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Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France

Contribution à l'enquête publique sur l'extension de l'aéroport de Nice

Publié le 21 Novembre 2019 par injey06

Contribution à l'enquête publique sur l'extension de  l'aéroport de Nice

Depuis plusieurs années des « contrats du siècle » passés par Airbus et Boeing (un peu moins pour ce dernier depuis les déboires du 737 max) sont révélateurs d’un secteur aérien en pleine expansion. Notre département n’y échappe pas. C’est une véritable fuite en avant qu'il faut stopper.

 

Le constat : un mode de déplacement réservé à une minorité

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 4 milliards de passagers en 2017 dans le monde avec une croissance annuelle qui tourne autour de 5 %. Les prévisions sont dans le prolongement de cette croissance avec la barre des 8 milliards de passagers dès 2037, des perspectives de croissance pour l’industrie aéronautique qui apparaissent presque sans limite.

Mais cette croissance est surtout le fait des pays les plus riches et des nouvelles puissances, comme la Chine. L’aéroport de Nice, d’une certaine manière, en est l’illustration, avec une progression de 10 millions de passagers en 2006 à plus de 14 millions en 2018. Et l’extension envisagée de l’aéroport est de porter le trafic à plus de 20 millions de passagers. L’usage de l’avion est avant tout un transport de riches. Selon l’institut de recherche américaine World watch en 2006 seuls 5 % des habitants de la planète avaient pris au moins une fois l’avion dans leur vie. En tenant compte de l’augmentation du trafic cette proportion a augmenté, mais concerne au mieux 8 à 10 % de la population. En France une enquête de la Direction générale de l’aviation civile pointe que les cadres supérieurs et indépendants représentent 50 % des passagers contre seulement 2 % pour les ouvriers.

 

Une fiscalité avantageuse

Avions plus gros, meilleurs taux de remplissage, mais surtout une fiscalité très favorable. Ainsi l’aérien vole au kérosène qui est un carburant qui échappe à la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE). Manque à gagner pour le budget de la nation : entre 3 et 4 milliards d’euros. Mais en plus le kérosène, en vertu d’une directive européenne, est exempté de TVA. Et comme l’aérien est l’enfant gâté de l’Europe libérale même sur les questions d’émission carbone, le secteur aérien est doté de 82 % de quotas à titre gratuit… et ainsi de suite comme par exemple la réduction de la taxe foncière sur les aéroports.

 

Explosion des émissions de C02

À l’heure où l’urgence climatique est clamée sur tous les toits et par quasiment tout le monde il ne devient pas moins stupide de jouer la carte du tout aérien. Là encore les chiffres sont éloquents. Les émissions de Co2 en lien avec le trafic aérien ont progressé de 57 % entre 2000 et 2016, plus vite que la progression des émissions totales (+39 %). Finalement l’impact du trafic aérien sur les gaz à effet de serre (GES) serait de l’ordre de 4 à 5 % aujourd’hui et pourrait atteindre les 16 % d’ici à 2050. Dans le cas de l’aéroport de Nice, dans une configuration géographique bien particulière (aéroport coincé entre montagne et mer) et dans une zone urbaine (le littoral) très dense l’impact environnemental est encore plus dramatique.

 

L'impact du réchauffement climatique sur les aéroports du département

C’est un sujet tabou, que presque personne n’ose aborder et pourtant la question se pose. Quel sera l’impact de l’augmentation du niveau de la Méditerranée, d’ici quelques décennies, pour les deux aéroports des Alpes-Maritimes (Cannes-Mandelieu et Nice) ? Les simulations sont éclairantes. Pour un scénario avec une hausse de 0,7 mètre l’aéroport de Nice sera en partie submergé, celui de Cannes Mandelieu le sera totalement. Il est assez surprenant que cette possibilité soit (pour l’instant) totalement ignorée des décideurs.

 

Créer une alternative à l’aérien

La fuite en avant du trafic aérien pose donc un certain nombre de questions, d’ordre général : comme le développement du surtourisme pour une frange somme toute assez réduite de la population par exemple. Il est des problématiques plus spécifiques à notre territoire. Le fait que les Alpes-Maritimes soient d’une certaine manière enclavée, par un réseau ferroviaire qui est depuis très longtemps inadapté aux besoins, a favorisé l’explosion du trafic aérien. Et ce n’est pas un hasard si depuis 1964 l’aéroport de Nice est le premier de province (premier sans discontinuité depuis 1986). Une alternative au développement sans fin du trafic aérien, bien plus polluant que le rail, passe, entre autre, par un renforcement de l’offre ferroviaire, en terme de maillage du territoire, d’amélioration des dessertes et de tarifications bien plus attractives...

 

Pour toutes ces raisons je suis contre une énième extension de l'aéroport de Nice.

Robert Injey

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CHEVALLIER 21/11/2019 10:25

Merci pour cette synthèse des motifs sérieux et réels pour une non autorisation par la Métropole du permis de construire à la Société anonyme ayant en charge depuis la privatisation par l'Etat et la ville de Nice.
En espérant que tous les conseillers métropolitains ayant à cœur les valeurs à défendre la population et le climat optent pour un vote contre.