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Le blog de  Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France.

L'honneur retrouvé du Sénat

Publié le 9 Décembre 2011 par Bob Injey in Politique France

Le Sénat vient  d'adopter le texte  sur le droit de vote des résidents étrangers. C'est un fait important à plus d’un titre.

D'une part, enfin, le France se met au diapason de ce qu'une majorité de pays Européens font depuis des années, voir des décennies.

D'autre part, le Sénat d'une certaine manière sur la question du  "droit de vote" retrouve son honneur.

Voilà 11 ans que le Sénat avait enterré ce texte. 11 ans.... mais ce n’était pas la première fois que la haute assemblée pratiquait ce blocage, il y a un précédent.

Le Sénat, pour la petite histoire, c’est l’endroit qui durant tout l’entre deux guerres aura refusé d’accorder le droit de vote aux femmes. Ainsi les députés,  le 20 juillet 1936 votaient par 495 pour et 0 contre  ce droit. Le Sénat le refusa. Entre la première proposition de loi (1901) et le vote de la loi accorda ce droit (1944) plus de 40 ans se sont écoulés. 

 

Par ailleurs les arguments avancés hier contre le droit de vote des femmes sont comme ceux de Fillon aujourd’hui contre le vote des résidents étrangers : ils jouent sur la peur.

Extraits :

L’inénarrable sénateur (radical) des Deux Sèvres Réné Héry dans les années 30 : « A l’heure actuelle, les intérêts les plus élevés, les plus graves, les plus poignants de notre pays sont débattus à Lausanne, à Genève, et vous y feriez apparaître les femmes avec leur faiblesse infiniment respectable, leur manque d’équilibre physiologique, et vous ne seriez pas inquiets ? ».

Ou bien encore "Entre la nature féminine et la fonction politique, il y a incompatibilité"
ou encore " mais qu'une femme parce qu'elle est électeur, éligible ait le droit de quitter le domicile conjugal, d'y recevoir qui elle veut, quand elle veut et bien d'autres libertés encore, c'est la subversion totale du mariage ».

Son collègue Raymond Duplantier (Radical lui aussi…) déclare le 28 juin 1932 « Les hommes ont été appelés à diriger la cité, la femme à rester au foyer, à s'occuper de la maison, à être, quand il le faut, dans son domaine propre, la consolatrice, le guide et le soutien de l'homme. Ne changez pas ces attributions traditionnelles qui résultent de la nature même des êtres et des choses. N'allez pas faire à la femme ce dangereux présent de lui accorder un suffrage qu'elle ne réclame d'ailleurs pas. N'allez pas jeter la discorde dans les ménages et dans les familles, n'allez pas compromettre l'éducation de l'enfant et les soins auxquels il a droit. N'allez pas troubler le pays, à l'heure surtout où il a besoin de l'union de tous ses enfants. »

Faire peur, c’est la même méthode qu’use Fillon 80 ans plus tard… extraits : « (La gauche) prend le risque de vider la nationalité et la citoyenneté française de leur substance», «nous perdrions beaucoup si nous voyions fleurir des listes de candidats se réclamant de leur nationalité étrangère pour briguer des voix (…). Il n'est sans doute pas de pire ferment du communautarisme que l'onction du suffrage universel donné à des candidatures qui seraient tentées de miser sur leur caractère ethnique».

Hier le « danger » c’était l’incapacité des femmes, aujourd’hui le communautarisme. Aujourd’hui. La réalité c’est que hier comme aujourd’hui ce qui menace notre démocratie c’est le sectarisme, l’étroitesse au-nom de la quelle on décrète qu’une partie de la population n’est pas apte à participer à l’élaboration des choix de la cité.

C’est l’honneur de cette majorité sénatoriale d’avoir voté ce texte. A la fin des années 30 il n’y avait plus que la France, la Suisse, la Belgique et la Yougoslavie à refuser le droit de vote des femmes. Serons-nous encore dans le peloton de queue  concernant le vote des résidents étrangers aux élections locales ???

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