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Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France

Et si 2022 était la dernière occasion pour la gauche (1) d’être au second tour?  Explications

Publié le 7 Avril 2022 par injey06 in 2022, Présidentielle, 10avril

Et si 2022 était la dernière occasion pour la gauche (1) d’être au second tour?  Explications

Il ne sera question ici, ni des programmes, ni des sondages (ou presque) , ni des qualités et des défauts des candidats, ni de vote utile. Non simplement d’un fait très concret: l’évolution démographique de l’électorat et les implications sur le comportement électoral.  

Il est un phénomène démographique quasi mécanique,  dont on ne mesure pas toujours les conséquences, c'est  celui du vieillissement de la population française et de son impact électoral. 

Les données sont simples, elles sont vérifiables, élection après élection: les 60 ans et plus  votent  toujours bien plus à droite (2) que le reste de l’électorat. Et la proportion sans cesse plus importante de cette tranche d'âge, en particulier des plus de 70 ans,  dans la population, accroît le rapport de force électoral en faveur de la droite. Chaque séquence présidentielle qui passe aggrave ce rapport de force, éloignant mécaniquement un peu plus la possibilité d’une véritable alternative. 

Un exemple: En  1981, Giscard, battu,   réalisait un score national de 48,24% mais chez les plus de 64 ans il réalisait 60% 

30 ans plus tard, au second tour Sarkozy, battu,  réalisait quasiment le même résultat national (48,37%) avec toujours près de 60% chez les plus de 65 ans. 

La grande différence entre 1981 et 2012  c'est que le rapport des 60 ans par rapport au nombre d’électeurs n’est plus le même. En 1981 ils et elles représentaient 25,7%; en 2012 c’est  33,21%, puis 35,62% en 2017 et enfin (prévision) 37,82% en 2022. Et en 2027 nous serons sans doute à près de 40% . Sachant que ce sont les électeurs qui votent le plus (3), les plus de 60 ans prennent un poids de plus en plus important dans  le résultat du vote. Illustration de cette réalité: avec la structure par âge de 2012, Mitterrand n’aurait jamais gagné en 1981…

Et le scrutin de 2022 s’annonce sans doute pire. Si on prend, par exemple, l’enquête du CEVIPOF (21-24 mars 2022) chez les 70 ans et plus: Macron + Pécresse = 55% des intentions de vote. A l'inverse, le total gauche pour cette tranche d’âge est de 18%... (Chiffres différents sur l’image ci-jointe, enquête de Cluster 17, mais la tendance est la même)

Les raisons de cette différence de comportement électoral en fonction de l’âge trouvent de multiples raisons. Par exemple la peur du changement, le sentiment d’insécurité liés à l'affaiblissement physique. On ne perçoit pas de la même manière le « danger» d’enfants qui courent à côté de vous à 40 ans et à 80 ans. 

A partir de là, nous pouvons assez logiquement en déduire que plus le temps passe, plus la proportion des plus de  60 ans est importante et plus les chances pour la gauche de l’emporter, ou même qu’elle soit présente dans un second tour se réduisent…inexorablement.  Sauf à espérer une formidable mobilisation électorale des moins de 35 ans. Ce n’est à ce jour, que rarement le cas….

C’est une réalité implacable qui explique aussi pourquoi en Europe, continent très vieillissant, la gauche est en si mauvaise posture. 

L’échéance de 2022 est, peut-être,  la dernière occasion offerte à la gauche (1) d’être au second tour de l’élection présidentielle et de tenter de jouer la gagne pour changer la donne. 

Robert Injey

(1): Gauche au sens de celle portant une ambition de transformation sociale et non pas un ersatz de gauche sociale libérale que l’on retrouve dans les bagages du candidat Macron.

(2): Pour illustrer cette réalité, l'évolution d’un Cohn Bendit est assez révélatrice…

(3): Pour être précis,  la participation baisse vers 75 ans mais reste toujours supérieure à celle des jeunes.

 

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