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Robert Injey

Blog personnel sur l'actualité politique à Nice et en France

PCF: un vote pour une impasse politique

Publié le 28 Août 2026 par injey06

PCF: un vote pour une impasse politique

Les adhérent·es du PCF vont voter, du 3 au 6 septembre, pour acter la candidature  de Fabien Roussel à la présidentielle. 

Ce vote interne intervient dans un contexte marqué par la déferlante d’extrême  droite sur le vieux continent et sur le continent américain. La France sera-t-elle la  prochaine victime de cette poussée brune? 

Les raisons de cette vague à travers la planète sont multiples. Les crises et le  vieillissement des populations favorisent la peur. Les repliements identitaires face  à un monde qui bouge, la régression sociale et le renoncement d’une partie de la  gauche à transformer la société font le reste. 

La présidentielle de 2027 en France peut être un accélérateur de cette fuite en  avant ou tout au contraire marquer un coup d’arrêt. 

Nous sommes donc à l’heure des choix. 

Mais, comme pour le dérèglement climatique, certains pensent  que l’urgence est ailleurs et que les petits intérêts partisans sont plus importants  que le combat majeur contre l’extrême droite et les logiques libérales. C’est malheureusement le syndrome qui frappe le PCF et une partie de ses  adhérent·es, qui pour une partie significative y ont adhéré dans les années 70 et  80. 

Fabien Roussel est déterminé, plus que jamais, à faire cavalier seul, au risque de  gratter quelques centaines de milliers de voix qui risquent d'être préjudiciables pour  la qualification au second tour. La candidature de Fabien Roussel est loin de faire  l'unanimité au sein même du PCF et encore moins au sein de l’électorat  communiste. Pour en rester sur des aspects très factuels, quatre indications : 

• La stratégie à l’œuvre avec Fabien Roussel depuis 2018 n’a pas enrayé la  chute des effectifs du PCF, bien au contraire, le reflux du nombre  d’adhérent·e·s devient critique : 

• 2018: 49 231 

• 2023: 42 237 

• 2026: 37 286 

Une perte de 11 945 adhérent·e·s, soit près de 25% d’adhérent·e·s en moins  en 8 ans. 

• Seconde indication, lors du vote sur le choix du texte préparatoire au congrès,  si le texte présenté par Fabien Roussel l’emporte, il est en net recul en  suffrages exprimés. En 2023 il comptabilise 23 930 suffrages, ils ne sont plus  que 14 810 en 2026. 

• Lors du vote en mai 2021 pour désigner le candidat communiste, Fabien  Roussel recueillait 23 245 voix sur 43 888 inscrits. Il est plus que probable que le 6 septembre au soir son score soit très en dessous de  20 000 voix. 

• Sous la direction de Fabien Roussel, lors des 3 derniers scrutins nationaux  (Européennes 2019, présidentielle 2022 et européennes 2024 ) le PCF reste  scotché sur un socle entre 600 000 et 800 000 voix soit entre 1,2% et 1,65%  des inscrit·es. 

Effondrement des effectifs, recul de l’audience du texte présenté par la direction  sortante, audience électorale qui stagne à un niveau extrêmement bas… Ces  questions bien évidemment n’ont fait l’objet d’aucun bilan critique au dernier  congrès, d’aucune remise en cause. Bien au contraire, la seule réponse à celles et  ceux qui s'inquiétaient a été de poursuivre tête baissée dans le même choix, dans  l'entêtement d’une stratégie solitaire. 

Face au danger que fait peser l’extrême droite sur notre pays, cette situation  désespère de nombreux communistes de cœur ou de carte. Nombreux sont celles  et ceux qui l’ont quitté ou sont tenté·es de le faire. 

Quelques-un·es ont espéré changer la donne au dernier congrès. En vain 

Alors que les sociaux-libéraux sont déterminés à porter une candidature à la  présidentielle, que la dynamique autour de Mélenchon est enclenchée, avec des  écologistes de plus en plus nombreux qui s’y engagent, tout comme le NPA Anticapitaliste ou bien encore des personnalités comme Frédéric Lordon, l’urgence  c’est de rassembler au premier tour le bloc de cette gauche de rupture. 

Et cela d’autant plus que : 

• Sur le programme nous avons su trouver en quelques jours les chemins pour  acter le programme du Nouveau Front Populaire. 

• L’offre politique existe. Certains ont la mémoire courte : en 2012 le PS, dans  la dynamique de la victoire de Hollande, n’avait pas hésité à s’emparer des  circonscriptions où le sortant était communiste, comme à Gennevilliers ou  Bagneux. LFI depuis 2022 propose un accord Programme-Législatives. Il en  est de même pour 2027 avec la présidentielle. Qu’attendons-nous? On peut  élargir le cadre de l'accord en posant la question de l’architecture du prochain  gouvernement par exemple, ou insérer des propositions sur le programme. 

Bien évidemment rien n’est parfait, tout est perfectible. Mais en l’état actuel, dans  le rapport de force tel qu’il existe, la meilleure option politique pour offrir à notre pays une véritable alternative face à l'extrême droite et les libéraux  et autres sociaux-libéraux n’est-elle pas dans un accord avec LFI liant programme /  législatives / présidentielle plutôt qu’un vote interne qui ne fera qu’acter une  impasse politique? 

Robert Injey

 

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L
Cher Robert Injey,<br /> <br /> Lénine disait le parti se renforce en s'épurant. La volonté de créer un nouveau parti social-démocrate par mutation en faisant un nouveau parti sans les anciens (dixit Marie-Pierre Vieu) se paie aujourd'hui aussi.<br /> <br /> Le mandat militant doit être respecté. <br /> <br /> Tu devrais interpeler les insoumis et ceux qui sont tentés par le vote Mélenchon en leur disant : En 1981, déjà des électeurs communistes ou de gauche ont joué l'électoralisme du vote utile. Cela a mal fini.<br /> <br /> Idem en 1988 puis en 2012.<br /> <br /> Et que le ressort d'un vote antifasciste n'est pas une garantie de victoire : exemple en 2007, Ségolène Royale, sans soutien de sa propre base, et écrase Marie-George Buffet et José Bové par réflexe anti 2002. <br /> <br /> De plus, nous savons toi comme moi que LFI n'est pas pour la Palestine. Le sujet en 2024 a permis de ne pas parler de l'Union européenne et s'inscrit par populisme (soutien ambigu au Hamas contre le PPP et l'OLP) dans une stratégie de complaisance avec les institutions européennes par la LFI depuis 2019 : purge de François Coq, Georges Kuzmanovic et éviction autoritaire de Charlotte Girard au profit de Manon Aubry.<br /> <br /> LFI incarne un mouvement anti parti. LFI refuse le socialisme. LFI prône une révolution citoyenne et non la lutte des classes et la mobilisation de la conscience de classe du prolétariat. Etc.<br /> <br /> La fuite électoraliste est une erreur. Le barrage des castors s'effondrent toujours sur nous nous attaquons pas à la cause structurelle ; si nous restons élection après élection sur les effets conjoncturels produits par la résignation et le désespoir de la classe ouvrière, qui n'a pas disparue, mais s'est juste métamorphosée. <br /> <br /> La campagne de Fabien Roussel, VIVRE! doit être une réponse structurel contre la fascisation. <br /> <br /> Enfin, il y a un point qui mérite d'être ajouté mes relation concernant : le Maroc, Israël et Dakhla : la position prise par Jean-Luc Mélenchon en octobre 2023 sur le Sahara occidental est une trahison.<br /> https://www.spsrasd.info/fr/depeche/laarasd-denonce-les-declarations-de-jean-luc-melenchon-en-faveur-de-loccupation-marocaine<br /> <br /> Son opportunisme sur la Palestine après le 7 octobre ne doit pas nous faire oublier cela. <br /> <br /> En effet, la position impérialiste et chauvine de Mélenchon est publique et documentée même par Révolution Permanente, pour te dire :<br /> https://www.revolutionpermanente.fr/La-France-insoumise-est-elle-vraiment-un-frein-a-la-militarisation<br /> Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise défendent le maintien de la souveraineté française sur les Îles Éparses, s'opposant ainsi aux revendications de restitution de Madagascar. e programme de LFI prévoit explicitement de réaffirmer la souveraineté de la France sur ces îlots de l'océan Indien. Cette position s'inscrit dans une vision de puissance maritime et de présence française dans les zones stratégiques, malgré les désaccords diplomatiques avec l'État malgache. Aucune volonté d'aller vers la décolonisation et une coopération multipolaire. <br /> https://liberte-actus.fr/politique/vie-politique/article/iles-eparses-melenchon-contre-madagascar<br /> <br /> Au passage, LFI par populisme défend les mêmes thèses que la député RN de Mayotte au nom d'un droit à l'accès des migrants des Comores au territoire métropolitain. Aucune perspective de coopération et de développement fraternel avec les Comores n'est au programme. Antoine Léaumont a été très clair et tend la main aux dirigeants nationalistes de Mayotte. La créolisation n'est qu'un volet pour défendre les intérêts du capital raciste et s'inspire plus des théories étasuniennes que de la fraternité socialiste internationaliste. <br /> <br /> Pour Rabat-Washington-Tel Aviv. Ce n'est pas une reconstruction a posteriori. En effet, l'Association des Amis de la RASD dénonçait publiquement ses déclarations, estimant qu'elles rompaient avec la tradition anticoloniale de la gauche française et avec la défense de l'autodétermination du peuple sahraoui.<br /> <br /> Cette association de lutte anti colonialiste lui reprochait à juste titre notamment de soutenir la position marocaine et de chercher à limiter, au sein de la NUPES, les expressions de soutien à la lutte sahraouie. Ce sont évidemment les appréciations de l'AARASD, qu'il faut prendre en compte et respecter.<br /> <br /> Mais il y a surtout les propres déclarations de Mélenchon. Lors de son séjour au Maroc, il disait constater la « ferveur marocaine » autour de la marocanité du Sahara et s'y sentir attaché. Il ajoutait que le Maroc avait mis sur la table des « propositions intéressantes », en référence au plan d'autonomie de 2007, qui « doivent être considérées ». Surtout, il expliquait que les positions prises par les États-Unis, Israël et l'Espagne avaient « modifié le regard que le monde porte » sur la question, et souhaitait que la France en tienne compte. Le réalisme impérialiste sortait de sa bouche. Et Sanchez est plus courageux que Mélenchon. <br /> <br /> Il faut être précis : Mélenchon n'a pas explicitement déclaré que la souveraineté marocaine sur le Sahara était juridiquement établie. Mais il a clairement demandé que le changement du rapport de forces international et le plan d'autonomie marocain soient pris en considération, balayant par conséquent l'ONU et tout le processus qui implique que les sahraouis occidentaux puissent librement se prononcer sur leur avenir institutionnel. Si le renforcement de l'axe Maroc–Israël–États-Unis autour de l'armement, des drones, de Dakhla et des infrastructures stratégiques constitue aujourd'hui une recomposition géopolitique majeure, alors il faut aussi regarder autrement ce qui s'est joué en 2023. Car une question demeure : le changement du rapport de forces entre Rabat, Washington, Tel-Aviv et Madrid peut-il à lui seul modifier la question du droit à l'autodétermination du peuple sahraoui ? Un communiste ne peut pas accepter la position de la LFI.<br /> <br /> C'est bien donc là, par exemple, que la position de Mélenchon mérite d'être discutée et doit être combattue par tous les communistes sincères et non révisionnistes, par opportunisme électoraliste fondé sur les oracles des instituts de sondages promouvant un diable de confort du système qui refuse le socialisme.<br /> <br /> Une conception internationaliste et anticoloniale devrait distinguer deux choses : reconnaître les réalités géopolitiques nouvelles, et considérer que ces réalités peuvent déterminer à la place d'un peuple son propre avenir. Le vrai débat pour la présidentielle de 2027 est donc que nous disent la militarisation du Maroc, le développement stratégique de Dakhla et l'alliance avec Israël et les États-Unis sur la question du Sahara occidental ? Et, corrélativement, comment une gauche qui se réclame de l'anticolonialisme doit-elle articuler rapport de forces international et droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ?<br /> <br /> Pas une voix pour le populisme démagogique ! Front de classe anticolonialiste pour 2027 avec soutien à Fabien Roussel ! <br /> https://www.spsrasd.info/fr/2026/07/05/16537.html<br /> <br /> Enfin, le PCF rappelle que l'État français a conservé ces îles (Europa, Juan de Nova, Bassas da India, les Glorieuses et Tromelin) juste avant l'indépendance de Madagascar en 1960, bafouant les aspirations légitimes du pays. Le parti soutient les revendications de rétrocession de Madagascar et plaide pour le respect du droit international et de la décolonisation dans l'océan Indien. C'es le seul parti de gauche.<br /> <br /> La lutte contre le capitalisme passe par la dénonciation de l'opportunisme de LFI, de sa démagogie et de son inclinaison chauvine : tant colonialiste qu'impérialiste pour reconstruire la conscience de classe.<br /> <br /> <br /> Fraternellement,
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