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Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France

Les dessous de la volonté d'assimiler l'antisionisme à de l'antisémitisme.

Publié le 21 Février 2019 par injey06 in antisémitisme, antiracisme, antisionisme

Les dessous de la volonté d'assimiler l'antisionisme à de l'antisémitisme.

Disons le d'emblée pour éviter toutes  les interprétations malsaines : le combat contre l'antisémitisme, comme contre tous les racismes et les discriminations est une priorité.

C'est à partir de ce primat que l'on peut s'interroger sur cette volonté d'assimiler l’antisionisme à de l’antisémitisme. Cette volonté est un acte éminemment politique.

Certes il y a la volonté chez certains de dévoyer l'expression antisionisme pour faire l'amalgame avec juif sans   tomber sous le coup de la loi (Soral Dieudonné...). Mais ces racistes notoires utiliseront d'autres termes pour vomir leur haine. 

Aussi l'objectif recherché, par une partie de celles et de  ceux qui militent activement pour cette assimilation antisionisme/antisémitisme, ce n'est pas de lutter plus efficacement contre l'antisémitisme, mais de rendre « illégales » toutes les critiques contre la politique menée par le gouvernement israélien.

Pour s'en rendre compte il suffit de voir les arguments avancés.

Pour faire de l’antisionisme un antisémitisme Macron prend appui sur la définition de l'Antisémitisme par l'IHRA ( Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah : https://www.holocaustremembrance.com/node/196 ).

Adoptée par plusieurs pays, recommandée par une résolution du parlement Européen, Macron propose que nous inscrivions dans la loi française, cette définition (qui ne comporte pas l'expression antisionisme d'ailleurs…). Une définition qui, sur quelques points, est sujette à de nombreuses interprétations.

La principale porte sur la première phrase :

« Les  manifestations (nb : de l'antisémitisme) peuvent inclure le ciblage de l’État d’Israël, conçu comme une collectivité juive. Cependant, des critiques d'Israël similaires à celles formulées à l'encontre de tout autre pays ne sauraient être considérées comme antisémites. »

Et donc à l'inverse l'interprétation c'est que toutes les critiques qui ne concernent que le seul pays Israël ou son gouvernement relève de antisémitisme. Dans ces conditions la dénonciation de la politique coloniale que mène Israël peut-être considérée comme de l’antisémitisme…

Voilà la lecture qui en est faite (cf site Jforum.fr) « La résolution adoptée par le Parlement européen marque une évolution salutaire dans la prévention des différentes formes de la judéophobie: l’antisémitisme dirigée contre les personnes, comme l’antisionisme compris comme nouvelle forme de discrimination collective, sous prétexte de « critique du gouvernement israélien » » (nb formule qui n'existe pas dans la résolution adoptée ni dans la définition de l'IHRA...)

« Nous pensons que cette évolution permet d’en finir avec le clivage pervers d’une pseudo-critique politique qui consiste d’un côté à sanctuariser les ‘’Juifs”, par définition survivants du génocide hitlérien, et de l’autre côté, à diaboliser l’État d’Israël et ses sympathisants, sous prétexte d’une « critique de la politique de son gouvernement » »

Une lecture qui vise à rendre illégale la campagne de boycott à l'égard d'Israël:

« Si on utilise la définition de l’IHRA, il devient évident que les activités de BDS sont antisémites, du seul fait qu’elles ne s’appliquent qu’à Israël» (Manfred Gerstenfeld, texte de 2016 republié le 20 février 2019 sur le site Jforum.fr )

Dans les arguments développés il y a aussi la volonté « d'inverser » les rôles dans la situation au proche-orient :

« Nous pensons que cette évolution permet d’en finir avec la lecture unilatérale du conflit palestino-israélien, en ouvrant le spectre de la critique sur les responsabilités historiques du mouvement national palestinien, de ses dirigeants et de ses sympathisants. »

Manière de mettre sur un pied d'égalité l'occupé et l'occupant. Il faut oser...

Autre aspect de la définition de l'IHRA sujette à interprétation pour rendre illégales toutes les critiques : « Refuser au peuple juif son droit à l'autodétermination, par exemple en affirmant que l'existence d'un État d'Israël est une entreprise raciste. ». Affirmer que l’État d'Israël mène une politique raciste pourrait donc, pour certains, constituer une déclaration antisémite. Surtout si on prend en considération uniquement la situation Israélienne (cf la première phrase de la définition de l'IHRA).

Au final tout un argumentaire est développé pour faire de toutes les critiques à l'égard de la politique de colonisation mise en œuvre par le gouvernement israélien des actes antisémites...

Et pendant ce temps là dans les territoires occupés un peuple souffre...

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BOUVIER Paulette 22/02/2019 10:12

Il va falloir se mobiliser plus nombreux pour soutenir le peuple palestinien et faire valoir ses droits contre l'occupant.