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Robert Injey

Blog personnel sur l'actualité politique à Nice et en France

Nice métropole, la gratuité des transports en commun (1/2): Notre objectif, le constat.

Publié le 12 Janvier 2026 par injey06

Nice métropole, la gratuité des transports en commun (1/2): Notre objectif,  le constat.
Nice métropole, la gratuité des transports en commun (1/2): Notre objectif,  le constat.

Nice Front Populaire avec Mireille Damiano.

A/ NOTRE OBJECTIF

Les déplacements relèvent, pour l’essentiel, de la compétence de la métropole. Cela  concerne, au quotidien, 90% de la population. A pied, en vélo, en voiture, en bus ou bien encore en train, chaque jour près d’1,7 million de déplacements sont effectués. Permettre à chacun d’avoir accès à la meilleure option, la moins polluante, la plus sécurisée, est notre priorité. C’est un enjeu social, écologique et de santé publique.

Pour y parvenir nous voulons créer une véritable alternative à l’usage de la voiture en développant l’offre des transports en commun et en favorisant les déplacements actifs (marche à pied, vélo…). 

Pour cela, notre action suivra quatre axes qui concernent les différents modes de déplacement existants :

  • Renforcer le maillage des transports en commun et le cadencement
  • Sécuriser et rendre plus confortables les cheminements piétons
  • Mettre en place un véritable plan vélo.
  • Rendre les transports en commun plus attractifs… par la gratuité

Au sein de ce dispositif cohérent, la gratuité est une mesure majeure.

Cette proposition pour la gratuité, nous la portons depuis longtemps : dès 2014 avec le Front de Gauche, puis en 2020 avec VIVA!. Depuis décembre 2023, VIVA ! est officiellement membre de l’Union pour la gratuité et le développement des transports publics (UGDT), un collectif d’une vingtaine d’associations qui agissent en ce sens. Elle bénéficie par ce biais de l’analyse des diverses expériences en matière de gratuité totale (qui concerne au 1er janvier 2026, rappelons-le, 3,3 millions de personnes).

Pour nous la gratuité n’est pas un simple affichage le temps d’une campagne électorale ou une mesurette qui ne va s'appliquer qu’à une partie réduite de la population. 

C’est une mesure forte pour répondre à l’urgence climatique en offrant une alternative au tout voiture, La gratuité rend la mobilité accessible à tous et toutes. C’est une mesure qui favorise l’inclusion sociale et le droit à la ville.

La gratuité, c’est une alternative concrète à la marchandisation généralisée, c’est un autre imaginaire collectif, une autre conception de la vie en société comme l’ont été en leur temps la mise en place de l’école publique et de l’hôpital public.

B/ LE CONSTAT

Au hasard de l’actualité, nous pouvons entendre régulièrement ce type de message sur les radios locales : 

«17:57 : sur la pénétrante du Paillon: Pénétrante fermée en direction de La Trinité au niveau des abattoirs (....)

18h21 : sur l’A8 en direction de l’Italie après l'entrée n° 52 Nice Saint Isidore , la circulation est bouchée , le trafic est saturé dans la ville de Nice».

Cette réalité est la conséquence de la logique du «tout voiture» qui prévaut depuis plus de 70 ans. Aujourd’hui, nous en subissons, au quotidien, les conséquences: notre territoire est saturé, plusieurs heures par jour, par le trafic routier. Actuellement, le développement de mesures alternatives ne permet pas de répondre à l’enjeu. Il y a plusieurs raisons et conséquences à cela : 

B-1/ Les raisons: 

  • B-1-1/ Un retard qui s’aggrave dans le développement d’alternatives au tout automobile. Les retards en termes de développement des infrastructures alternatives à l’automobile ont particulièrement pénalisé notre ville. Il faut attendre 2007 pour voir l'apparition du premier tramway, plus de 20 ans après des villes comme Nantes ou Grenoble. 

Christian Estrosi n'a pas rattrapé ce retard initial qui s’est même aggravé en comparaison avec d’autres métropoles. Toutes lignes confondues, Nice compte 27 km de réseau contre 66 à Montpellier, 83 à Lyon ou bien encore 53 à Strasbourg. Cerise sur le gâteau : alors que toutes les métropoles desservent, souvent depuis le début de la mise en place des lignes, les communes environnantes, à Nice  le tramway n’a toujours pas dépassé les limites de la commune, alors même qu'il est financé par l'ensemble de la métropole. Cela traduit nettement le manque d'anticipation des maires précédents mais aussi le manque de volonté politique de Christian Estrosi de s’engager véritablement dans une alternative au tout voiture. 

 

  • B-1-2/ Des choix incohérents dans la disposition des lignes . En plus du retard endémique dont souffre notre territoire, viennent trop souvent s’ajouter les incohérences des choix effectués dans la mise en place des lignes de tramway. A cet égard, la ligne 1 du tramway est symptomatique : elle réussit l’exploit de passer à proximité de 3 gares (Chemins de fer de Provence, Nice centre, Riquier) sans pour autant permettre la moindre connexion avec celles-ci. Quant à la ligne 2, si elle croise à deux reprises la ligne 1 mais, les deux fois, nous sommes confronté·es à une rupture de charge significative (c’est-à-dire une distance à couvrir à pied entre deux transports). La ligne 3 est marquée par la même incohérence : elle n’est même pas connectée à la ligne des Chemins de fer de Provence pourtant située à quelques centaines de mètres d’elle. L’amélioration des connexions ne semblent pas avoir été la priorité des équipes en place

 

Autre illustration de cette incohérence : un des problèmes majeurs de la desserte de la ville de Nice par les transports en site propre est la difficulté à créer des axes est/ouest au-delà du proche littoral. Or, nous disposons d’un héritage précieux, légué par nos ancêtres, qui n’est autre que le chemin de fer de Provence qui dessert de Nice centre à la plaine du Var, à l’ouest. Étonnement, ce potentiel n’a jamais été réellement exploité, même à l’époque où un plan national de création de RER métropolitains était élaboré. Christian Estrosi, pourtant Président Délégué, aurait dû, alors que la ligne 3 venait d’être créée et que des investissements conséquents étaient attribués au CP, en faire une priorité.

 

  • B-1-3/ Un manque de volonté politique. Dans la perception du devenir de notre ville et de la métropole, la priorité de Christian Estrosi et d’Eric Ciotti n’est certainement pas de répondre aux besoins des populations mais plutôt d’offrir un terrain favorable à celles et ceux qui veulent y réaliser de belles affaires.

 

  • B-1-4/ Des choix contre le climat et la santé. La métropole Nice Côte d’Azur, sous la direction de Christian Estrosi, ne cesse de prendre des décisions contre le climat et la santé de celles et ceux qui vivent ou travaillent sur le territoire: extension de l'aéroport de Nice, maintien des vols en jets privés, accueil des yachts de luxe hyper polluants, bétonisation de la plaine du Var, augmentation des tarifs des transports en commun, retard dans le développement de ceux-ci…

 

  • B-1-5/ L'impact de la ségrégation urbaine. En raison de la crise du logement, de plus en plus de familles sont contraintes d’habiter toujours plus loin dans le moyen pays voire, parfois, dans le haut pays. Ceci a pour conséquence un retour quasi contraint à la voiture, un allongement du temps consacré au déplacement et un coût financier de plus en plus lourd pour les ménages. Faute d’un maillage et d’une desserte des transports en commun au niveau, l’usage de la voiture est plus important dans ces zones que dans le centre-ville.

 

B-2/ Les conséquences

  • B-2-1/ Faible impact sur la lutte contre le dérèglement climatique et la pollution urbaine. Certes, le trafic routier a baissé là où le tramway est présent et les niveaux de  pollution aussi sous le double effet de la réduction du trafic urbain et de l’utilisation de véhicules moins polluants. C’est encore très loin des objectifs nécessaires. Sur le périmètre de la métropole, ce sont chaque jour près de 1,7 million de déplacements quotidiens. Si 750 000 sont des déplacements «actifs» (piétons, vélos), presque autant sont le fait de véhicules motorisés. Les transports en commun (urbains et interurbains, trains) ne représentent que 12% des déplacements, et ce, avec de grandes inégalités selon les territoires (6-5% sur le moyen et haut pays). Conséquence: les niveaux de pollution demeurent préoccupants, les pics de pollution se multiplient et ont des impacts négatifs sur la santé publique. 

Le constat est là, sans appel une nouvelle fois : en 2025, Nice s’impose comme une des 4 villes les plus polluées sur le plan atmosphérique en France (source citycle.com) :

Nice est classée 4ᵉ ville la plus polluée de France en termes de  concentration moyenne annuelle de particules fines (PM2.5), avec un  taux de 29,2 µg/m³, derrière Marseille, Lille et Lyon.

Elle apparaît aussi dans le top 10 des villes françaises les plus polluées  pour la qualité de l’air, notamment en raison de ses pics de pollution et de la concentration des sources polluantes.

 

  • B-2-2/ Des choix qui aggravent la situation. Les activités consécutives à la fuite en avant dans la logique de développement du surtourisme, au choix de l'événementiel 365 jours sur 365 jours et à l’extension de l’aéroport augmentent considérablement la pollution, sans parler de l’accentuation du phénomène de ségrégation urbaine. Loin de privilégier les transports en commun, ils et elles ont préféré assommer financièrement les usager·es en augmentant de 70% le tarif de la carte 10 voyages/10 euros qui était la plus utilisée. 

Un chiffre illustre cette ponction financière, entre 2022 et 2024 le prix au voyage (Recette billetterie/ nombre de validations) est passé de  0,62 à 0,82 euro. Une augmentation de plus de 30%, représentant au total une contribution supplémentaire de plus 15 millions d'euros payée par les usagers

 

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