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Le blog de  Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France.

La dernière chance (Tribune collective)

Publié le 21 Juin 2017 par injey06 in Initiatives PCF

La dernière chance (Tribune collective)

(Je n'ai pas pour habitude de signer des tribunes collectives concernant le PCF. Mais  après ce cycle électoral de 18 mois il y a urgence à sortir de l'impasse où nous nous sommes nous même enfermés. RI)

E. Macron a donc dangereusement les mains libres. Malgré le score porteur d’espoir de JL Mélenchon à la présidentielle et l’excellente nouvelle de l’élection d’une trentaine de député-e-s insoumis et communistes, jamais la gauche n’a été aussi faible, et jamais le Parti communiste n’est tombé si bas : 2,7% aux législatives. C’est un véritable désastre que les plus démunis et les plus précaires vont payer au prix fort. Nous qui avons prétendu ces derniers mois « tenir la gauche debout », nous ne pouvons pas échapper au constat de notre échec. En tirer toutes les conséquences est la condition pour aider notre peuple à résister immédiatement, et entamer un redressement sans lequel nous allons cette fois-ci disparaître complètement de la vie politique.

Il y a presque dix ans déjà, les communistes avaient tiré des deux catastrophes électorales de 2002 et 2007 la conclusion qu’il nous fallait profondément nous transformer : conceptions, projet, organisation. Certes, nous avons élu des « commissions du projet » ou organisé des conférences nationales. Nous avons toiletté nos statuts. Mais reconnaissons-le, nous n’avons rien fait qui puisse faire dire : oui, ces dernières années, les communistes ont vraiment beaucoup changé. La seule innovation qui viendra sans doute à l’esprit des plus attentifs, parce qu’elle a réellement suscité de l’espoir, est la création du Front de gauche, mais pour constater aussitôt que nous n’avons pas su ou pu empêcher sa paralysie et son délitement. Nos décisions n’ont donc pas été mises en œuvre, et nous avons recommencé à prendre du « retard », cette fois-ci avec des conséquences dramatiques. Nous sommes toujours vus comme un parti de militant-e-s courageux et combattifs mais, notre score le dit de façon implacable, comme un parti du passé.

Notre stratégie de rassemblement face aux libéraux de droite et de gauche semblait au moins un acquis : même cela fut sérieusement remis en cause dès les municipales de 2014, puis aux régionales avec des listes à géométrie variable. Et pour l’élection présidentielle, la direction de notre parti a semé la plus grande confusion, au motif de « rassembler la gauche », en envisageant de participer à une primaire avec le PS, puis quand le vote des communistes l’eut définitivement exclu, pour tenter d’obtenir de JL Mélenchon qu’il cédât sa place à B. Hamon. Comme si c’était possible alors que celui-ci demeurait le candidat d’un PS complètement discrédité, et que la question décisive était : comment rompre enfin avec les politique libérales que la droite et le PS ont menées alternativement depuis des décennies ? Jean-Luc Mélenchon en a fait un des principaux axes de sa campagne, et il a remporté un grand succès. Nous avons à l’inverse tergiversé et cherché jusqu’au bout à louvoyer entre le rejet du PS (y compris par de très nombreux communistes) et un souhait incompréhensible de préserver on ne sait quoi de la vieille union de la gauche. Et finalement, nous avons complètement échoué.

Pour reconquérir les classes populaires, il faut aujourd’hui avoir l’audace d’innover. Il y a eu le 23 avril presque autant de suffrages pour une alternative antilibérale que pour E. Macron. C’est un point d’appui considérable si nous savons rendre durable cet immense rassemblement d’exigences et d’attentes. Cela implique d’inventer les formes pluralistes et démocratiques qui permettront à toutes les forces de transformation sociale de travailler ensemble, dans le respect de leurs diversités, nécessité que la France insoumise doit prendre en compte. Dans cet objectif, il faut avoir l’ambition de faire vivre un projet communiste d’émancipation humaine plus que jamais indispensable. Et il faut pour cela que notre Parti se transforme radicalement, se dépasse pour entrer, enfin, dans le 21ème siècle.

Nous devons travailler à un projet révolutionnaire nouveau qui prenne à bras le corps dans tous les domaines les considérables mutations de notre époque, qui invente avec d’autres une stratégie européenne et mondiale de lutte contre le capitalisme mondialisé, qui relève le défi écologique. Nous devons travailler à un parti aux pratiques et au fonctionnement nouveaux pour faire vivre non seulement la souveraineté réelle des adhérent-e-s, mais aussi une démocratie d’intervention permanente et innovante qui donne toute sa place à la créativité et aux capacités d’initiatives de chacun-e-s. Nous devons travailler à nous saisir de toutes les idées neuves qui émergent du mouvement social, et imaginer comment nous ouvrir à tous les courants et toutes les cultures d’émancipation humaine qui devront impérativement coopérer et se rassembler dans une force politique nouvelle pour être capable de lutter efficacement, résister et l’emporter.

Tout cela suppose évidemment un très grand débat, et que les directions du Parti remettent leurs mandats à la disposition des communistes pour une évaluation sans tabou des actions passées et le renouvellement nécessaire de celles et ceux chargées de mettre en œuvre leurs décisions. Un congrès doit être convoqué rapidement. C’est notre dernière chance.

Alain Bascoulergue, Yannick Bedin, Gérard Billon, Nicole Borvo Cohen-Séat, Marie-Pierre Boursier, Patrice Cohen-Séat, Michel Duffour, Jean-Paul Duparc, Grégory Géminel, Frédérick Génévée, Fabienne Haloui, Robert Ingey, Roland Leroy, Sonia Masson, Claude Mazauric, Anna Meyroune, Frank Mouly, André Perez, Nora Saint-Gal, Vivian Point

Tribune publiée dans l’Humanité du 21 juin 2017

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Aserei 23/06/2017 19:07

Le monde de la gauche est bien plus large que l'univers de la FI ou du PCF. Je ne trouve pas que les tentatives du PCF de trouver un accord avec le PS soit blâmable, bien au contraire, il y avait un besoin d'union de la gauche que la FI, qui a accueilli le vote utile, a eu la présomption et le tort de négliger et de repousser. Ce qui est attendu à gauche, c'est d'abord un programme commun de la gauche, de toute la gauche et de toute ses valeurs, dont la FI n'est ni propriétaire ni représentative. Le second tour des législatives a remis les choses en place et montré que la gauche était plurielle et insaisissable aux tentatives hégémoniques et anti-démocratiques.

OSTRIC 22/06/2017 07:38

Je n'irais pas par quatre chemins comme on dit moi, ce qui me choque c'est la façon dont vous(les adhérents du PCF) vous êtes divisés et cela très ouvertement sur Facebook on lit tous les jours des critiques sur tout le monde et surtout sur l'équipe dirigeante, c'est simple dés que quelqu'un au sommet fait un geste il y a toujours quelqu'un pour lui tomber dessus à bras raccourcis, alors je n'ai jamais dis qu'il fallait dire "amen" à tout bien au contraire, mais cette haine qu'affichent certains à l'égard de la direction du parti et disons-le de Pierre Laurent en particulier, m'attriste profondément. Que vous régliez vos "comptes entre vous dans vos différentes instances, c'est vous que ça regarde mais pour quelqu'un comme moi qui est observateur externe ça laisse un peu dubitatif et c'est le moins que l'on puisse dire. Si je partage"presque" tout ce que vous pouvez dire ou écrire les uns et/ou les autres, il y a des choses comme vos guerres intestines que je suis loin de comprendre et de partager un secrétaire général, lorsqu'il est élu en principe par la majorité, il n'a plus à être contesté s'il accompli ce pour quoi il a été mis en place, si on n'est pas d'accord avec cette "ligne" soit on se tait soit on quitte le parti . Mon souhait, c'est que vous arrêtiez toues vos querelles de personnes et que vous dépensiez toute cette énergie à chercher à renforcer le PCF pour dés les prochaines élections vous et nous soyons plus forts