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Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France

Les parrainages: une pratique archaïque

Publié le 20 Janvier 2022 par injey06 in 2022

Les parrainages: une pratique archaïque

Dans quelques jours, la campagne électorale pour la Présidentielle va connaître un petit mois de suspens. Un moment teinté  d’un archaïsme institutionnel, celui du parrainage par les maires et les grands élus des candidats à l’élection présidentielle . Plus de 40 000 élu.e..s peuvent parrainer un candidat pour la présidentielle en adressant un formulaire au Conseil Constitutionnel. Celui-ci, deux fois par semaine, va publier, début février jusqu’à la date fatidique du 4 mars, la liste des parrainages reçus pour chaque candidat.e. Jusqu’à présent les candidat.e.s parlaient de promesses de parrainages, mais seuls vont compter les parrainages effectifs. Pour les candidat.e.s s’appuyant sur un vaste réseau d’élus, l’opération ne pose pas trop de problème, il n'en va pas de même pour tous. Nathalie Arthaud et surtout Philippe Poutou pour l’extrême gauche ne sont pas certains de les obtenir. A droite et à l'extrême droite Nicolas Dupont-Aignan ou bien encore François Asselineau sont dans le même cas. Mais surtout Eric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon risquent fort de connaître des moments d'inquiétude. Pour l’instant ils annoncent ne pas les avoir. Bluf ou pas, réponse dans quelques jours.

Par contre ce qui est sûr et qui risque d’être confirmé dans les prochaines semaines c’est qu’un phénomène prend de l’ampleur: les maires sont de moins en moins chauds pour parrainer, surtout avec la publication des noms. Il y a deux types d’élus: ceux qui, d’une manière générale, sont désignés par les forces politiques (parlementaires, conseillers régionaux, conseillers départementaux, conseillers de Paris…). Ces élus parrainent massivement. Par contre les maires et surtout ceux des petites communes sont de plus en plus réticents. Deux raisons à cela: si vous parrainez Y et que cela se sait, les supporters de X et Z vont vous prendre la tête sur le marché du village. En plus, avec le phénomène des intercommunalités, si vous parrainez un candidat qui n’est pas celui qui a les faveurs du chef de l'exécutif de votre intercommunalité, pas bien sûr que cela ne soit pas sans conséquence pour les subventions de la commune… 

Ces élus, déjà engloutis par les problèmes de leurs communes, souhaitent s’éviter un problème supplémentaire. Résultat : le nombre de parrainages, surtout ceux provenant des maires, fond comme neige au soleil, particulièrement depuis qu’ils sont rendus publics.

Sur plus de 40 000 parrainages possibles, ils sont 17815 à avoir parrainé en 2002, 16900 en 2007, 14790 en 2012 et 14296 en 2017 sur 42109 parrainages possibles. Soit un «taux de parrainage» de 34 % seulement… 

Il faut en finir avec cette pratique d’un autre temps. Si le peuple est souverain, c’est à lui de parrainer. Restera à fixer le seuil : 50 000, 100 000 ou bien encore 150 000 comme le préconisait Lionel Jospin dans un rapport remis à François Hollande en 2012.

Deux avantages à cette méthode, remettre - un petit peu- les citoyens au centre du processus de l’élection et cela obligera les uns et les autres à se tourner vers les électeurs physiquement et non plus uniquement via les réseaux sociaux…

Robert Injey

 

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