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Le blog de  Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France.

Congrès du PCF: Les raisons d'un choix pour le vote des 14 et 15/12

Publié le 5 Décembre 2012 par bob Injey in Initiatives PCF

 Les communistes sont appelés à voter les 14 et 15 décembre pour choisir le texte sur lequel ils souhaitent travailler lors du congrès.

Acte important car, sans préjuger du travail d'enrichissement dont fera l'objet le texte adopté, ce vote marque aussi le choix d'une orientation stratégique pour les années à venir. Pour ma part, c’est la raison déterminante qui motive mon choix pour un texte.

La longueur de l'ensemble de ces textes, poussent plusieurs camarades à me demander mon avis sur la différence entre ces textes et sur qui les signe.

Je ne vais pas me livrer ici à un comparatif exhaustif, long et fastidieux, mais plutôt essayer de m'attacher à dégager ce qui, à mon sens, fait débat et porte sur des enjeux stratégiques pour le Parti communiste français et donner mon avis.

 

Aujourd'hui, quatre textes sont soumis au choix des communistes, le projet de base commune adopté par le Conseil national, et trois textes alternatifs que, pour la clarté du propos, je désignerais comme textes alternatifs 1, 2 et 3 en suivant l’ordre de présentation dans le document de 72 pages envoyé à tous les communistes (1).


A/ Sur l'analyse de la crise et la fragmentation de la société française. Tous les textes s'inscrivent très naturellement dans une critique du système capitaliste. Le projet de base commune insiste aussi fortement sur la division à l’œuvre dans la société française pour renforcer la domination des marchés financiers et il développe plus que les textes alternatifs le contenu d'une politique alternative aux logiques capitalistes (Chapitre 1-5, Un projet de société fondé sur l'Humain). En même temps -et c'est vrai pour l'ensemble des textes- l'analyse de la crise dans toutes ses dimensions (économique, sociale, démocratique, environnementale....) dépasse largement le cadre d'un texte de congrès. On se rapportera, par exemple, pour pousser le sujet aux différentes productions des groupes de travail du Conseil national (2) , à la revue du projet ou bien encore aux différents argumentaires (3).

 

B/ Sur la Gauche. Tous les textes pointent l'impasse qui se dresse devant nous avec un gouvernement « qui roule à contresens », « s'appliquant à gérer les suites du quinquennat précédent ».

Si tous les textes parlent de la nécessité de « rassembler tous ceux qui ont intérêt au changement », la grande différence d'appréciation apparaît sur le comment faire et avec qui. C'est la question du rassemblement et du Front de gauche.

 

Sur le Front de gauche. C'est là que les différences entre les textes sont les plus notables. C'est normal, il ne s'agit plus ici simplement de donner une appréciation critique sur le capitalisme, la crise ou le gouvernement, il s'agit là de donner à voir des chemins à parcourir pour dépasser cette situation, des choix stratégiques à engager pour tenter d’y parvenir.

Ici deux options fondamentales existent.

 

Celle du choix du Front de gauche et de son développement. C'est le choix développé dans le projet de base commune sous le sous-titre « Engager une nouvelle étape du Front de gauche ». Un choix qui prolonge ceux effectués aux 34e et 35e congrès en prenant en compte les avancées sans occulter les limites actuelles. C’est sans doute une des questions que nous devons le plus pousser dans nos débats et nos choix de congrès. C’est le sens d’une de mes contributions : (http://congres.pcf.fr/31756)

 

A l’inverse, les textes alternatifs 1 et 3, sont très critiques sur le Front de gauche

Avançant l'argument que c'est un choix stratégique erroné : « En terme d'alliance, ce rassemblement à la gauche de la gauche ne nous semble pas en mesure de mobiliser largement les catégories populaires qui ont intérêt au changement »(texte alternatif 1), « Le Front de gauche n'est pas une alliance avantageuse pour les communistes ou les travailleurs.... »(texte alternatif 3).

Ou bien présenté purement et simplement comme une menace pour le PCF : « risque d’effacement rapide , le PCF est-il capable d'avoir une activité autonome du FdG dans les mois qui viennent ? »(texte alternatif 1), « processus d'effacement transformation liquidation du PCF et de ses positions révolutionnaires » « le FdG a ouvert les portes à certains de ses ennemis historiques (du PCF) qui ont été et sont fondamentalement anti-communistes » (texte alternatif 3).

Les camarades signataires de ces textes, sont opposés depuis le début au Front de gauche, ils persévèrent dans ce choix. Un choix que je ne partage pas, mais que je respecte.

 

Le texte Alternatif 2 est plus subtil et pose un autre type d'interrogations.

Une remarque préalable sur ce texte et ses auteurs. Ils sont les animateurs du journal « la Riposte », une organisation qui tient ses propres congrès et est affilié à un réseau international dont le point de départ est Socialist Appeal en Grande Bretagne. Une rapide consultation du site en anglais de Wikipedia donne cette information intéressante :

 Socialist Appeal (UK, 1992) - the current British Trotskyist organization and newspaper founded in 1992 and affiliated with the International Marxist Tendency.

Dans ses documents les objectifs de la Ripostes sont définis ainsi : « dans le mouvement syndical, les Jeunesses communistes et le PCF, La Riposte défend les idées du marxisme ». Il sera sans doute utile, le moment venu, de s'interroger sur les buts réels de cette « organisation » qui semble pratiquer un entrisme (4) d’un autre temps. Mais ce n'est pas l'objet de cette contribution.

 

Sur le contenu de ce texte Alternatifs 2, plus subtil puisqu'il part du constat que «le succès de la campagne du Front de gauche à l’élection présidentielle indique le potentiel qui existe pour l’émergence d’une force d’opposition de masse dans la période à venir. L’engagement des militants du PCF et du PG a été exemplaire ». Pour autant, il ne dit rien de ce que doit être le développement et l'élargissement du Front de gauche. Cela n'a au demeurant rien d'étonnant puisque les auteurs de ce texte ont été opposés dès le départ à la démarche du Front de gauche.

Ainsi, dans un texte d’orientation lors du congrès de la Riposte en avril 2010 on peut lire :

« Le Front de gauche offre une nouvelle occasion – après celle des « collectifs anti-libéraux » – d’avancer vers la transformation du PCF en « autre chose », c’est-à-dire vers sa liquidation. (…) Mélenchon veut être le candidat du Front de gauche – soutenu par le PCF – aux élections présidentielles de 2012, ce qui lui permettrait de prétendre à un poste ministériel au sein d’un éventuel gouvernement socialiste. Il en appelle ouvertement à la fusion du Parti de gauche et du PCF, en vue de constituer une « nouvelle force » qui aurait rompu avec la référence au communisme, et dont il prendrait évidemment la tête. Cette perspective est accueillie favorablement par une section significative – et peut-être une majorité – de la direction actuelle du PCF. Elle aura évidemment le soutien des médias capitalistes, qui appuient toute démarche visant à liquider le PCF. »

L'histoire de ces dernières années a apporté un sérieux démenti à ces prédictions : le PCF n'a pas été liquidé avec le Front de gauche, au contraire il sort renforcé en nombre d'adhérents, la direction du Parti n'a jamais souhaité constituer une nouvelle force rompant avec la référence communiste et Mélenchon n'est pas ministre….

 

Sur le Parti communiste français. Ce dernier point porte un faux débat récurrent que l'on pourrait résumer ainsi « la direction veut la disparition-dissolution-fusion du PCF » avec, en face, celles et ceux qui se présentent comme les gardiens de l'existence et du renforcement du PCF. Les congrès sont toujours un moment privilégié pour voir surgir des postures où, à défaut de convaincre sur le fond d'une orientation stratégique, on tente de mettre la suspicion, à grand renfort d'adjectifs et de noms d'oiseaux.

Mais au-delà de la posture une seule question est posée : « comment, dans les conditions du XXIe siècle, faisons nous vivre et se développer une organisation communiste qui œuvre à la transformation de notre société ? ».

A travers l’Europe, tous les mouvements progressistes sont confrontés à cette exigence. Sans occulter les difficultés, le projet de base commune adopté par le Conseil national porte une ambition pour le Parti qui prend appui sur notre capacité collective pour libérer l'initiative et l'intervention militante, afin de rendre notre combat plus efficace.

Toutes ces raisons motivent mon choix en faveur du projet de base commune « Il est grand temps de rallumer les étoiles… ». Un texte qui marque l’engagement des communistes pour développer et renforcer la dynamique du Front de Gauche.

Pour y parvenir, pour porter l'espoir d'une véritable alternative, d'une ambition d'une rupture avec les logiques capitalistes, pour engager la transition écologique, tout cela exige -aussi- plus de communisme et plus de communistes ! 

Nice le 4 décembre 2012

Bob Injey

 

 

1.      : Pour rappelle les titres des différents textes :

Projet de base commune adopté par le conseil national du PCF : « Il est grand temps de rallumer les étoiles . Humanifeste du Parti communiste français à l'aube du siècle qui vient ».

Texte alternatif n°1 : « Unir les communistes pour un PCF de combat, marxiste, populaire et rassembleur ».

Texte alternatif n°2 : « Combattre l'austérité, en finir avec le capitalisme ».

Texte alternatif n°3 : « Un parti résolument communiste dans l'affrontement de classe. Ni abandon, ni effacement ».

2.      :Par exemple l’excellente publication de la commission énergie (http://energie.pcf.fr/27625).

3.      : Pour télécharger les argumentaires : http://www.pcf.fr/7450

4.       : Sur l’entrisme : http://fr.wikipedia.org/wiki/Entrisme

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bob Injey 10/12/2012 21:01


Sans doute tu as du lire le texte un peu trop rapidement. Je t'invite à relire Ch 1, paragraphe 5 "Un projet de société fondé sur l'Humain"

Enver 09/12/2012 21:39


Il me semble que la différence la plus importante entre le texte 1 (celui du CN) et les autres concerne le socialisme. Le texte 1 est très vague sur notre but, il s'agirait de
"dépasser le capitalisme" ou de provoquer des "changements".   Ces notions sont si vagues qu'elles ne conduisent à aucune perspective ou action claire. A l'opposé la volonté de construire le
socialisme, défini comme la propriété collective des grands moyens de production et d' échange et le pouvoir de la classe ouvrière et de ses alliés, conduit à des actions claires et facilement
comprises: la nationalisation de la sidérurgie en est un exemple concret.


"Mal nommer les choses c'est ajouter aux malheurs de ce monde" disait l'écrivain Albert Camus, de mon point de vue le texte "des étoiles" lui donne raison.


Fraternellement,


Enver