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Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France

Christian Estrosi ou la réécriture de l'Histoire

Publié le 25 Juin 2018 par injey06 in nice, cgt, pcf

Christian Estrosi ou la réécriture de l'Histoire

Il y a quelques jours Christian Estrosi inaugurait la réhabilitation de la place Saint-François. L’occasion pour le maire de Nice de se livrer à un exercice qu’il affectionne : la réécriture de l’Histoire. Celui qui n’a eu de cesse d’affirmer son admiration pour Napoléon III et de se prétende le ministre des ouvriers lors de son court passage à l’Industrie, tente de réécrire l’histoire de la place Saint-François.

 

Et pour l’occasion le maire de Nice, comme à son habitude, ne fait pas dans la demi-mesure : « Les forces syndicales se sont appropriées(sic) le palais communal, le plus beau palais baroque de Nice ! Il a fallu cinq ans pour que cela revienne dans le patrimoine des Niçois ! » (Nice-matin 11 juin 2018). Réponse cinglante de la CGT par la voix de Gérard Ré, secrétaire de l’UD : « C’est en 2009 que la mairie a officiellement récupéré ce bâtiment, puisque nous avions, à l’époque, signé une convention dans laquelle nous abandonnions ces locaux. Dans celle-ci, M. le maire s’engageait également à restituer les locaux situés dans le bâtiment de l’Aigle d’Or. »

On sait ce qu’est devenu cet engagement sans suite du maire de Nice. Et « il est pour le moins présomptueux d’affirmer que le bras de fer avec la CGT est terminé puisqu’une procédure juridique est toujours en cours sur le sujet » ajoute Gérard Ré. Mais tous les arguments avancés à nouveau, comme en 2012, ne peuvent

effacer une histoire, celle de la CGT, force majeure du mouvement ouvrier des Alpes-Maritimes. La présence de la CGT, place Saint-François, ne doit rien au hasard, elle prolonge la présence du mouvement ouvrier sur cette place dès le XVIIIe siècle. Une réalité qui vaudra à cette place de porter le nom de « place des ouvriers » sous la Révolution et l’Empire. Une présence marquée par les grandes dates du mouvement ouvrier, comme 1936, la Libération face à l’occupant nazi, 1968… Une présence étroitement liée à l’histoire de notre ville. L’ancien siège du Sénat de Nice, cédé en 1893 aux chambres syndicales ouvrières par le maire Alziary de Malausséna, va se transformer en un lieu de formation, d’organisation et de solidarité des travailleurs. Lesquels se dotent en 1895 d’un syndicat national unique : la Confédération Générale du Travail.

Mais, en réalité, l’idée de Bourse du Travail n’est pas d’origine ouvrière. Ce sont, en effet, les bourgeois, certes républicains de 1789 qui, à Paris, voulaient que le travail disponible soit distribué « dans un lieu donné où l’on discuterait salaires et contrats d’embauche ». Pas étonnant donc qu’à Nice, ce soit la municipalité bourgeoise du comte de Malausséna qui octroie, en 1893, aux syndicats corporatistes existants, le magnifique bâtiment historique qui domine la Place Saint-François. Dans la délibération du 29 octobre 1892, présentée au conseil municipal par Gérard Gilly, il est même précisé qu’il sera affecté au fonctionnement de la dite Bourse une subvention de 6 000 francs par an !

La CGT rappelle en outre à M. le maire, frappé d’amnésie sélective, que « le 28 août 1944, Nice fut libérée, entre autres, par les « forces syndicales’ » et que c’est pour ‘ »services rendus’ » que la municipalité de l’époque octroya le bâtiment de l’Aigle d’Or à la CGT ». Ce n’est pas le cas de tout le monde à Nice.

Une fois encore, Christian Estrosi tente de réécrire l’histoire de notre ville pour mieux en effacer, dans le cas présent, la place du mouvement ouvrier. Cette vile tentative n’empêchera pas que, dans 2 ans, dans 8 ans ou plus tard, le mouvement ouvrier retrouvera la place Saint-François. Nombreux sont celles et ceux qui s’emploient et s’emploieront pour ce retour, n’en déplaise au maire de Nice !

 

Emmanuelle Gaziello, Robert Injey

 

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M
En plus, notre cher élu s'assoit sur les traditions qui entourent la place St François. Il oublie que c'est la place du marché aux poissons de notre ville, et une pétition le lui rappelle.(Dommage qu'on essaie de nous enfermer, nous les anciens niçois, dans un débat Eric/Christian: les dauphins de la place valent mieux que cette confrontation d'égos...
Et cela alors qu'en même temps li s'attaque à la laïcité en participant en tant que maire (représentant de l'état donc) à une cérémonie religieuse en arguant d'une " loi de 1842"... Et la loi de 1905 ?
Et arrêtez de nous casser les pieds (voyez, messieurs les élus, je reste poli!) avec la lutte contre les bruits ou les odeurs. Le vieux Nice sait de quoi il parle: faudra bien que certaines bienveillances cessent. Et en ce qui concerne ces odeurs, vous pouvez toujours demander son avis au Maire de La Trinité: chez lui ça pue!
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