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Robert Injey

Blog personnel sur l'actualité politique à Nice et en France

Les communistes à l'heure du choix...

Publié le 2 Juin 2026 par injey06

Les communistes à l'heure du choix...

Les communistes votent les 6 et 7 juin sur le choix du texte (la base commune) à partir duquel vont s’engager les travaux du congrès. C’est le moment le plus important dans le processus du congrès, car il détermine le sens de l’orientation que souhaitent se donner les communistes. 

Pour ce congrès, le choix doit départager 4 textes.

Le texte de la direction sortante, «Un communisme de conquête» qui a été adopté par le Conseil National, avec 74 voix «pour» sur les 180 membres du Conseil National (1).

Après l’adoption de ce texte, trois textes alternatifs ont pu être déposés. 

Le premier, (« Communistes à l’offensive»), prolonge celui qui était déjà présent au congrès de 2023 («Urgence de communisme»).

Les deux autres textes alternatifs («Stratégie Communiste» et «Résister et construire une nouvelle page du communisme») sont le reflet que la majorité, lors du précédent congrès,  autour de Fabien Roussel, est fracturée. Les causes en sont multiples: les résultats après 8 ans de direction de Fabien Roussel et de son équipe sont très loin des attentes, la victoire des municipales à Nîmes ne suffit pas à masquer le énième recul avec la perte de 30% de municipalités communistes de plus de 3 500 habitants, les nombreuses sorties à l'emporte pièce de Fabien Roussel commencent à fatiguer… 

De fait, la direction sortante fait preuve d’une grande fébrilité. Son texte d’une grande faiblesse ne convainc pas (2). Pour tenter de compenser cela,  c'est le retour de la vieille méthode qui consiste à faire peur pour favoriser une réaction de regroupement autour du chef. Ainsi celui-ci invoque les ennemis de l’extérieur, quand de nombreux de ses soutiens stigmatisent des «ennemis de l’intérieur» et autres «liquidateurs». Vieille méthode usée jusqu’à la corde mais qui fonctionne encore.

Pour aller à l’essentiel, sans s’attarder à une analyse critique et exhaustive des  textes et des thématiques qui les différencient, je pointe juste la divergence essentielle à cet instant: c’est la question stratégique dans la perspective de 2027 face au risque de prise du pouvoir par l’extrême droite… 

Cette question est évacuée par le texte du Conseil national qui préfère en rester à l’incantation permanente: «Le PCF est légitime et crédible (..) Le PCF veut incarner cet espoir (...) les communistes considèrent avoir toute légitimité pour porter une candidature de rassemblement issue de leur rang, pour l’élection présidentielle (...)». Il est regrettable qu’à aucun moment la direction sortante ne se pose pas, entre autre, deux questions assez simples:

  • Pourquoi lors des 3 derniers scrutins nationaux (Européennes 2019, présidentielle 2022 et européennes 2024 ) le PCF reste scotché sur un socle entre 600 000 et 800 000 voix soit entre 1,2% et 1,65% des inscrits ?
  • En 2027 le risque existe que l’extrême droite arrive au pouvoir. On cherchera en vain dans le texte de la direction sortante une analyse sur la question et comment y faire face en 2027. 

Sur les textes alternatifs, seul le texte «Communistes à l’offensive» aborde véritablement la question du danger de l’extrême droite et pointe, sans le renvoyer aux calendes grecques, la nécessité d’un rassemblement de la gauche, liant  la présidentielle et les législatives, sur un programme de rupture. 

Je n’ai pas signé ce texte car dans la situation actuelle, face à l’extrême droite, sur la question de 2027 il reste encore trop tiède en évitant d'aborder franchement la question qui fâche: avec qui décidons-nous de  nous rassembler? 

Il va pourtant bien falloir se poser, très rapidement, cette question pour éviter les circonvolutions à l'infini et renvoyer au début  2027 la décision. 

Il n’y a pas 36 hypothèses, il n’y en a que trois: 

-Soit la candidature communiste, qui reste une candidature de témoignage, et qui avec ses  800 000 voix sera un obstacle supplémentaire pour que la gauche soit au second tour.

-Soit la gauche dite de rupture avec LFI et une partie des Écologistes, avec Mélenchon  

-Soit le PS et Place Publique, la gauche du renoncement avec Hollande-Delga-Glucksmann.

 

En votant les 6 et 7 juin les communistes ne vont pas régler ce débat, mais avec le vote pour le texte alternatif «Communistes à l’offensive» cela aura au moins le mérite d’ouvrir la porte à ce débat en abordant les questions qui vont avec (Conditions d’un partenariat, programme avec la prise en compte des propositions communistes, mesures immédiates,  accord présidentielle, législatives mais aussi architecture potentiel d’un gouvernement….).

C’est une des raisons pour laquelle je vote pour ce texte. 

Robert Injey

 

(1): 74 pour, 22 contre et 9 abstentions. La direction sortante dans son expression préfère parler en % (Approuvé par 77% des votants) plutôt que de donner le nombre de voix qui illustre une grosse désaffection du CN.

(2): De ce point de vue à défaut de regarder vers l’avenir la direction sortante en est réduite à ressortir les vieilles formules. Il en est ainsi de l’expression  «Le socialisme aux couleurs de la France» utilisée en 1982 au XXIVe congrès et sous une forme un peu différente en 1976 au XXIIe congrès. A l'époque, la volonté était de marquer une différence avec le socialisme réel dans les pays de l’Est, aujourd’hui elle sert surtout à jouer sur la nostalgie du «Parti d’avant» chez des camarades (très nombreux dans le parti) qui ont adhéré dans les années 70/80.

 

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