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Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France

Municipales à Nice: Où en sommes nous ?

Publié le 30 Août 2019 par injey06 in Nice, Municipales2020, PCF

Municipales à Nice: Où en sommes nous ?

Les scénarios des élections municipales à Nice sont souvent loin d’être un long fleuve tranquille pour le maire en place. En 1995, Peyrat bousculait Barety, en 2001 la gauche rassemblée talonnait de très près Peyrat, en 2008 Estrosi bousculait Peyrat. Si en 2014 l’élection fut assez tranquille pour Estrosi, 2020 risque fort d’être très agitée. Rapide état des lieux.

 

On pouvait penser un temps que le mauvais score de LR aux Européennes allait refroidir les ardeurs d’Éric Ciotti d’en découdre avec son ancien mentor. Force est de constater qu’il n’en est rien. Bien au contraire, Éric Ciotti est en campagne, les escarmouches, en particulier sur les réseaux sociaux et dans les médias, n’en finissent pas. 

Et le président par intérim de LR, Jean Leonetti, en décidant le report de l’investiture par les instances nationales du candidat LR sur Nice pour les municipales, laisse un cadeau empoisonné au futur président de LR. Même Nicolas Sarkozy en visite à Nice pour signer son livre s’est bien gardé de prendre parti. 

D’ailleurs la commission nationale des investitures de LR va-t-elle faire un choix? La question peut paraître saugrenue mais le choix de l’un contre l’autre, en particulier d’Éric Ciotti contre le maire sortant Christian Estrosi, pourrait avoir des conséquences tellement dévastatrices pour LR qu’il n’est pas impossible que la commission nationale décide de ne pas décider, laissant le choix aux électeurs. 

L’affrontement Estrosi/Ciotti s’il devait se prolonger jusque dans les urnes, en mars 2020, risque fort de vampiriser totalement le prochain scrutin des municipales à Nice. Ce ne sera pas la première fois : déjà en 1995 l’affrontement Barety/Peyrat avait renvoyé la gauche à son plus faible score. Une forme de vote utile républicain avait joué dès le premier tour pour empêcher Peyrat d’accéder à la mairie. 

 

Une situation qui en rajoute aux difficultés de la gauche qui, aux dernières municipales, toutes listes confondues ne représentait qu’à peine 20 % des électeurs. Entre temps la poussée de Mélenchon à la présidentielle et celle d’EELV aux Européennes donne à voir à Nice, comme partout en France, la réalité d’un électorat de gauche très volatil, mais qui, d’une manière globale, reste à un étiage très bas. 

Pour en rajouter à la difficulté, les forces de gauche, localement, ont eu plutôt tendance à se diviser. Ainsi les 6 élus de la liste conduite par Patrick Allemand en 2014 se retrouvent, 5 ans plus tard, à siéger dans 3 groupes différents au conseil municipal. Avec, cerise sur le gâteau, l’élue PRG, Dominique Boy-Mottard qui a créé un groupe avec Marc Concas, élu sur la liste conduite par Olivier Bettati, celui-là même qui, un an après les municipales, conduisait dans les Alpes Maritimes la liste FN aux Régionales. Tout cela ne crée pas les meilleures conditions d’un large rassemblement.

 

Pour autant, les discussions s’engagent, les rencontres s’organisent et si, sur le programme, les points de convergence sont nombreux, les choses se gâtent dès qu’il est question de la liste et en particulier de la tête de liste. 

Sans doute dans les semaines à venir le paysage à gauche devrait se décanter. Les communistes de Nice ont une Assemblée générale le 3 septembre pour définir leur ambitions pour ce scrutin, du côté d’EELV il y a une réunion importante les prochains jours. Au PS le choix du chef de file devrait se faire dans les prochaines semaines, les militants de la France Insoumise vont se retrouver aussi ces prochains jours, enfin une réunion est prévue entre militants des différentes forces et des citoyens engagés pour débattre du contenu. 

 

Une chose est certaine, en raison du contexte local (affrontement Estrosi/Ciotti) et du faible niveau électoral de la gauche à Nice depuis 2012, une multiplication des listes pourrait avoir comme résultat que la gauche disparaisse totalement du conseil municipal (1). Un conseil municipal où ne siègeraient que des élus des listes Estrosi, Ciotti ou Vardon, un cauchemar que nous connaissons déjà au Conseil Régional. 

Faisons en sorte qu’il en soit autrement à Nice... 

 

Robert Injey

 

(1) Si une liste l’emporte au premier tour il faut faire au moins 5 % pour participer à la répartition des sièges. Dans le cas d’un second tour, pour pouvoir se maintenir il faut avoir réalisé 10 % des voix au premier tour, et 5 % pour pouvoir fusionner avec une liste qui a fait les 10 % 

 

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