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Le blog de  Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France.

Revenu universel: un leurre!

Publié le 20 Janvier 2017 par injey06

Revenu universel: un leurre!

Le Parti socialiste a cette capacité, régulière, de cristalliser le débat autour d'une question, permettant ainsi d'occulter le reste. L'affaire du revenu universel en est une nouvelle illustration.

D'abord de quoi s'agit-il ?

Le « Mouvement pour le revenu de base » le défini ainsi :

« Tous les membres de la communauté le reçoivent, quels que soient leurs revenus ou leurs situations professionnelles. Il est versé à chaque membre du foyer, sans considération des revenus de ses autres membres. Pas besoin de justifier une recherche d’emploi ni de travailler en échange.Il s’additionne avec tout autre revenu (salaire, certaines allocations…). Il est versé automatiquement de la naissance jusqu’à la mort et assure ainsi un filet de sécurité tout au long de la vie. »

 

Benoît Hamon nous présente une version légèrement différente, avec une première phase en direction des jeunes (sans en préciser le montant), une augmentation du RSA à 600 euros et une généralisation du dispositif en 2022.

Au sein même du PS les principales critiques sur la mesure portent sur l'impasse budgétaire de cette mesure. Un rapide calcul, 500 euros mensuels versés à tous les habitants de ce pays représente 396 milliards par an, soit plus que le budget de la nation !

Mais la question n'est pas que budgétaire.

Quelques remarques :

Cette idée n'est en rien «nouvelle ». Nous la retrouvons déjà il y a 500 ans (!) chez Thomas More dans Utopia. Plus près de nous un des socialistes utopiques français, sans doute le plus sympathique, Charles Fourier, la portait au XIXè siècle . Enfin des prix Nobel (James Meade prix Nobel, en 1977 ou bien encore Paul Krugman ) ont défendu cette idée. Donc l'idée n'est pas neuve, et souvent des hommes et des femmes politiques, y sont favorables dans les débats et cela au-delà des frontières gauche-droite.

La motivation souvent affichée est de permettre d'éradiquer la pauvreté et de ne plus faire dépendre le revenu exclusivement d'un travail. Certains y voient même une forme d'émancipation face à l'aliénation du travail...

Si l'idée généreuse, peut se concevoir dans la perspective d'une société « idéale », le capitalisme financiarisé et mondialisé en 2017 est tout, sauf une société idéale.

A partir de là quelques objections, non pas sur le principe dans l'absolu, mais dans la réalité concrète capitaliste.

D'abord le soutien de libéraux à cette mesure, sous une forme ou une autres n'est pas innocent. L'objectif est simple : rationaliser le système d’aide sociale, en regroupant l’ensemble des prestations sociales existantes dans une seule. Et la solidarité nationale se réalisant au travers de ce revenu universel, cela ouvre la porte au démantèlement de la protection sociale, sans parler de la remise en cause du salaire minimum, des prestations sociales. Mais aussi une plus grande fléxibilisation du marché du travail.

Pour les libéraux, le revenu universel est en quelque sorte la pitance que l'on donne à l'esclave pour maintenir simplement la force de travail.

Une belle idée peut-être dévoyée, le capitalisme est devenu expert en la matière.

Mais là, en l’occurrence, elle participe aussi d'occulter toute une série de débats. Il est intéressant, par exemple, de noter que l'affaire du revenu universel épargne aux candidats de la primaire du PS de dire des choses sur la question du salaire et du SMIC. De la même manière en déportant le débat sur cette question on ne parle pas de droits nouveaux pour les salariés dans les entreprises et très peu sur la maîtrise des banques . Et pourtant si nous n'abordons pas ces questions du pouvoir, dans l'entreprise et sur la finance, rien n'est possible pour changer profondément cette société.

En définitive la proposition de Benoit Hamon est un leurre.

Outre le fait qu'avec une augmentation du RSA à 600 euros/mois nous sommes très en deçà du seuil de pauvreté (845 euros), sans parler du seuil pour pouvoir vivre dignement (1), cette mesure évacue les questions du rapport au travail, des rémunérations, de la réduction du temps de travail, sans parler de la formation.

Des associations comme le Secours populaire, le Secours catholique et ATD Quart Monde considèrent qu' « il s’agirait de verser aux plus fragiles un “solde de tout compte”, sans se soucier de prendre des mesures favorisant le retour à l’emploi». Pour le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, c'est "la négation du travail", pour Boris Plazzi, un autre membre de la direction confédéral CGT « le débat sur le revenu universel n’intervient pas par hasard, cela vise à mettre à mal le système de protection sociale ».

Des propositions existent dans les programmes du PCF ou de Jean Luc Mélenchon, pour permettre tout à la fois d'établir un statut protecteur pour les jeunes, d'accorder des droits nouveaux aux salariés dans l'entreprise, créer une véritable sécurité d'emploi et de formation (PCF) , ou bien encore une sécurité sociale intégrale (JLM)... Des propositions qui visent à dépasser le marché du travail.

Certes cela fait moins le buzz, mais sans doute parce que cela remet en cause la logique du système. Ce qui n'est pas le cas dans la version actuelle de la proposition de revenu universel....

Robert Injey

(1) Une étude de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale fixe à 1424 euros pour une personne seule et 3284 euros pour un couple avec deux enfants le seuil pour pouvoir vivre dignement dans un logement social.

 

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PCF Villefranche 20/01/2017 18:28

Salut Bob,
Je regrette que tu t’attardes tant sur le programme des autres et non sur un angle de vue qui pourrait être le notre, communiste donc. L'émancipation par le savoir et par le travail, une juste répartition des richesses etc. et élever le débat sur la notion même de travail. Qu'est-ce qu'un travail? Est-ce que je "travaille" quand je cuisine chez moi? Il faut arriver à dissocier travail de salaire alors que pour la majorité des gens, salaire est la définition même du travail.
Bref, je crois au revenu universel dans un contexte évidemment anticapitaliste. Rien ne sert de donner des montants tant que le cadre n'est pas posé : est-ce que les soins sont pris en charge à 100%, est-ce que l'école est libre, est-ce que les transports sont "gratuits"? etc.
Le véritable leurre c'est le plein emploi. Nous n'y reviendrons jamais et même, nous ne le voulons pas. Nous voulons du temps pour nous cultiver, créer, partager des moments à ne rien faire, du temps pour être soi sans culpabiliser.

GEBUHRER 20/01/2017 17:32

Tout cela est vrai ; la critique de ce "projet fumeux" qui ,laisse en place le chômage de masse et n'en dit mot pour ne rien dire du silence sur les banques , la finance , le CAC 40 etc... est nécessaire ; je n'aurais rien à ajouter si ...... le candidat que nous soutenons ........... présente le 100% renouvelable comme un projet pour demain ( 2050) ce qui est inepte ; laisse de côté le désastre écologique allemand où en plus l'électricité coûte plus du double de celui de la France... Sur la finance et les banques on ne l'entend pas non plus ; présente la "révolution citoyenne" au cours de one man shows ahurissants où le scénario de la Constituante est absurde etc; etc.... il ne faut pas s'aveugler d'un seul œil ; rien ne me tente de voter au premier tour pour un autre candidat que lui mais mais mais mais que je souffre en l'écoutant !!!!!
Après la primaire socialiste si Valls est battu, ce qui est souhaitable mais pas certain , le PCF devra prendre les initiatives nécessaires pour une candidature commune à gauche ; notre candidat a déjà fermé la porte ; prenons garde ; si l'objectif de faire en sorte que la gauche ne soit pas éliminée au premier tour n'est plus d'actualité , qu'on ne vienne pas nous le reprocher !!!! En fait à tous les écouter on voit que notre candidat n'est en rien moins socialiste que Hamon ou /et Montebourg ; ils se complètent .... le PCF est bien le parti qui tient la gauche debout . Ce pays en aura besoin dès l'épisode présidentiel passé ; je ne dis rien d'autre . Je ne veux pas charger la barque mais il y a matière Amicalement