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Le blog de  Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France.

Interventions des parlementaires PCF-FdG sur l'accord avec la Grèce

Publié le 16 Juillet 2015 par injey06

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"C'est un défi de résister à ces pratiques colonialistes" (P. Laurent)

Publié le 15 Juillet 2015 par L'Humanité

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui – Mercredi, 15 Juillet, 2015 – L'Humanité

Pour le secrétaire national du PCF et président du Parti de la gauche européenne, « un front social et politique européen d’une ampleur tout à fait inédite » est plus que jamais indispensable.

François Hollande s’est félicité, hier, d’avoir évité le Grexit, la France a-t-elle joué à plein son rôle ?

Pierre Laurent Non, la France est entrée très tardivement dans la négociation après avoir laissé pendant des mois la Grèce seule face au chantage des financiers. Elle a ensuite agi pour éviter le Grexit, c’est vrai. Mais sans empêcher un accord que les Grecs ont payé au prix fort dans des conditions draconiennes portant atteinte à leur souveraineté. Les Allemands voulaient depuis le début le Grexit et, ne l’obtenant pas, ils ont voulu punir le peuple grec. La France aurait dû s’élever avec beaucoup plus de vigueur contre ces conditions qui sont une honte pour l’Europe démocratique.

Cet accord est-il viable alors qu’il renforce l’étau de l’austérité ?

Pierre Laurent Cet accord écarte le Grexit et maintient, sous conditions, la possibilité de refinancement de la Grèce. Mais il met également en place de nouvelles mesures d’austérité et une mise sous tutelle qui vont à l’encontre de la nécessaire relance productive et sociale du pays. Les dispositions qui y figurent sont injustes, contre-productives économiquement et profondément contestables démocratiquement. Le premier ministre grec, qui a résisté au chantage au Grexit, a empêché l’Allemagne de parvenir à ses fins sur ce point. Ne sous-estimons pas le cauchemar que cela aurait été pour la population grecque et l’ensemble de l’Europe. Ce n’est pas pour rien que l’extrême droite se frotte les mains en attendant la réalisation de ce scénario catastrophe. Mais en contrepartie l’Allemagne a exigé un prix inhumain et scandaleux. C’est un défi de résister à ces pratiques colonialistes pour tous les peuples européens.


Que défendront les communistes lors du vote sur cet accord, cet après-midi ?

Pierre Laurent Nos groupes parlementaires se réunissent ce matin pour en décider. Ce choix tiendra compte de deux exigences. D’abord, de l’impératif de solidarité à l’égard du peuple grec, de nos camarades de Syriza et d’Alexis Tsipras. Mais il doit être clair que nous ne pouvons soutenir le contenu d’un accord qui a été conçu par les dirigeants allemands en tout point pour humilier le peuple grec. Nous chercherons au Parlement à faire entendre le plus clairement possible cette voix en appelant les Français, la France et, au-delà, toutes les forces démocratiques européennes à redoubler d’effort pour la refondation démocratique de l’Union européenne et l’émancipation de la tutelle insupportable des marchés financiers.

Les dirigeants européens ont voulu donner une leçon à ceux qui estiment qu’une autre voie que l’austérité est possible. Dans ce contexte, comment la bataille pour une Europe solidaire peut-elle se poursuivre ?

Pierre Laurent Donner une leçon aux peuples qui relèvent la tête a été pendant six mois l’obsession des dirigeants européens. Ils n’ont jamais cherché un véritable accord tenant compte du vote du peuple grec. Un puissant engagement des peuples européens et la convergence de toutes les forces politiques, syndicales, sociales sont incontournables pour créer le rapport de forces nécessaire à une refondation sociale de l’Europe. Ces dirigeants européens espèrent avec cet accord refermer la parenthèse grecque. Mais, au contraire, la bataille européenne ne fait que commencer et nous devons mesurer qu’elle nécessite pour être gagnée la construction d’un front social et politique européen d’une ampleur tout à fait inédite. C’est dans cet esprit que nous prendrons de nouvelles initiatives et que nous ferons de la Fête de l’Humanité un grand rassemblement de lutte de tous les Européens contre l’austérité.

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Accord sur la Grèce

Publié le 13 Juillet 2015 par

Tous les européens ont intérêt à amplifier leur soutien à cette bataille politique et leurs luttes contre l'austérité dans leur propre pays. J'appelle toutes les forces démocratiques et de gauche à travailler ensemble à un projet commun pour sortir l'Europe de la tourmente libérale.

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Grèce: petit antidote au discours dominant....

Publié le 8 Juillet 2015 par

Le vote NON du peuple Grec au diktat de l'Eurogroupe, de la BCE et du FMI n'a pas calmé le déferlement de mensonges. Il est sans doute pas inutile de redonner les points sur la genèse de cette affaire. Ci-dessous une compilation de différents textes et auteurs, pour essayer, en deux pages, de redonner l'essentiel.

RI

2000-2008 : L'origine de la dette Grec :

Ce sont les gouvernements de droite et du Pasok successifs qui ont menés des politiques conduisant à l’explosion de la dette : trucage des comptes avec la complicité de Goldman Sachs pour faciliter l’entrée dans l’euro pour mieux remplir les « critères de convergences », jeux olympiques ruineux ( sauf pour les affairistes du BTP,… ), budget militaire surdimensionné ( pour les plus grands profits des vendeurs d’armes français, anglais, etc .. ), une politique d’endettement à guichet ouvert liée à la recherche par les grandes banques occidentales, en particulier allemandes et françaises de marchés plus rémunérateurs. Considérant que c'est le cas de la Grèce au début des années 2000 elles y déversent massivement les liquidité dont elles disposent…..

« Prises d’une frénésie irrépressible, elles prêtent aux entreprises, aux particuliers, à l’État grec et procèdent à l’acquisition de filiales sur place pour opérer plus facilement, à l’exemple du Crédit Agricole avec Emporiki et de la Société Générale avec Geniki. Inondées de liquidités, les banques grecques, privatisées depuis 1998, se lancent à leur tour dans l’octroi d’une quantité d’emprunts sans prendre la peine de procéder à l’analyse du risque qui est pourtant la base du métier de banquier. Ainsi, entre 2000 et 2009, les crédits explosent, les prêts aux ménages et les crédits immobiliers sont multipliés par 6, les financements aux entreprises doublent. Tout n’est que profit, calme et volupté dans le petit monde de la finance jusqu’à ce qu’éclate la crise de 2008-2009. » (1)

2008-2009 : La Crise financière

« Née aux États-Unis avec la crise des subprimes qui a vu la spoliation de millions de ménages modestes, la crise devient internationale et gagne l’Europe et la Grèce.

En Grèce, de nombreux ménages se retrouvent brutalement dans l’incapacité de payer leurs échéances et les banques sont aux abois.(2)

Pour sauver les banques occidentales, les Etats engagent de vaste plan de sauvetage, avec un plan de soutien de la Banque Fédérale aux États-Unis (29 000 milliards de dollars) et par la Banque Centrale Européenne (5 000 milliards d’euros). En d'autre terme les pertes des Banques ont été principalement refinancer par les Banques Centrales, ce qui a capté l’essentiel de la création monétaire au détriment de l’économie réelle, tout en obérant les finances publiques (les Etats c'est à dire les contribuables, par exemple pour Dexia en France).

Ajoutons que ce sont les peuples et les budgets des Etats qui ont supporté les dégâts collatéraux de la crise financière ( chômage, récession, perte de recettes fiscales .. )

2009 : l'intervention de la Troïka

La Troïka va prendre prétexte du trucage des comptes avant 2009, et du poids de la dette pour intervenir en Grèce. Mais la raison essentiel de son intervention c’est qu’à l’époque l’essentiel de la dette grecque est détenue par des banques privées ( anglaises, allemandes, françaises,… ) à la fois gavées de taux d’intérêts de plus en plus élevés mais aussi au bord du précipice du fait du caractère insoutenable atteint dès cette époque par la dette grecque. Un défaut de paiement aurait alors précipité de nouvelles défaillances bancaires majeures. La Troïka, ce n’est pas « aider la Grèce », c’est aider les banques qui ont prêté et spéculé sur la dette grecque, tout en faisant payer un maximum du coût au peuple grec via les plans d’austérité successifs imposés.

L’intervention de la Troïka prendra donc deux aspects :

-La mise en place d'un plan d'austérité, qui ne touchera pas ou peu les plus riches tout en supportant des taux d’intérêts de plus en plus élevés des banques. .

-En contrepartie de cette austérité la Troïka va verser en deux temps en 2010 et 2012, pour 110 et 130 milliards d’euros. Mais cet argent pour l’essentiel n’ira jamais en Grèce, ni aux Grecs. Pour plus de 4 euros sur 5, il a servi à racheter les emprunts d’Etat détenus par des banques privées européennes, à l’aide de fonds pour beaucoup empruntés aux même marchés par le futur MES (mécanisme européen de stabilité).

« L’événement important dans l'intervention de la Troïka , c’est le changement radical quant aux détenteurs de la dette publique. A la fin des années 2000 cette dette était à 80 % entre les mains des investisseurs financiers privés, aujourd’hui, c’est le secteur public qui la détient dans les mêmes proportions. » (3) Cette « migration de crédit » du secteur privé vers le secteur public aussi énorme n'a pas ou peu d'équivalent dans l'histoire. Les marchés adorent la socialisation de l’essentiel des pertes.

Le bilan de 5 ans de régime Troïka :

Le bilan de cette « intervention » pour la Grèce est catastrophique : loin de « soigner » la Grèce, ce traitement « libéral » aggrave la situation : en quelques années, le pays perd 25 % de son PIB (-42 % entre 2008 et 2015), voit son taux de chômage tripler pour atteindre 27 % (60 % chez les jeunes et 72 % chez les jeunes femmes), et en lieu et place d’une diminution de la dette publique, on voit celle-ci augmenter jusqu’à 320 milliards d’euros pour représenter 177 % du PIB en juin 2015.

L'ancien premier ministre D. de Villepin résume les 5 ans de la Troïka de manière éclairante : "Depuis 2009, la Grèce, c'est plus de 25% de revenus en moins pour les citoyens, près de 30% de chômage, plus de 60% de chômage des jeunes. Il n'y a pas un pays en Europe, hors guerre, qui a vécu une telle potion amère". Pour l'ancien Premier ministre, il faut donc "sans doute restructurer la dette, voire une remise de dette". « Jusqu'ici, on a donné de l'argent aux Grecs pour nous rembourser nous-mêmes, on ne l'a pas fait par générosité ». (4)

Et maintenant ?

Quelques jours après le référendum la volonté de la Troïka est toujours la même : « Soit vous signez le mémorandum, soit votre économie va s’effondrer. Comment ? Nous allons faire tomber vos banques. »(5)

Face à cette volonté il y a la nécessité de poursuivre la bataille politique de solidarité avec la Grèce autour de quelques idées :

Le caractère « insoutenable » des dettes publiques (en Grèce et ailleurs) est de plus en plus reconnu.

Le respect du vote des Grecs mais aussi le simple bon sens pour le devenir de l'Europe impose la tenue d'une conférence de la zone Euro pour :

-Restructurer l'ensemble des dettes publiques.

-Dégager des moyens de financement qui soient libérés des marchés financiers.

(1) (2) et (3) : Patrick Saurin

http://blogs.mediapart.fr/blog/patrick-saurin/270615/les-grecs-nont-pas-payer-une-dette-qui-nest-pas-la-leur

(4) BFMTV le 7 juillet 2015.

(5) : Propos du président de l'Eurogroupe à Varoufakis. A lire dans l’interview sur Médiapart :

http://www.mediapart.fr/article/offert/c236f75ef80550a032fc9fc04fc54f76

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De Villepin et la Grèce (Vidéo)

Publié le 7 Juillet 2015 par injey06

C'est sans doute un des rares à droite à avoir une vraie vision de l'enjeu de l'affaire Grec. Très lucide et très loin des marchands de tapis  Merkel et Hollande.....

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L'enjeu de la situation en Grèce

Publié le 2 Juillet 2015 par Robert Injey

(Edito du Patriote Côte d'Azur du 3 juillet)

L'image est saisissante : 10 ans après le rejet, par référendum, du projet de traité constitutionnel européen, ceux-là mêmes qui voulaient nous l'imposer se mobilisent contre le NON des Grecs. Nous retrouvons les mêmes arguments, les mêmes experts, les mêmes forces politiques, les mêmes menaces, les mêmes mensonges... la même soumission aux marchés financiers.

Accrochés à leur certitude, ils n'ont retenu aucune leçon : ni celle de la crise financière, ni l'impasse des politiques d'austérité. Plus éclairés que leurs confrères, des voix fortes (1) s'élèvent pour soutenir la position du gouvernement grec ou, tout au moins, pointer l'impasse où mène la Troïka (2).

En vérité, ce qui se joue depuis des semaines en Grèce dépasse les frontières de ce pays et la dette grecque n'est que le prétexte. Ce qui se joue, et qui est insupportable aux tenants du système, est éminemment politique : c'est la possibilité pour un peuple d'exprimer un autre choix que celui que nous impose la finance. La détermination des libéraux et autres sociaux libéraux est d'autant plus grande qu'ils craignent par dessus tout l'effet domino. En janvier la Grèce. En mai les coalitions de gauche (Podemos et Gauche unie) avec les plateformes sociales en Espagne. En juin une élue du Sin Fein est devenue maire de Dublin.

A défaut d'accord d'ici là, si dimanche le NON l'emporte, cela constituera une victoire pour tous les peuples qui, en Europe, espèrent autre chose que l'austérité et la précarité imposées pour préserver les dividendes d'une minorité.

Robert Injey

(1) : Deux prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz et Paul Krugman

(2) ; En particulier l'ancien président du FMI.

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