », « ce n’est pas assez dans une logique cohérente ! »…

Bref, à toute force démontrer que ça ne va jamais….., dans un parti pris idéologique qui finit par déconsidérer, à force d’être systématique, des objections parfois utiles.

Pourtant, et pour avoir lu attentivement la note de nos « économistes communistes », il y a ainsi une objection qui vaut vraiment la peine : lorsqu’ils soulignent l’erreur d’opter pour une fusion entre la CSG et l’IRPP qui peut être un vecteur de fiscalisation du financement de la Sécurité Sociale et de désengagement des entreprises. Proposition qui place, sur ce sujet, la France Insoumise en contradiction non seulement avec le Pcf, mais plus largement la part du mouvement syndical attaché à la cotisation sociale, ou les réflexions de Bernard Friot (pensons au livre, Vive la cotisation sociale !)

Pour le reste, à ces thèmes de l’argent, de la fiscalité, des droits des travailleurs, et de la finance, il s’agit plus de mieux se comprendre mutuellement entre le Pcf et la France Insoumise, d’apports qui peuvent converger et se compléter, plutôt que d’antagonismes.


 

Evitons les polémiques vulgaires

Emportée dans son élan de vouloir démontrer à toute force des antagonismes, la note de nos « économistes communistes », s’écartant là de la comparaison des programmes, revient sur le « populisme de gauche » et l’opposition entre « la caste » et « le peuple ». S’interroge-t-ils seulement sur le fait que le secrétaire national du PCF a lui-même écrit un livre sur « les 99% », qui à sa façon travaille aussi la question d’une émancipation du « peuple » vis-à-vis de « l’oligarchie » ?

Et que peut signifier cette façon de remettre le couvert de la suspicion en dénonçant « le recours au vocabulaire et aux thèmes de l’extrême droite n’est pas très éloigné non plus » (sic !) en reprenant un morceau de phrase de fin juin sur les travailleurs détachés. Ne serait il pas plus raisonnable de constater que dans le programme de la France Insoumise, sur ces travailleurs détachés, sur le droit de vote des résidents immigrés, la régularisation des travailleurs sans papiers, sur les réfugiés, ..il y a un contenu clairement antagoniste des thèmes de l’extrême droite !

Des thèmes en devenir

Sur l’Europe, sur le protectionnisme, il y a des différences, mais aussi des débats évolutifs, ( souvent au sein même du PCF aussi ), auxquels il faut être attentifs, et qui méritent mieux que de les renvoyer dans les cordes d’une forme de « nationalisme ».

Même chez des communistes, il y a des réflexions sur un « protectionnisme solidaire »….et dans la lutte contre certains traités européens actuels ou autre TAFTA, c’est une question qui se pose…..

De même sur l’Union Européenne, dans sa partie « A l’offensive pour changer l’Europe », les 7 axes du PCF en restent eux, si l’on ose dire, à un seul « Plan A » : L’obtention d’une évolution-transformation positive de l’Union Européenne.

Dans les propositions de la France Insoumise, il y a certes un versant « Plan A » (proposer une refondation démocratique, sociale, écologique, des traités européens par la négociation), mais en même temps, ça aborde un versant Plan B ( en cas d’échec de se processus de négociation , que faire ? ),…. Versant que bien des forces et des personnalités européennes se posent, après les vécus de ces dernières années….. Devons nous l’ignorer ?

Le paquet écologique, dans le programme de la France Insoumise, comme tentative de prendre en compte l’ampleur de la crise écologique est également digne d’intérêt.

Conclusions

Si il y a bien un travail à accomplir pour décrypter les convergences et divergences entre les propositions de la France Insoumise et les 7 axes du PCF, ce travail reste à faire et la note de nos « économistes communistes » l’obscurcit plus qu’il ne le fait avancer, par son parti pris idéologique qui la sur-détermine.

On citera ici un travail (http://www.cerisesenligne.fr/article/?id=5438 ) , certes partiel, accomplit par Samy Johsua , qui ne tait pas le manque d’anticapitalisme du programme de la FI, mais aboutit à une toute autre conclusion que nos « économistes communistes » : « Les débats entamés ici ne doivent pas tromper. Avenir en Commun fournit une bonne base pour l’affirmation d’une perspective de rupture avec les politiques passées des gouvernements successifs. De rupture plus généralement avec le néo-libéralisme autoritaire et guerrier. Certaines questions difficiles et de la plus haute importance comme la question européenne y sont à mes yeux très correctement abordées. Et de toutes manières, trouver un texte qui satisfasse en tout point toutes les fractions de la gauche radicale n’est pas chose aisée. Raison de plus de poursuivre le débat sur ce qui mérite de l’être ».

Jean Paul Duparc

  1. A noter que ces documents ont à ce stade des versions encore en évolutions.

  2. on regrettera ici encore plus que l’année 2016 se soit passée comme elle s’est passée, avec un Pcf s’égarant dès janvier dans les chimères de la primaire, et une vision principalement tournée vers les frondeurs socialistes, pendant que, voyant cela, Mélenchon optera pour proposer sa candidature qui a suivi le bonhomme de chemin que l’on sait….Si le réel avait été pris en compte autrement dès le départ, une actualisation plus fructueuse de l’Humain d’abord aurait pu avoir lieu….


 

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Venel Gérard 31/12/2016 09:24

J'avais déjà réagit aux propos de Mr Injey, lorsqu'à plusieurs reprises il a appeler à rejoindre le camp de la F.I. Je n'ai d'ailleurs pas reçu de réponse ni de commentaire.
Oui il y a des divergences fortes et certaines fondamentales entre le projet de la FI et celui du PCF. C'est normal puisque les uns sont, au fond, plutôt sociaux-démocrates(ce que les économistes démontrent très clairement) et les autres (nous) encore communistes. Pourquoi le nier si ce n'est pour masquer la démission de dirigeants du PCF, à croire en leur parti et sa force militante. La démonstration des économistes du PCF est claire et rigoureuse, mais on ne peut pas faire boire un âne qui n'a pas soif!
La mauvaise foi qui consiste à masquer ces différences est dangereuse, car il y a aussi des points de convergences que les partisans de la FI auraient pu mettre au service d'une candidature communiste, comme la réalité des rapports de force politique (et non de la médiacratie qui s'organise autour de sondages) le commande. Vous avez fait un choix très dangereux pour la gauche non socialiste, car obnubilés par la pression sondagière, vous volez au secours de la social-démocratie en soutenant la candidature de JLM, qui n'aurait pas pu obtenir, sans l’apport des élus communistes les signatures pour valider sa candidature.
C'est un très mauvais choix, celui de la résignation devant le "dieu sondage" au lieu du courage et du combat pour un projet s'attaquant réellement aux racines du capitalisme. Comme je l'ai écrit dans une lettre à Pierre Laurent, il faut de toute urgence un congrès extraordinaire du PCF pour juger ces comportements mortifères pour notre parti.

Jean Chambon 22/11/2016 15:28

J'ai apprécié la note de nos économistes qui a la qualité d'être claire, rigoureuse et ne noie pas les divergences dans du blabla incompréhensible par le lecteur lambda qui n'y connait rien en économie. On est pas dans un débat entre soi ou entre économistes, on est dans un débat entre gens humbles, souvent autodidactes, et il est important de ne pas imposer une lecture codée qui fait passer à côté de l'essentiel voire du fond. Bravo à ces économistes qui dans un temps très court on su mettre en avant les points de désaccords, je ne peux utiliser le terme de "débat" puisque Jean Luc Mélenchon est fermé à toute ouverture et à toute union construite ensemble dans la transparence et le respect de chacun !

Scheidecker 27/11/2016 12:00

J'ai cette note devant les yeux que j'ai lue deux fois avec stupeur tant elle est peu claire, peu rigoureuse et à à charge. Elle manque surtout d'une bonne part d'honnêteté intellectuelle.