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Le blog de  Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France.

Des profondes divergences avec A. Montebourg à l'urgence d'entrer en campagne.

Publié le 3 Novembre 2016 par injey06

Des profondes divergences avec A. Montebourg à l'urgence d'entrer en campagne.

A défaut d’un programme, Arnaud Montebourg nous gratifie de son discours commenté de déclaration de candidature de Frangy-en-Bresse. (1). Sans prétendre faire une analyse exhaustive de son propos je me livre là à un éclairage personnel sur quelques aspects des propositions de son « discours commenté ».

-C’est sans doute concernant sur le logement social que sa proposition est la plus choquante (pages 42 et 43 de son discours « commenté »). Mettre à la vente 4,5 millions de logements sociaux, sur un parc de 4,7 millions, au prétexte de « faire gagner du pouvoir d’achat »?!

Cette proposition, que Montebourg « partage » avec plusieurs candidats de droite à la primaire, a un précédent historique : Margaret Thatcher. Celle-ci a donné le droit aux locataires d’acheter leur logement HLM de 50 à 30% de leur valeur (même fourchette que propose A. Montebourg).

L’effet a été radical. D’un côté un nombre important de « nouveaux propriétaires » en incapacité de payer les échéances, de l’autre des offices HLM qui se retrouvent à gérer le parc le plus délabré avec les locataires les plus pauvres. Un phénomène qui renforce la ségrégation spatiale (Cf. interview de William Le Goff dans le Monde daté du 27 octobre 2016). Une telle mesure en France entraînerait un accroissement des difficultés pour des « propriétaires » qui, loin de gagner du pouvoir d’achat, vont en perdre. En perdre car il faut, comme propriétaire, acquitter la taxe foncière. En perdre car ils ne toucheront plus les aides au logement (APL, ALS, ALF). Les locataires HLM perçoivent aujourd’hui 38% du montant des aides personnelles au logement, soit 6,2 milliards d’euros. Propriétaire ils  percevront plus rien.

Enfin en perdre car, toutes celles et tous ceux qui ont pu y vivre savent, les HLM n’ont pas été construits pour durer. Et le coût des réhabilitations à venir sera exclusivement à la charge des propriétaires.

L’exemple chiffré que pose Montebourg dans son ouvrage, et qui se base sur une enquête de l’INSEE de 2006,  fait totalement abstraction de ces réalités… Sans parler bien évidemment de l’aberration de vendre du locatif social à l’heure d’une profonde crise du logement…

 

-Mais il n’y a pas que sur le logement social qu’il est "hors sol". Sur les salaires, dans le JDD du 30 octobre, sa proposition sur l’augmentation est renvoyée à un accord européen ! Même le MEDEF ne l’a pas osé !!!

Sans parler du code du travail avec comme mesure phare " un code du travail différent pour les PME, négocié branche par branche » (2) Celles et ceux qui se sont mobilisés contre la loi travail apprécieront.

 

-Autre tirade dans son « discours commenté » sur la participation aux bénéfices qu’il veut étendre aux PME de moins de 50 salariés. En reprenant le vieux mythe patronal, version gaullisme social,  sur «  l’échange performance contre partage ». La réalité  de l’existant est bien moins idyllique.  Une étude sur l’impact des dispositifs collectifs de partage des bénéfices sur les rémunérations en France, concluait :

 « Les résultats montrent que le partage du profit n’est pas un complément de salaire mais un outil de flexibilité salariale. Trois conclusions peuvent être soulignées : 

1. Le fait de pratiquer l’intéressement n’influence pas de manière significative la rémunération totale mais s’accompagne d’un effet négatif sur la rémunération hors prime d’intéressement. 

2. L’introduction de l’intéressement n’influence de manière significative ni la rémunération totale ni la rémunération hors prime d’intéressement.

3. L’existence ou l’introduction de la participation n’influence de manière significative ni la rémunération totale ni la rémunération hors prime de participation » (3).

Par ailleurs il convient de préciser que l’intéressement et la participation sont des formes de rémunérations qui ne sont pas soumis à cotisations sociales et ne participent pas au financement de la protection sociale : plus la part de rémunération sous forme de "participation aux bénéfices " est importante, plus le financement de la protection sociale est en péril. Est-ce bien le but qu'une politique de gauche doit se donner ?

-Quand à la réforme des institutions, grande rénovation avec le retour du septennat et la réduction du nombre de députés !! Le tout dans un contexte où il veut doter l’Europe d’un « gouvernement économique de la zone euro » (page 67).

Nous sommes très loin de la  6ème république.

-Enfin, sauf erreur de ma part, il y a des vides immenses dans les propos d’Arnaud Montebourg : droit des salariés, grandes réformes fiscales, financement de la protection sociale, revitalisation de la démocratie de proximité,  

 

A l’énoncé de ces quelques points programmatiques on comprend beaucoup mieux pourquoi, à chaque fois, il a fait au sein du PS le choix le plus droitier. S. Royal contre L. Fabius, candidat de la gauche du PS en 2006, Hollande contre Aubry en 2011 et Valls contre Ayrault en 2014.

Au final, la lecture du propos d’Arnaud Montebourg a comme un air de déjà-vu. Partenariat  public privé, participation (…) une sorte de néo-gaullisme du bon vieux capitalisme monopoliste d'Etat, les Starts up en plus.

Faire du neuf avec du très vieux, Arnaud Montebourg n’innove pas beaucoup (4)….

 

Enfin, s’il est vrai que sur le plan institutionnel une victoire de Montebourg sur Hollande serait un évènement, pour autant cela ne doit pas occulter le fait que cela ne règle pas grand-chose. Trois remarques là-dessus :

-La première, et pas des moindre, c’est la majorité parlementaire que nous voulons voir émerger. Hollande ou pas, les 577 candidats du PS auront été désignés fin décembre, dont près de 250 qui ont tout voté, sans parler des ministres et des conseillers recasés dans des dizaines de circonscriptions « imperdables ».

-Hollande ou pas, le vainqueur de la primaire portera pour l’opinion publique  le bilan du PS…

-On peut continuer à espérer  que des « millions de personnes nous disent face à la droite et au FN, stop aux conneries ». Mais, pour l’instant, la réalité c’est que les 4 à 5 millions d’électeurs (5) que la gauche a perdu depuis 2012, n’attendent plus grand-chose d’elle. Pour eux, à juste titre ou pas, le pire est déjà là, dans la précarité quotidienne, la peur de l’exclusion, l’inquiétude du lendemain.

Le vrai défi, celui qui seul permettra de déjouer le piège de 2017, plus que le nombre de candidats,  c’est la capacité ou non de re-mobiliser cet électorat, ces 4 à 5 millions d’électeurs,  sur un espoir de changement.  De ce point de vue il y a urgence à rentrer en campagne….

 

Robert Injey

 

(1) Arnaud Montebourg, « Le retour de la France », discours commenté de déclaration de candidature de Frangy-en-Bresse collection Librio, octobre 2016. 3 euros, imprimé en Italie…

(2) Interview dans le JDD.du  30 octobre

 (3) Extrait de la conclusion : http://www.cee-r.echerche.fr/publications/rapport-de-recherche/limpact-des-dispositifs-collectifs-de-partage-des-benefices-sur-les-remunerations-en-france

(4) Ainsi sa référence stratégique au « modèle » Mitterrand quand il s'est emparé du PS, tombé à 5 % via la candidature Gaston Deferre en 1969, par un langage de gauche et une alliance avec les communistes, pour ensuite conduire le PS vers les dérives que l'on ne sait que trop devrait nous alerter...        

(5) Systématiquement, toutes les élections intermédiaires, mais aussi toutes les enquêtes d’opinion, placent le total gauche 10 points, voir plus, en deçà du score de 2012 (44%). Soit une fourchette de 4 à 5 millions d’électeurs

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GEBUHRER 03/11/2016 18:51

Je remercie Bob et Rirette de m'avoir lu et tenté de me répondre ; j'aurais été surpris si le contenu avait été différent ; comme les deux ne disent pas pareil je commence par Bob ; c'est normal sur son Blog de commencer par lui ;
"Les divergences avec JLM ne sont pas de l'ampleur de celles que nous pouvons avoir avec Montebourg "; avec tout le respect que je lui dois , je lui dis que je ne suis pas d'accord du tout ; ce ne sont pas les mêmes ( il y a des recoupements ) mais elles sont à mes yeux tout aussi importantes et la plus importante de toutes est que JLM a été le candidat du PCF en 2012 ( j'ai voté pour , pas de faux procés ) et pas Montebourg ; de ce fait les insultes de JLM permanentes à l'égard du PCF revêtent AUJOURD'HUI une importance considérable qui pour autant ne remplit pas tout mon champ de vision ;j'y viens ; mais j'observe pour qu'il n'y ait pas de confusion que dans la période qui précédait la Libération , De Gaulle s'était bien gardé de dire le millième de ce que déverse sur nous JLM ; pour moi ça compte excusez moi ; ce n'est pas un vain "patriotisme de parti" ; avant d'aller plus loin je dis les choses publiquement : demandons nous à quoi ressemblerait ce pays sans PCF ; poser la question c'est répondre ; je suis sans réserve pour chercher toute alliance possible à gauche pour empêcher le scénario catastrophe qui se profile ( il faut perdre du temps à écrire que personne dans l'entourage de Hollande ne correspond à ce scénario ) ; ensuite ,
Comme on ne peut pas tout balayer je considére les propos de JLM sur l'Union Européenne comme très dangereux ; pas une fois il ne cite la Gréce comme alliée possible c'est un comble ; son alternative n'en est pas une ; notre consultation toute limitée qu'elle soit place la RENEGOCIATION des traités européens en première ligne ; JLM joue à Zorro ; une paille ?
Sur salaires qui sur le plan social est la première question posée , pas un mot sinon des pleurs sur les 6 Millions de pauvres ; évidemment RIEN sur la BCE ; on peut poursuivre ; les exemples ne manquent pas ; interrogé longuement récemment JLM , à la question pertinente" Vous êtes élu , vous "nommez " une Constituante , bon , mais que faites vous avant que celle -ci ait rendu ses conclusions ??" Réponse ahurissante :" il y a la constitution de la V°...." Mézalor avec QUELLE ASSEMBLEE NATIONALE GOUVERNE T-IL??????Il ne s'est pas posé la question ; la question d'un candidature unique de toute la gauche renvoie AUSSI à ce probléme infinitésimal ; à moins que l'on dise , votons on verra ensuite; ni les 4 millions que cherche BOB ni d'autres ne peuvent voter pour un pareil chéque en blanc; si rien ne change , JLM c'est l'aventure ; excusez moi je ne suis pas partant et d'autres beaucoup d'autres non plus .
Question : le vote JLM rend t-il au moins plus facile les élections législatives pour les candidates et candidats du PCF ? Evidemment NON ; on nous promet des candidates et candidats de la France insoumise partout ; imaginez vous que ce sera surtout CONTRE les candidates et candidats du PCF même si je ne les conçois pas comme des candidatures PCF pur sucre mais comme candidatures de rassemblement à gauche pour une politique de gauche ; ça fait vraiment beaucoup pour une personnalité pour laquelle le PCF tournant le dos à sa stratégie appellerait à voter ; qu'on ne me parle pas d'autonomie préservée dans cette situation .
L'analogie entre un scrutin national comme la présidentielle et une élection en PACA n'a aucun sens ; je ne comprends même pas qu'on puisse y songer .
Et pour ma suggestion , si c'était seulement la mienne je comprendrais BOB ( Olivier est devenu un peu à l'Ouest , on le pardonne ) mais d'excellents esprits ont FAIT cette même proposition et ne sont pas à la merci d'être considérés comme bons à interner ; oui je vois tout à fait cette situation ; elle serait un coup vrai dans la fourmilére , nous assurerait tout un temps un passage médiatique ECOUTE ( ce ne sera pas le cas avec une décision JLM dans les conditions actuelles ); desi dées fortes pourront être exposées et auront l'immense mérite de poursuivre opiniâtrement sur une ligne réaffirmée à chaque Congrés ; cela facilitera les Légistatives ; cela aura des conséquences posiitives pour la suite dans TOUS LES CAS DE figure mais c'est un PARI c'est vrai ; je préfére ce Pari là à l'aventure certaine dont le PCF ressortira profondément blessé .
Quant à Rirette , je lui dis que je me suis abstenu jusque là de toute critique de JLM sur mon propre BLog , que les critiques que je lui porte sont vérifiables en tout point et ne sont pas des prune et que je suis en déacaoord total avecl'idée " aucune politique d egauche n'est passible si nous ne dépassons pas le PS" ; je pense profondément que cette hypothése devra un jour se réaliser mais cela ne peut résulter justement que d'une phase où les couches populaires voient qu'à gauche il possible d'améliorer les choses ; ce ne peut pas être un apriori ; c'est de même ordre que de déclarer constitutionnel le fait que la classe ouvrière est la classe dirigeante ; c'est un exemple célèbre précédant une descente aux enfers non moins célébre ; enfin là dessus je pense le désaccord suffisamment profond avec Rirette pour ne pas aller plus outre
Très amicalement

Bob 03/11/2016 13:36

Mon Cher Olivier,
-Je pense que nous avons des divergences avec JLM, mais elles ne sont pas de l'ampleur que celles que nous pouvons avoir avec Montebourg.
-Dans nos raisonnements on passe un peu vite sur un aspect c'est qu'à la différence de 2002 le problème de la gauche ne sera pas le nombre de candidats (4 ou 5 contre 8 en 2002), mais la désaffection de 4 à 5 millions de ses électeurs. Et ce n'est pas l'argument le risque FN-LR qui va les mobiliser, tout comme le risque d'une Région FN ne les a pas mobilisé en décembre 2015. Quand on aura compris cela, peut-être que nous pourrons prendre le problème de 2017 dans le bon sens.
-JLM "veut fragmenter le PCF"; grande découverte! Tout le monde veut "fragmenter tout le monde sinon nous serions tous dans le même parti. Et encore, quand je vois le spectacle des primaires, la fragmentation peut-être interne. Mais pour autant faut-il s'enfermer dans des raisonnements binaires ou dans un bel isolement mortifère?
- " d'une candidature ISSUE du PCF prête à se retirer jusqu'au dernier moment si les conditions en sont créées" Très honnêtement tu nous vois passer deux mois à expliquer pourquoi on rajoute une candidature aux candidatures et deux autres mois à expliquer pourquoi nous la retirons ou nous la maintenons ?
Avec toute mon amitié.

GEBUHRER 03/11/2016 11:55

Mais Bob attend quoi de A Montebourg? Il le découvre ? Nous n'avons AUCUNE profonde divergence avec JL Mélenchon???? Depuis des mois Bob recherche les 4 à 5 Millions d'électrices et d'électeurs ayant voté JLM à la présidentielle de 2012: autres temps autres mœurs . Personne n'est propriétaire de ses voix ; la seule chose esquivée par Bob et c'est bien dommage est que partis comme ça , il n'y aura pas de gauche au second tour de la présidentielle ; JLM ne rassemblera pas la gauche que le PCF le désigne ou non comme son candidat ( ce n'est pas mon choix je le précise et pour le moment hors d'une candidature ISSUE du PCF prête à se retirer jusqu'au dernier moment si les conditions en sont créées je n'ai rien en magasin) ; le croire c'est se tromper ; mais d'ailleurs tel n'est PAS l'objectif de JLM ; il SAIT qu'il ne sera pas au second tour et s'en moque ; par contre fragmenter le PCF ça c'est à sa portée et il met tout en oeuvre pour ça ; est ce que pour Bob cet objectif n'est PAS un problème sérieux ?

Rirette Guillermard 03/11/2016 16:47

Cordialement, ma réflexion sur 3 points de ta réponse à Bob :
« Mais Bob attend quoi d’Arnaud Montebourg ? Il le découvre ? » Et toi, Olivier, qu’attends-tu d’A. Montebourg ? Rien ? Mais alors qui pour rassembler la gauche (?) si « JLM ne rassemblera pas la gauche, que le PCF le désigne ou non comme candidat » ; l’engagement des « frondeurs » dans la logique d’une primaire du PS, qui reconnaîtra le gagnant quel qu’il soit, est-il une garantie pour l’avenir d’une « candidature commune de la gauche » ?
« Partis comme cela, il n’y aura pas de gauche au second tour de la présidentielle » C’est partis comme cela oui, mais en dégommant systématiquement Mélenchon qu’on va se retrouver à coup sûr dans cette situation …. Peut-on penser une minute qu’il n’y aura pas un candidat de la ligne sociale-libérale majoritaire au PS, sous-estime–t-on à ce point les ressources de Hollande pour « rassembler » une majorité des votants à la primaire socialiste avec l’argument massue « sans moi –ou un clone- il n’y aura pas de gauche à la présidentielle » ?
« Nous n’avons AUCUNE profonde divergence avec Mélenchon ???? » ; si bien sûr, mais il me semble qu’on en avance beaucoup de fausses pour ne pas parler de la principale, l’analyse de la situation de la « gauche » et la stratégie politique. D’un côté Mélenchon fait l’analyse qu’un changement véritable n’est possible qu’avec une vraie gauche dépassant en influence le PS (dont les contradictions internes ne change pas l’orientation majoritaire) ; il me semble que c’était déjà dit dans la campagne de 2012, et l’une des raisons des 4 millions de voix. De l’autre, le PCF, en tous cas sa direction, qui n’écarte pas que le PS puisse (doive ?) rester dominant, qui se refuse à se couper d’un PS, force incontournable de la « gauche » en particulier dans toutes les élections (et pourtant combien de reculs, sur le strict plan électoral, cela ne nous at-il pas déjà couté ?).