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Robert Injey

Blog personnel sur l'actualité politique à Nice et en France

Journal des présidentielles n°3, mai 2026.

Publié le 22 Mai 2026 par injey06

Journal des présidentielles n°3, mai 2026.

«Mélenchon déroule»

A gauche, l'annonce de la candidature de Jean Luc Mélenchon a  bousculé le ballet, qui occupait le devant de la scène depuis des mois, de la multiplication des annonces de candidatures et des candidatures à la candidature. 

Côté PS, la rupture Faure-Vallaud a un peu plus isolé (définitivement?) le secrétaire national du PS et plombe la «primaire populaire» de la gauche. L’enjeu au sein du PS maintenant est de savoir qui va incarner  le pôle social-libéral: Vallaud ? Glucksmann ?Hollande ?? Quel processus de validation vont-ils mettre en place? 

Du côté des Écologistes, le conseil national, début juin,  risque d’être mouvementé. La ligne Tondelier est sérieusement remise en cause, fragilisant, là aussi, un peu plus l’affaire de la primaire.

Enfin l’annonce de François Ruffin (« Je me prépare à être candidat, même s’il n’y a pas de primaire. Nous sommes en train de commencer la quête des 500 parrainages. ») en rajoute une couche.

Finalement, la primaire populaire de la gauche se restreint de plus en plus autour d’un casting assez anecdotique. 

Du côté du PCF, le congrès va se tenir début juillet. Mais le vote les 6 et 7 juin sur le choix du texte (la base commune) à partir duquel vont s’engager les travaux du congrès va  donner la principale indication sur le résultat final. La majorité rassemblée, lors du congrès de 2023, autour de Fabien Roussel est fracturée, avec la publication de deux textes alternatifs. Textes qui traduisent  un mécontentement au sein même des anciens soutiens de Fabien Roussel,  sur le bilan de la direction sortante et sur ses sorties médiatiques. Mais, avec quelques nuances, ces 2 textes et celui de la direction sortante sont favorables à une candidature communiste à la présidentielle.  

Le 3ème texte alternatif (« Communistes à l’offensive»), prolonge celui qui était déjà présent au dernier congrès (Urgence de communisme), qui n’avait rassemblé que 18,08% des suffrages contre 81,92% pour celui de l’équipe de Fabien Roussel. 

Entre les 4 textes soumis au vote des communistes, au-delà de différences significatives sur le contenu, la divergence la plus forte est sur la question stratégique dans la perspective de 2027. Le résultat du vote donnera une indication sur la réalité du rapport de force au sein des adhérents du PCF. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Dans ce contexte général de la gauche, marqué tout à la fois par la cacophonie et l’émiettement, la France Insoumise apparaît en position de force autour de la candidature de Jean Luc Mélenchon. Benoît Hamon résume très bien la situation: «Mélenchon: il parle de la France, de l’Europe,  du monde, il met ses propositions sur la table. Il désigne la droite et l'extrême droite comme adversaires. Il déroule.  Le reste de la gauche? Quand bien même certains de ses membres ont indiscutablement des idées , de ce reste de la gauche on retient qu'elle parle d'elle-même, beaucoup, qu'elle parle de Mélenchon aussi, beaucoup, et c'est à peu près tout. Ça vous donne une explication du rapport de force qu'on observe.»

Assez révélateur, la multiplication des prises de position que traduit assez bien un post sur facebook de l’ancien député communiste Roland Muzeau: «J’ai au cœur le rassemblement des forces de gauche mais il faut bien être lucide c’est mal parti. Dans ces conditions ,en l’instant, à un an des échéances je partage le sens de la candidature de JLM».

Le week-end des 6 et 7 juin, marqué par le vote des communistes, le conseil national des Écologistes et le premier meeting de campagne de Jean Luc Mélenchon, sera indicatif sur les dynamiques à l'œuvre.  

A la droite extrême, Bruno Retailleau a assuré sa mainmise sur ce qu’il reste des Républicains. Sur une ligne ultra-droitière son option et sa candidature s’impose assez logiquement lors d’une consultation interne, en recueillant 73,8% des 44 000 votants. Mais pour Retailleau le plus compliqué est à venir, car coincé entre la droite version macroniste Philippe/Attal et les ultra-libéraux version Lisnard, l’espace que prétend occuper Retailleau semble être de la dimension d’un timbre poste. D’autant qu’un de Villepin peut prétendre préempter ce qui peut subsister d’électorat de tradition gaulliste, bien que l’affaire des statuette risque fort de le plomber.

Une situation de la droite qui arrange l’extrême droite. Celle-ci ne semble pas subir, politiquement, l’impact de ses démêlées judiciaires. La décision de justice concernant Marine Le Pen sera annoncée le 7 juillet. A suivre.

A moins d’un an du second tour de l’élection présidentielle tous les rebondissements sont possibles. Souvent le favori un an avant le scrutin n’est pas celui qui franchit le premier la ligne d’arrivée.

 

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