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Le blog de  Robert Injey

L'actualité politique à Nice et en France.

Sarkozy, Thiers et les racines chrétiennes...

Publié le 4 Mars 2011

Les nouvelles déclarations de Nicolas Sarkozy sur les racines chrétiennes de la France marquent, une nouvelle fois, la volonté du Président de la République d’instrumentaliser le fait religieux  pour mieux occulter la question sociale.  Décryptage :

Lors de son discours au Puy-en Velay, ce 3 mars 2011, Nicolas Sarkozy nous livre une version plus « nuancée » de son discours de Latran de  2007. Mais   profitant d’une intervention sur le patrimoine il mélange « conservation du patrimoine » (qui oserait être contre !) et le fait « d’assumer ce patrimoine intellectuellement, moralement, politiquement ».  Extraits :

« Si cet « héritage indivis » - je reprends les mots de Renan -nous assigne pour mission de conserver et de transmettre notre patrimoine, il nous demande aussi de l'assumer, ce patrimoine, de l'assumer intellectuellement, de l'assumer moralement et de l'assumer politiquement. Il n'y a aucune raison pour que nous soyons les seuls dans le monde à ne pas assumer notre patrimoine moral, politique, artistique, culturel. »

Avec cette volonté, assez grossière, de flatter un électorat catholique en désamour avec lui, le Président, persiste dans une direction celle des  « racines essentiellement chrétiennes de la France ».

Une simple remarque, depuis quelques siècles la société se développe en s’émancipant de « l’héritage » culturel de l’église. Les évolutions de la société sur les 2 derniers siècles lui ont été arrachées. De la révolution française à mai 68, de la séparation de l’église et de l’Etat au débat sur la contraception, le moins que l’on puisse c’est dire que le peuple à voulu s’affranchir d’un grand nombre de  « racines ». Cette volonté de confondre une civilisation avec la religion dominante est pour le moins une vision bien réductrice de notre société.

Paul Veyne dans son livre  « Quand notre monde est devenu chrétien (312-394) » s’attarde sur cette question des racines chrétiennes. Il considère : « Une religion est une des composantes d’une civilisation, elle n’en est pas la matrice, même si elle a pu quelque temps lui servir de désignation conventionnelle, être son nom de famille : "la civilisation chrétienne" (p. 250).

Et il illustre son propos en partant des valeurs dans nos sociétés actuelles : « Notre Europe actuelle est démocrate, laïque, partisane de la liberté religieuse, des droits de l’homme, de la liberté de penser, de la liberté sexuelle, du féminisme, du socialisme ou de la réduction des inégalités. Toutes choses qui sont étrangères et parfois opposées au catholicisme d’hier et d’aujourd’hui. La morale chrétienne, elle, prêchait l’ascétisme, qui nous est sorti de l’esprit, l’amour du prochain (vaste programme, resté vague) et nous enseignait de ne pas tuer ni voler, mais tout le monde le savait déjà. Tranchons le mot : l’apport du christianisme à l’Europe actuelle, qui compte toujours une forte proportion de chrétiens, se réduit presque à la présence de ceux-ci parmi nous. S’il fallait absolument nous trouver des pères spirituels, notre modernité pourrait nommer Kant et Spinoza... » (pp. 256-257).

 

Beaucoup s’interroge sur la motivation d’une telle insistance de la part de Sarkozy. Volonté de retrouver l’électorat qui se dirige vers le FN ? Probablement.

 Mais il y a autre chose, il y a  la nécessité de  tuer l’espoir, de tuer l’exigence de changer cette société. Marx décrit assez bien la-chose. Tout le monde a retenu la formule «elle (la religion) est l’opium du peuple », mais ce sont les phrases qui précédent et qui suivent qui sont les plus intéressantes.

 

« La  misère religieuse est à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre cette misère réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme sensible d’un monde insensible comme elle est l’esprit de situations sans esprit. Elle est l’opium du peuple.

Le dépassement de la religion comme bonheur illusoire du peuple est l’exigence de son bonheur réel. L’exigence de renoncer aux illusions sur son état, c’est l’exigence de renoncer à un état de choses qui a besoin de ces illusions. La critique de la religion est donc en germe la critique de la vallée de larmes, dont la religion est l’auréole glorieuse. » 

 

Le 20 décembre 2007 à Latran, Sarkozy déclarait : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance ».

Cette transmission des valeurs est obsessionnelle chez Sarkozy qui lors de sa campagne déclarait le 30 avril 2007 : "mai 1968 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral". "Dans cette élection, il s'agit de savoir si l'héritage de mai 68 doit être perpétué ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes"

Tristes envolées lyriques qui ne sont  pas sans faire écho aux premières lignes de Paul Lafargue dans le droit à la paresse où il cite Thiers : « M. Thiers, dans le sein de la Commission sur l'instruction primaire de 1849, disait: "Je veux rendre toute-puissante l'influence du clergé, parce que je compte sur lui pour propager cette bonne philosophie qui apprend à l'homme qu'il est ici-bas pour souffrir et non cette autre philosophie qui dit au contraire à l'homme: "Jouis"." M. Thiers formulait la morale de la classe bourgeoise dont il incarna l'égoïsme féroce et l'intelligence étroite. »

Héritier du sinistre Thiers, la motivation de Sarkozy est sans doute là, rétablir la toute puissance des capitalistes face aux travailleurs.

R. Injey

 

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ivicevic 12/03/2011 12:46



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Le témoignage du christianisme propose un message comme un appel respectueux à la conscience des hommes, mais tient à bannir toute contrainte extérieure" J.Paul II


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