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Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France

PACA: Eviter le piège de l'abstention à gauche

Publié le 17 Juin 2021 par injey06 in PACA, Régionales2021, PCF

PACA: Eviter le piège de l'abstention à gauche

Dimanche soir, sur les plateaux télé des chaînes d’information et dans les états-majors des forces politiques, tous les yeux seront tournés vers les résultats de la région PACA. Et pour cause, à quelques jours, quelques heures du premier tour des élections régionales, les indicateurs laissent tous entrevoir le scénario catastrophe : celui d’une victoire de l’extrême droite dans une des régions les plus importantes de France.

 

Et la région PACA, ce n’est pas la moindre des régions : c’est une des plus importantes sur le plan économique et démographique. C’est aussi une des plus emblématiques sur le plan international (1), c’est une vitrine sur la Méditerranée, c’est aussi une des principales portes d’entrée vers le reste de l’Europe via le couloir rhodanien, ou la transversale Espagne-Italie.

 

PACA basculant à l’extrême droite, cela serait un signe dramatique envoyé à un an d’une présidentielle qui s’annonce difficile.

 

A gauche, la terrible tentation de l’abstention

 

En 2015, la configuration était la même entre la gauche, la droite et le FN, et seul le retrait de la liste conduite par Christophe Castaner avait évité le risque d’une victoire du FN. A quelques jours du scrutin, les dynamiques sont engagées, ou pas. Celle pour l’extrême droite est évidente, surfant sur le climat général où la thématique sécuritaire s’impose de partout. En 2021, si la droite est donnée à un niveau légèrement supérieur à celui de 2015(2), la gauche, elle, a encore dévissé. En 2015 Christophe Castaner, pour le PS, (16,59 %) et Sophie Camard, pour le Front de gauche et EELV, (6,54 %) totalisaient plus de 23 %. En 2021 Jean Laurent Félizia n’a jamais été donné à plus de 17 % dans les enquêtes d’opinion depuis plus d’un mois.

 

Sauf surprise, il est peu probable que les tendances s’inversent et que des dynamiques s’engagent à quelques jours du vote. Surtout à gauche, trop étriqué, le rassemblement derrière Jean-Laurent Félizia n’a pas suscité un grand enthousiasme, à commencer par le pôle écologiste qui se trouve au final éclaté sur trois listes (3). Chez les électeurs de gauche la tentation est grande de se laisser aller à une abstention où se mêlent lassitude, exaspération et colère. Une situation qui, ces derniers jours, incite des personnalités de la gauche azuréenne à appeler à un sursaut et surtout à ne pas s’abstenir.

 

Voter pour ne pas donner la Région à l’extrême droite

 

L’objectif est clair, ne pas donner pour acquis que la région PACA plonge dans des heures sombres en se livrant à l’extrême droite.

 

Les raisons de ces appels aux votes peuvent paraître évidentes, mais il n’est peut-être pas inutile de le rappeler. Au soir du premier tour, le score des différentes listes sera donné sur la base des bulletins exprimés, et non pas des votants. Mécaniquement, s’abstenir ou voter blanc ou nul, cela n’impacte en rien le score de l’extrême droite. Par contre voter pour une autre liste entraînera automatiquement une baisse en pourcentage du score de l’extrême droite.

 

Modeste satisfaction mais ce qui fait la force de l’extrême droite c’est la forte mobilisation de son électorat dans ces périodes de crise, alors que les autres par ras-le-bol et lassitude se laissent gagner par l’abstention. Alors bien évidemment, si beaucoup vont voter, avec ou sans conviction, d’autres nous répondront : « Impossible de voter pour untel. » Les raisons invoquées ne manquent pas. Mais, quand bien même elles seraient légitimes, les meilleures des bonnes raisons justifieraient-elles « d’offrir » la région PACA à l’extrême droite ? Non.

 

Soyons pragmatiques, en faisant un petit effort, l’électeur de gauche mécontent trouvera bien un bulletin de vote qui lui permettra ainsi d’être comptabilisé dans les exprimés et contenir ainsi la poussée de l’extrême droite.

 

Quant au second tour… à chaque jour sa peine. Attendons dimanche soir pour voir ce qui sortira des urnes et décider en conséquence. Ensuite viendra aussi le moment de tirer tous les enseignements de cette période (4) et de se poser la question : comment faire autrement?

 

Car devoir éviter le pire à chaque élection n’est en rien une perspective mobilisatrice pour les années à venir, à commencer par les échéances présidentielles et législatives de 2022.

 

Rober Injey

 

(1) Pour ne prendre que la culture ce sont les festivals de Cannes, d’Avignon, pour ne citer que les plus célèbres. C’est la seconde région touristique de France…

(2) Dans les différentes enquêtes, la liste conduite par Renaud Muselier est donnée entre 32 et 35 %. Christian Estrosi en 2015 réalisait 26,47 %.

(3) Derrière Jean-Laurent Félizia se retrouve une petite majorité des adhérents d’EELV, alors qu’une bonne partie des écologistes de gauche se retrouve derrière le candidat régionaliste. Sans parler de Governatori, autre composante, avec Cap écologie, du pôle écologique qui est parti seul de son côté.

(4) Par exemple, la prétention d’EELV, sur la base des résultats des élections européennes, d’être tête de liste partout en France, semble au final bien peu mobilisatrice pour la gauche. De la même manière la volonté de constituer un « pôle écologique » rassemblant des forces assez hétéroclites allant de la gauche à la droite a montré ses limites.

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