Je partage l'exigence de défendre la liberté de la presse, l'indépendance des rédactions et les libertés démocratiques. Si les révélations de Mediapart concernant d'éventuelles pressions sur les services de renseignement pour mettre en cause La France insoumise sont confirmées, elles doivent donner lieu à une enquête sérieuse et à l'établissement des responsabilités. Aucun gouvernement ne saurait instrumentaliser les moyens de l'État contre une force politique d'opposition.<br />
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Mais une question demeure, et elle ne peut être éludée : Jean-Luc Mélenchon serait-il la seule victime de la situation politique actuelle ? Et surtout, la solidarité légitime face à d'éventuelles manœuvres du pouvoir doit-elle nous interdire d'interroger sa propre stratégie ?<br />
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Défendre LFI contre une injustice éventuelle ne signifie pas approuver sans réserve la stratégie de son dirigeant. La liberté de la presse, la démocratie et les droits de l'opposition ne sont pas la propriété d'une organisation ou d'un candidat. Ils appartiennent à tous.<br />
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Venons-en donc à l'essentiel : la présidentielle ne peut pas devenir l'instrument d'une ambition individuelle, aussi importante soit-elle dans la vie politique française. La question n'est pas de savoir qui, à gauche, estime avoir le plus de légitimité à devenir président. Elle est de déterminer quelle candidature offre les meilleures chances de battre l'extrême droite et d'ouvrir une véritable perspective de transformation sociale.<br />
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Si le maintien de Jean-Luc Mélenchon compromet les possibilités de qualification d'une candidature de rupture, si sa candidature risque de rendre plus difficile la constitution d'un front républicain au second tour, alors il faut avoir le courage de poser la question de son retrait.<br />
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Ce n'est ni une attaque personnelle ni une concession à la social-démocratie. C'est une exigence de responsabilité politique.<br />
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Le danger est considérable. Une victoire du RN à la présidentielle pourrait lui ouvrir la voie à une majorité parlementaire écrasante aux législatives. Nous ne pouvons pas affirmer que ce scénario est inévitable, mais nous ne pouvons pas non plus en minimiser le risque. L'heure n'est pas aux paris personnels, aux stratégies de division ou à la fidélité inconditionnelle à un dirigeant. Elle est à la lucidité et au combat antifasciste.<br />
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Les groupes d'action de LFI, ses militants et ses organisations de base doivent pouvoir débattre librement de cette question. Ils doivent pouvoir considérer que l'intérêt général de la gauche de rupture exige une autre candidature et une autre dynamique. Il ne peut y avoir de véritable démocratie militante si le choix d'un dirigeant devient une ligne intangible, soustraite à toute discussion stratégique.<br />
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Pour ma part, je défends la candidature de Fabien Roussel, non par culte de la personnalité, mais parce que je considère que le PCF doit porter une stratégie autonome de conquête, fondée sur un front de classes des producteurs et sur un projet de transformation sociale. Son engagement à convoquer une assemblée constituante peut ouvrir une perspective de révolution citoyenne, à condition de l'articuler à la conquête de nouveaux pouvoirs pour les travailleurs et à la transformation des rapports de production.<br />
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La présidentielle doit construire une dynamique de rupture. Les législatives doivent permettre un rassemblement populaire démocratique, capable de battre le RN, de défendre les intérêts du monde du travail et de transformer les institutions.<br />
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L'autonomie communiste n'est pas l'isolement. L'unité populaire n'est pas la subordination à un appareil. Et le combat antifasciste ne peut pas se réduire à la défense d'une candidature.<br />
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Fraternellement, mais fermement, il faut donc poser la question : Jean-Luc Mélenchon est-il prêt à faire primer l'intérêt collectif sur sa propre candidature si les conditions d'une victoire contre l'extrême droite l'exigent ?<br />
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L'enjeu dépasse largement son avenir personnel. Il concerne celui de toute la gauche de rupture, celui du monde du travail et celui de notre démocratie.<br />
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Non à l'égoïsme politique. Non à la division stérile. Non à une stratégie qui risquerait de livrer le pays à l'extrême droite.<br />
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Faisons primer l'intérêt populaire, construisons une dynamique communiste autour de Fabien Roussel et donnons au rassemblement populaire les moyens de battre le RN et de transformer réellement la société.