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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 13:49
La laïcité version Christian Estrosi

Le Pape reçoit en audience privée le 24 septembre les victimes de l’attentat du 14 juillet et leurs parents. Surprise, ce n’est pas l’évêché, mais la ville de Nice qui organise et finance le déplacement avec l’affrètement de deux avions et de nombreux bus. En ces temps où la laïcité est mise à toutes les sauces, sans chercher à polémiquer eu égards à la peine des familles, on peut s’interroger, une nouvelle fois, sur le contournement systématique, par Christian Estrosi, du principe de neutralité de la République. Exemple la fête de l'Assomption le 15 août dont la ville de Nice fait largement la promotion.

Petit rappel à l'attention de Christian Estrosi : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes. » (Article 2 loi de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’Etat).

Publié par injey06
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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 07:49
Réfugiés: L'inaliénable droit de vivre en paix
Sur fond d’un climat où pèsent lourdement les attentats de ces 24 derniers mois, une peur est savamment entretenue depuis plusieurs mois, par la droite et son extrême: celle des « hordes » de migrants qui envahissent la France. A quoi sommes-nous réellement confrontés ?

En politique, lorsque l'on n'offre aucune perspective de progrès humain et social, rien n’est plus facile que d’user de la démagogie et du mensonge pour jouer sur les peurs et « rassembler » une partie de l’opinion contre un bouc émissaire. La pratique n’est pas nouvelle. Joseph Goebbels sinistre leader nazi, avait même théorisé cette techniques de propagande, en 1933 au lendemain de l'incendie du Reichstag: "Plus le mensonge est gros, plus il passe. Plus souvent il est répété, plus le peuple le croit ..."

Le phénomène auquel nous assistons autour de la Méditerranée est avant tout lié aux guerres et aux persécutions. Nous sommes confrontés aujourd’hui à un déplacement massif de réfugiés fuyant des zones de conflits au fur et à mesure de l’extension de ceux-ci. Il y a la Syrie, la Libye, l’Irak ou le Yémen mais aussi des guerres de « basse intensité » ou moins médiatisées comme au Soudan et en Erythrée ou bien encore l’Afghanistan, sans oublier bien évidement de la Palestine.

Zone stratégique ou se télescopent de nombreux enjeux géopolitiques, à commencer par la maitrise du pétrole, la situation dans cette partie du monde n’a cessé de se dégrader au fur et à mesure des interventions militaires et de la destruction des Etats. Chaque intervention, directe ou par des forces interposées, en Irak, en Libye et en Syrie n’ont fait que favoriser le chaos et l’émergence de Daech. Sur ce champ de ruines, faute de solution politique, les conflits s’éternisent et les peuples n’ont d’autre choix, pour essayer de survivre, que de fuir. Souvent à l’intérieur d’un même pays, mais parfois à l’extérieur.

Pour ne prendre qu’un exemple, celui de la Syrie, sur une population de plus de 20 millions d’habitants en 2012, il y a plus de 7 millions réfugiés à l’intérieur et près de 5 millions qui ont quitté le pays, la plupart du temps pour rejoindre les pays limitrophe. Ainsi la Turquie accueille plus de 2,5 millions de réfugiés, le Liban 1 million et la Jordanie près de 700 000.

Dans ce contexte La France, depuis le début du conflit, a accueilli 10 000 Syriens. Soit moins 0,20% du nombre total de Syriens qui se sont réfugiés à l’extérieur. Nous sommes très loin de l’image de la France qui accueillerait toute la misère du monde.

La France par le passé a accueilli des réfugiés dans des proportions bien plus importantes. 500 000 Espagnols en 1939, 130 000 Vietnamiens en 1973, ou bien encore près d’un million de rapatriés d’Algérie en 1962.

L’utilisation de la terminologie de « migrants » par la droite et l’extrême droite vise à évacuer la réalité du phénomène auquel nous sommes confrontés. Elle vise à gommer sa réalité dramatique et, par là-même, à occulter notre responsabilité. Notre responsabilité dans ces conflits et dans l’absence de solutions politiques. Il y a l’affaire Libyenne, mais aussi le rôle négatif de la France dans les premières tentatives pour essayer de sortir la Syrie du conflit.

Aujourd’hui l’instrumentalisation du drame des réfugiés est à l’image d’un débat politique gangréné par les idées de l’extrême droite. Ce n’est pas le moindre des paradoxes dans la période que ceux-là même qui se revendiquent de la civilisation chrétienne, les Le Pen et autres Sarkosy, Ciotti, Estrosi, en oublient le message du Pape qui déclarait encore samedi dernier : «les réfugiés sont des hommes et des femmes, des jeunes gens et des jeunes filles qui ne sont pas différents des membres de nos familles et de nos amis». «Chacun d’eux a un nom, un visage et une histoire, ainsi que l’inaliénable droit de vivre en paix et d’aspirer à un avenir meilleur pour leurs enfants».

Robert INJEY

(Article du Patriote Côte d'Azur, à paraitre dans le n° 154 du 23 au 29 septembre. Pour accéder au reste du journal une seule solution l'acheter en kiosque ou auprès des militants communistes). Sinon pensez à vous abonner....
Publié par injey06
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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 10:55
Sarkozy à Calais: la provocation!

La visite de Nicolas Sarkozy à Calais est celle du retour du pompier-pyromane sur les lieux de son crime. C'est lui qui en 2002, alors ministre de l'Intérieur, a fait fermer le Centre de Sangatte entraînant l'éparpillement des migrants dans la région du Calaisis. C'est lui encore en 2003 qui a signé pour la France les accords du Touquet déplaçant la frontière avec l'Angleterre sur le territoire français...
Bloqués sur nos côtes, les migrants multiplient les risques pour la traversée. L'activité économique du port s'en trouve de plus en plus perturbée. Depuis plus de dix ans, les guerres en Irak, Syrie, Afghanistan, au Soudan et la dictature érythréenne ont entrainé la venue de nouveaux migrants, atteignant aujourd'hui le nombre de10 000 personnes dont 1 000 enfants.
A leur appel au secours, la réponse de Nicolas Sarkozy est le renvoi dans leur pays d'origine. L'ancien président de la République cherche à attiser les peurs d'une invasion imaginée... On en est loin: la France n'est qu'à la 18e place sur 31 pays en Europe dans le nombre de réfugiés accueillis par habitant au titre du droit d'asile depuis 2016 ! Cette supercherie n'a que trop duré.

Calais, ville meurtrie par le chômage, a besoin de vraies réponses en matière d'emplois, d'investissements industriels et portuaires, de services publics. Tout doit être mis en oeuvre au plan diplomatique pour que les migrants qui veulent rejoindre l'Angleterre notamment, pour les demandeurs d'asile, les enfants qui veulent y retrouver leur famille, y soient autorisés. De même ceux qui veulent rester en France doivent être accueillis avec dignité et humanité dans les centres prévus à cet effet.
A force de courir après le FN où Nicolas Sarkozy va-t-il s'arrêter? Il ose maintenant délivrer "des brevets de naissance" de "bons Français" aux prétendues "seules origines gauloises" ! La bêtise rejoint l'ignoble.

Le Parti communiste français dénonce cette politique qui bafoue les principes républicains d'égalité, de liberté et de fraternité.

Parti communiste français

13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 12:53
2017: Sortir du marasme à gauche...

Face à une droite divisée, mais qui trouvera le moyen de se rassembler, et face à une extrême-droite dont les idées font des ravages dans les têtes, la gauche donne l’image d’un paysage dévasté.

Où en sommes-nous après la fête de l’Humanité ?

Ci-dessous, une modeste contribution au débat qui nous anime (1).

L’éclatement du courant social-démocrate

La démission et l’entrée en lice de Macron pour la présidentielle offre un spectacle inédit sous la Ve République. Celui de voir 4 anciens ministres concourir contre le président sortant. Ces candidatures traduisent l’éclatement du courant social-démocrate et illustrent l’ampleur de l’échec de François Hollande.

Un échec que l’on mesure aussi dans le rapport des forces gauche-droite-extrême droite. Celui-ci n’a jamais été aussi défavorable à la gauche. Dans sa diversité, elle ne représenterait aujourd’hui que 30 à 35% des intentions de vote.

Ces multiples candidats (2) dans un contexte aussi difficile pourraient surprendre. Mais si François Hollande espère pouvoir déjouer les pronostics, si le PCF ne se résigne pas à la catastrophe annoncée, beaucoup partagent l’idée que « l’équation de 2017 est impossible » pour la gauche (3), et que ce qui se joue c’est aussi et surtout l’après 2017.

Toutes les initiatives pour rassembler toute une partie de la gauche (la grande alliance populaire de Cambadelis, En Marche de Macron, les Insoumis de Mélenchon…) sont le reflet des tentatives de reconstruction/recomposition d’une gauche laminée après la présidence Hollande.

Derrière toutes ces tentatives et ces candidatures il y a des motivations différentes. Essayer de les comprendre permet de mieux appréhender les possibles.

La principale motivation, eu égards au nombre de candidatures qu'elle suscite, c'est la maîtrise, après 2017, du PS, de son appareil et de ses finances. Cette motivation part de l’idée de la perpétuation de l’hégémonie du PS sur la gauche même dans une recomposition à venir. Une conception qui, d'une certaine manière, paralyse une grande partie de la gauche.

Valls-Cambadelis s’inscrivent dans cette logique en jouant la carte de la loyauté à Hollande.

Tout en marquant régulièrement sa différence Martine Aubry et d’autres ne jouent pas la carte de l’affrontement avant 2017. Au moment de la motion de censure, dans une lettre aux socialistes du Nord Martine Aubry a exprimé assez clairement les choses « (la motion) n’aurait pas empêché l’adoption de la loi, chacun le sait (…) elle aurait renforcé la droite et, surtout, elle aurait sans doute provoqué une scission de notre parti » et Martine Aubry de donner la marche à suivre : « rester dans notre parti, y travailler et débattre pour faire renaître l’espoir à gauche ».

Enfin il y a ceux qui jouent l’affrontement face à Hollande tout en restant dans le cadre fixé par Cambadélis, pour ne pas se mettre en dehors du PS.

C’est le choix des frondeurs. La primaire donne une visibilité qui aiguise les ambitions. Reste à savoir si les candidats déclarés (Hamon, Filoche, Lienemann, Montebourg) arriveront à se mettre d’accord. La chose semble très difficile, sans doute impossible… Enfin quelle sera leur attitude si d’aventure Hollande ou quelqu’un de sa majorité devait l’emporter ?

Une interrogation aussi sur la réalité de leur marge de manœuvre. Car en fixant la date du dépôt des candidatures à la primaire le 15 décembre, soit deux jours avant l’investiture des candidats aux législatives, Cambadelis n’a rien laissé au hasard…

Face à cela, il y a ceux qui espèrent pouvoir exister en dehors de la primaire du PS et donc du PS. Si Arnaud Montebourg a eu un moment cette tentation, les mauvais sondages l’ont ramené à la réalité. Seul Emmanuel Macron se place lui clairement en dehors, avec la volonté de faire émerger un pôle social libéral assumé. Le soutien dont il bénéficie dans cette période laisse à penser que nous sommes face à une offensive d'envergure, à laquelle n'est pas étrangère une partie du patronat.

Dans les candidats anciens-ministres il y a Cécile Dufflot et la primaire des écologistes. Les élections législatives partielles et les régionales ont montré qu’il existe un électorat écologiste qui résiste, mais qu’EELV n’incarne pas automatiquement. Les bons résultats d’AEI (Alliance écologiste indépendante) en PACA en sont l’illustration et LPE (le parti écologiste) de Placé peu aussi capter une part de l’électorat. Incarner à nouveau et plus fortement l’écologie, la rassembler, est un défi pour Cécile Dufflot et ce qui reste d’EELV. A cela s’ajoute une équation très compliquée pour Cécile Dufflot : élue uniquement grâce à un accord avec le PS, rester la députée d’une circonscription imperdable pour la gauche est impossible sans cet accord.

Au final, quels que soient les scénarios possibles, il est plus que probable qu’à l’arrivée nous nous retrouverons avec plusieurs candidats issus de la mouvance social-démocrate... C’est sans doute la faille majeure dans le raisonnement des frondeurs ; croire que battre Hollande dans le cadre d’une primaire de la gauche règle le problème. Dans une telle hypothèse, Emmanuel Macron pourrait être un recours pour beaucoup et cela, parfois, dès maintenant.

Quelles sont les difficultés pour les communistes dans la période ?

Pour le PCF la volonté est assez simple : contribuer à faire émerger une candidature commune pour porter une nouvelle espérance.

Cette volonté se confronte à plusieurs difficultés :

-Hollande, Valls, mais aussi Macron dans une moindre mesure, n’abandonnent pas l’idée de se réclamer de gauche. On peut considérer qu’ils sont disqualifiés pour la représenter, mais pour une part non négligeable de l’opinion publique, à commencer par ceux qui déclarent voter pour eux à la Présidentielle, ils sont de gauche. Et ce courant de pensée, sous une forme ou une autre, sera présent à la Présidentielle.

-En décidant de participer à la primaire de Cambadélis, et d’en respecter le résultat, donc éventuellement de soutenir Hollande ou son clone, les frondeurs ont fermé la porte aux communistes. Un choix qui confirme le fait que les frondeurs ne perçoivent l’avenir de la gauche que dans le cadre d’une hégémonie du PS. Un choix qui nous piège dans les stratégies tous azimuts des « ténors » de la gauche du PS.

-Jean Luc Mélenchon est lancé. Il ne se rangera pas sous une autre bannière. Cela d’autant plus qu'avec les sondages, mais aussi la situation au PS, il est conforté dans son choix. Pour autant, s’il veut engager une véritable dynamique pour incarner une alternative possible à la droite et à son extrême, il n’échappera pas à la nécessité d’élargir, considérablement, le champ du rassemblement. Cela va lui demander des efforts et des gestes pour créer les conditions pour y parvenir.

-EELV et Cécile Dufflot, pour les raisons énoncées plus haut ont beaucoup de bonnes raisons pour partir et incarner l’écologie. L’échec des alliances avec le PG ou l’ensemble du Front de gauche lors des régionales tend plutôt à renforcer la volonté de l’autonomie écologiste plutôt qu’un rassemblement de la gauche de transformation.

- En septembre 2010, l'annonce d'une candidature communiste avec André Chassaigne, dix-huit mois avant le scrutin, avait utilement contribué à nourrir et à enrichir le débat pour 2012. Aujourd'hui, l'hypothèse d’une candidature du PCF, à 8 mois d'un scrutin et dans le paysage sinistré de la gauche, serait perçue comme rajoutant inutilement à la division. Une situation intenable qui risque de reproduire la campagne de 2007 avec la dynamique militante en moins.

- L’hypothèse d’une pression populaire ou du mouvement social pour que le « bon sens » l’emporte est un peu virtuelle. D’une part parce que nous sommes dans une forme de délégation de pouvoir permanente, et si les citoyens aiment bien que nous leur demandions leurs avis, ils attendent aussi que nous prenions nos responsabilités. D’autre part, dans le même ordre d’idée, il ne faut pas demander au mouvement social d’apporter des réponses là où nous sommes en difficulté pour le faire.

- Il y a l’équation électorale qui dépasse les candidatures et qui est bien plus complexe que nous ne voulons l’admettre. Dans toutes les projections il manque à minima 10 points, parfois 15 points, à la gauche sur 2012. Dans toutes les projections, comparativement à 2012, nous nous retrouvons avec 3 tiers : un tiers « pro gouvernement » (4), un tiers « anti gouvernement » et un dernier tiers qui s’abstient (5) ou pire parfois. Qui peut croire aujourd’hui qu’il est possible de faire converger toute en partie ces trois tiers sur une seule candidature au premier tour ??? (6). Avant d’être divisé dans les candidatures, la division de l’électorat de gauche est dans les idées et dans les votes. Je ne partage pas la thèse de deux gauches inconciliables, pour autant, aujourd’hui, la fracture existe et elle est profonde. Cette fracture pourrait-elle se réduire dans le cadre des présidentielles ? Ce n'est pas le moindre des défis devant nous.

-Pour être complet sur le paysage nous n’échapperons pas à une discussion couplant la présidentielle et les législatives. La problématique est simple, aux législatives nous subissons un effet ciseaux. D’un côté cette élection est perçue par les électeurs comme devant donner une majorité au Président, d’où un poids conséquent du vote utile (Si Hollande fait 28,6% à la présidentielle les députés PS représentent 51% de l’hémicycle…). De l’autre côté cette élection détermine, en fonction du nombre de voix, le financement annuel des partis politiques. A 1,5 euros la voix et par an, cela motive la multiplication des candidatures dans toutes les circonscriptions (7). Une réalité qui nous oblige à éviter aux législatives, et pas seulement dans les seules circonscriptions « jouables », de nous placer dans les situations où les candidats PCF/Insoumis/ Ensemble (…) se disputent les mêmes électeurs. Une lutte d’autant plus fratricide pour les militants du Front de gauche que nous avons fait, bien ou mal, campagne ensemble à plusieurs reprises depuis 2009 (8).

Et maintenant ?

Au final, force est de constater que si l’écoute à nos propositions est toujours polie, du fait des préoccupations des uns et des autres concentrées quasi-exclusivement sur leur propre stratégie politique, l’offre politique formulée par Pierre Laurent et le PCF n’a pas été prise en compte.

Nous avons beaucoup essayé, nous y avons consacré du temps. Mais nous ne sommes pas parvenus à bousculer les lignes, à convaincre celles et ceux à qui nous nous sommes adressés. La multiplication des candidatures, souvent ceux-là mêmes que nous avions invité aux Lundis de gauche, en est l’illustration.

A partir de ce constat il ne faut plus, à mon avis, perdre du temps et beaucoup d’énergie pour essayer de trouver la solution idéale de fait impossible, ni attendre une solution miracle qui n’existe pas.

Il faut dès à présent travailler à une solution qui permette de reconstruire une gauche porteuse de l’alternative.

Une solution qui évite l’éparpillement, autant que possible, des forces qui portent une véritable alternative aux logiques libérales.

Une solution qui permette de nous projeter sur l’avenir et de sortir du marasme actuel (ou tout au moins de le tenter).

Pour essayer d’y parvenir deux propositions :

1/ Dans un débat politique monopolisé par la thématique de la lutte contre le terrorisme, le débat sur les candidatures et les primaires nous étouffe médiatiquement et entrave l’initiative militante et une quelconque dynamique. La vision de la fête de l’Huma via les grands médias est de ce point de vue très symptomatique. Il nous faut très rapidement en sortir et essayer d’installer des marqueurs dans le débat public qui donnent à voir d’une véritable alternative à gauche (Utilisation de l’argent, emploi, droits des salariés…).

2/ Tout en essayant, inlassablement, d’élargir notre rassemblement, la question de converger, à nouveau, avec l’ensemble des partenaires du Front de gauche, et donc de Jean Luc Mélenchon, est à mon avis incontournable.

C'est même de fait une nécessité pour redonner une perspective dans un paysage politique plombé par le désenchantement.

Nous sommes tous conscients que ce n’est ni suffisant, ni simple, et que cela pose des questions, et qu'il faudra sans doute un peu de temps pour y parvenir, mais dans la situation présente c'est nécessaire.

Ne faut-t-il pas très rapidement réfléchir aux conditions et au cadre partagé nécessaire pour parvenir à cette convergence et les mettre dans le débat?

Face à la situation à gauche et à celle de notre peuple, l’engagement des communistes dans le débat présidentiel est indispensable. Non pour rajouter de la confusion à une situation qui l’est déjà trop, mais pour avancer résolument dans une direction. Il faut le faire avec une froide lucidité et en sachant que nous n’aurons pas trop des sept mois qui viennent pour convaincre.

Convaincre des hommes et des femmes de gauche fatigués, humiliés par le quinquennat d’Hollande, qu’une alternative à gauche est possible, que voter est encore utile.

Convaincre des hommes et des femmes lassés par le spectacle très politicien auquel ils assistent.

Convaincre celles et ceux qui auront encore le sentiment d’être floués au lendemain de la primaire du PS.

Convaincre celles et ceux qui, par colère, se sont égarés....

Robert Injey

(1) : D'une certaine manière c'est une actualisation de la contribution suivante: http://www.robertinjey.com/2016/04/2017-il-y-a-urgence-a-clarifier-et-a-etre-a-l-initiative.html

(2) : Aux ex-ministres s’ajoutent des personnalités socialistes (Filoche, Lienemann...)

(3) : Des propos prêtés à Christiane Taubira.

(4) : En 2012 au premier tour Hollande rassemblait près des deux tiers de l’électorat de gauche.

(5) : Celles et ceux qui prennent le temps de lire les phrases minuscules dans les sondages n’auront pas manqué de lire, dans celui de TNS Sofres, que selon les configurations entre 31 à 36% des répondants ne sont pas certains d’aller voter ou n’ont pas exprimé de choix. En 2012 l’abstention au premier tour était de 20%, et en 2007 de 16%.

(6) : Une seule fois (Ifop pour Paris Match du 17 au 19 février 2016) a été testée l’option Hollande seul à gauche avec le NPA et LO. Le total gauche chute à 27,5 et LO et le NPA doublent en %.

(7) : Cela d'autant plus que pour avoir accès à ce financement il faut lors des dernières élections législatives avoir des candidats ayant obtenu chacun au moins 1 % des suffrages exprimés dans au moins cinquante circonscriptions....

(8) : Sur Nice entre les partielles et les élections générales cela représente, depuis mai 2009, 12 scrutins en commun….

Publié par injey06
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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 04:40
En 2017.....
Depuis plusieurs semaines, il n’y a pas un jour sans que, comme pour beaucoup de militants, on me parle de 2017.
Il y a les électeurs du Front de gauche qui me demandent : Alors ? Quand ? Avec qui ?
Il y a les camarades qui font part de leur perplexité devant notre rythme qu’ils considèrent trop lent.
Il y a les camarades qui, au contraire, trouvent que nous avons le temps.
Il y a les camarades qui ont déjà fait leur choix.
Il y a ceux qui lancent des appels, écrivent des contributions il y a ceux qui attendent que quelque chose bouge, ou bien encore ceux qui essayent d'éviter la multiplication des candidatures.
En clair il y en a pour à peu près tous les goûts.
Le week-end de la fête de l’Humanité sera déterminant. Dès la semaine prochaine il faudra commencer à tirer tous les enseignements et se projeter sur l’avenir en partant des possibles, du réel.
D'ici là, rendez-vous à la Fête de l’Humanité.
Publié par injey06
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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 06:18
Criminalisation de l'action syndicale? Répondons: Mobilisation!

Les grands patrons en ont souvent rêvé, ce gouvernement est en train de le réaliser.

La criminalisation de l’action militante, vieille exigence de la droite la plus réactionnaire, est en marche.

Il y avait déjà l’affaire des 8 de Goodyear condamnés à de la prison ferme. Début août, la décision de la ministre du Travail de valider le licenciement d’un délégué CGT à Air France, contre l’avis de l’Inspection générale du travail, a marqué une accélération. La semaine dernière c’est l'arrestation, tôt le matin par des policiers parisiens, de deux dockers havrais, membres de la CGT, quelques heures avant la venue de Philippe Martinez au Havre. Cette semaine le responsable des JC de la Loire est condamné par le tribunal correctionnel de Saint-Etienne à 8 mois de prison avec sursis et une mise à l'épreuve de 5 ans… La liste est longue.

Dans un climat détestable où certains attisent les peurs et toutes les haines, la criminalisation de l’action syndicale et militante est la réponse d’un pouvoir aux abois, qui n’a eu de cesse de répondre à toutes les exigences du MEDEF. L’accroissement des pratiques de harcèlement au travail, via un management «savamment organisé», et la volonté de faire taire toutes les voix discordantes, participent de cette même volonté : faire plier le monde du travail devant les exigences des actionnaires.

Le 15 septembre avec la nouvelle mobilisation unitaire contre la loi El Khomeri, répondons massivement présents.

Robert Injey

(Edito du Patriote du 9 septembre 2016)

Publié par injey06
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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 12:18
Ciotti et le RSA, ou l'art de stigmatiser les plus démunis...

Depuis 2011, la fraude au RSA est un des « grands combats » d’Eric Ciotti. Celui-ci veut donner l’image d’une traque sans concession et son bilan semble impressionnant : 32 millions d’euros économisés depuis 5 ans, dont 10 millions pour la seule année 2016.

Si la traque aux fraudes est juste et indispensable, le combat que mène Eric Ciotti, dans le département et à l’Assemblée nationale, donne le sentiment d’une grande détermination contre l’arbre de la fraude au RSA, pour faire oublier la forêt qui se trouve derrière.

La forêt en question est grande et elle révèle des fraudes immenses.

C’est celle de l’évasion fiscale (60 à 80 milliards d’euros par an).

C’est celle du CICE (17,5 milliards en 2015) dont l’utilisation échappe à tous les contrôles.

La forêt c’est la réalité de la fraude sociale des entreprises. En 2014 un rapport de la Cour des comptes pointait que la fraude aux cotisations sociales des entreprises s'élevait entre 20,1 et 24,9 milliards d'euros en 2012, soit 5% de l'ensemble des cotisations et contributions sociales. Dans certains secteurs (commerce, construction) plus de 10% des entreprises seraient concernées par la fraude !

Mais sur tous ces dossiers Eric Ciotti est d’une grande discrétion !

Pourtant, faisons un petit parallèle avec le RSA. En 2016, sur plus de 30 000 allocataires du RSA dans les Alpes-Maritimes, 223 amendes administratives ont été notifiées soit 0,74%, 110 personnes ont vu leur droit RSA suspendu après avoir refusé 2 offres « raisonnable d’emploi » soit 0,36%, et 14 plaintes déposées soit 0,046%. Une proportion très faible, mais qui n’empêche pas Eric Ciotti de stigmatiser en permanence les allocataires du RSA.

Cette réalité ramène à sa juste proportion ce que « pèse » la fraude au RSA dans l’économie de notre pays et de notre département. Une goutte d’eau qui permet à la droite et au Front national de stigmatiser les plus démunis et de les diviser. Et pendant ce temps on ne parle pas du reste, en l’occurrence les milliards qui sont volés à la collectivité par le grand patronat et autres rentiers.

Robert Injey

PCF-Front de gauche Nice

Publié par injey06
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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 09:09
Prison de Nice: arrêtons le bal des hypocrites!

Après vingt-cinq ans de discussions, entre l’Etat et la ville de Nice, sur le devenir de la prison de Nice, le Garde des Sceaux et Christian Estrosi poursuivent cette insupportable attitude qui consiste de décider de ne rien décider.

Après avoir fait capoter l’hypothèse plaine du var et lancé plusieurs pistes pour éviter un projet sur Nice, Christian Estrosi a finalement opté pour la reconstruction sur place, depuis quelques années. A cela une raison évidente, au-delà des considérations techniques, il est plus simple politiquement de faire accepter, avec les améliorations nécessaires, une reconstruction sur place aux riverains qui ont toujours vécu avec la prison dans le paysage, plutôt que d’aller la construire dans un autre quartier, une autre commune.

La position du ministre de la justice, elle, est plus étonnante. La proposition est sur la table depuis des années (il en était déjà question dans les années 90), et l’administration pénitentiaire a déjà dû travailler sur ce projet. Pourquoi alors botter en touche maintenant ?

Mais sans doute entrent aussi dans ce dossier des considérations électorales. La prison de Nice se situe dans la circonscription électorale où le 1er secrétaire de la fédération du PS sera candidat. A neuf mois d’une élection déjà compliquée pour le PS, c’est sans doute la volonté de faire porter le choix du site sur la ville de Nice et non pas sur le gouvernement socialiste qui semble motiver ce rétropédalage pour le moins surprenant du Garde des sceaux.

Cette situation n’a que trop duré. La vétusté de la prison de Nice fait honte à notre ville, fait honte à la France, il est urgent que l’intérêt général prime sur les considérations politiciennes.

Robert Injey

PCF-Front de gauche Nice

Publié par injey06
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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 13:15
La tentation d'une laïcité au faciès?

Plusieurs maires ont décidé de passer outre l’arrêt du Conseil d’État sur les arrêtés anti-burkini. Une décision grave de la part d’élus, parfois même de parlementaires, qui ont volontiers des mots très durs pour celles et ceux qui ne respectent pas la loi. Aujourd’hui, alors même qu’ils devraient être exemplaires, ils annoncent crânement ne pas vouloir respecter cette décision !

Au-delà, c’est l’esprit même de la République qu’ils remettent en cause. En effet, l’arrêt du Conseil d’Etat du 26 août, suspendant l’arrêté « anti-burkini » de Villeneuve-Loubet est logique. Pour rendre sa décision, le Conseil d’État met en avant le fait qu’ « aucun élément ne permet de retenir que des risques de trouble à l'ordre public aient résulté de la tenue adoptée en vue de la baignade par certaines personnes ». À partir de cette évidence, c’est donc très logiquement que le Conseil d’Etat motive sa décision par le fait que « l’arrêté litigieux a ainsi porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle ».

En rendant cet arrêt, le Conseil d’État applique l’esprit de la déclaration des Droits de l’Homme de 1789, partie intégrante de la Constitution de 1958, en particulier les articles 4 et 10 qui énoncent : « Art. 4. La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits ; Art. 10. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi ».

La notion de « laïcité » a souvent été avancée pour motiver ces arrêtés. Constatons simplement que la Loi sur la séparation des Églises et de l’État de 1905, symbole d’une laïcisation affirmée de la République Française, dispose, dès son article 1, que « la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes ». Avant d’acter, dans l’article 2, la séparation avec les Églises et la neutralité de la République qui « ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. »

En l’absence de trouble à l’ordre public avéré, c’est sur la base des mêmes arguments qu’une loi anti-burkini se révèlerait non conforme à la Constitution. Mais le burkini n’est-il pas un prétexte de circonstance, derrière lequel se cachent d’autres tentations ?

Celle d’une partie de la classe politique française qui voudrait bien faire revenir la France avant 1905. Nicolas Sarkozy ne s’en cachait pas vraiment en décembre 2007 en prononçant son discours, devant les Cardinaux au Palais du Latran, avec cette phrase terrible : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur. »

Au travers de l’entêtement d’élus à maintenir les arrêtés anti-burkini, ou bien face à la volonté de vouloir légiférer comme le demande Nicolas Sarkozy, on peut s’interroger s’il n’existe pas aussi une volonté, inavouable, de transformer la laïcité à la française en une insupportable « laïcité » au faciès, pour institutionnaliser une logique persistante de stigmatisation, dangereuse pour notre société.

Enfin, dans un contexte politique où la droite se déchire et est en difficulté pour exister face à un gouvernement qui lui a piqué son programme, le burkini -comme d’autres questions de société- joue le rôle de leurre. Un leurre qui divise ceux là-mêmes qui subissent les logiques libérales, un leurre qui évite de parler du reste…

Robert Injey

(Article à paraitre dans le Patriote n°151 du 2 septembre)

Publié par injey06
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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 09:07
L'hommage de la CGT, avec l'intervention de Gérard Ré, secretaire général du l'UD 06

L'hommage de la CGT, avec l'intervention de Gérard Ré, secretaire général du l'UD 06

Samedi sur le marché de la libération

Samedi sur le marché de la libération

l'hommage des communistes

l'hommage des communistes

Les communistes de Nice étaient de retour sur le marché de la Libération ce samedi. l'occasion de diffuser un tract portant appréciation sur l'été dramatique que nous avons connu, mais aussi de proposer de remplir le questionnaire de la grande consultation. Ce dimanche, 28 août, marquait le 72è anniversaire de la Libération, par la Résistance elle-même, de Nice. Une journée marquée, outre les commémorations officielles, par l'hommage à la Résistance de la CGT, devant la Bourse du travail, place St François et celui des communistes au carrefour du 28 août.

Ci-dessous le texte de l'allocution de Philippe Pellegrini, secrétaire de la section de Nice.

Cher(e)s ami(e)s,

Il y a 72 ans, notre pays, notre région notre département, note ville se libéraient.

Depuis plusieurs années maintenant, la Mairie de Nice croit utile de faire défiler à cette occasion des véhicules de collection de l’Armée Américaine dans nos rues. Pourtant, il nous faut encore le rappeler, le 28 août 1944, à Nice, il n’y eut ni Jeep ni Tank US.

La libération de notre ville fut le fait de la résistance elle-même. Un acte qui comme à Paris au même moment ou en Corse dès 1943 faisait entendre la voix d’une France qui voulait reprendre en main son destin et ne pas se voir placer sous tutelle par une administration militaire alliée telle qu’elle était prévue dans les bagages de l’US Army.

Ce 28 août là sonne ainsi la fin de quatre années d’occupation italienne puis allemande.

Quatre années terribles pour une population soumise à toutes les privations et à l’arbitraire de la puissance occupante.

Quatre années où les occupants et les collaborateurs répriment fortement les populations juives et la Résistance.

Juifs, résistants ou simples otages, ils furent près de 4 000 à être déportés. La grande majorité ne reviendra pas.

Après les débarquements en Normandie et en Provence, la répression redouble d’ampleur en cet été 44.

Le 11 juin à St Julien du Verdon, des lycéens du Lycée Masséna sont fusillés.

Le 7 juillet, Thorin et Grassi, FTPF originaires de Gattières sont assassinés et pendus en public à Nice.

Le 11 juillet, Max, fils de Virgile Barel est torturé et assassiné par Klaus Barbie à Lyon

Le 12 août, à Sospel ce sont 15 résistants français et italiens qui sont fusillés.

Le 15 août, l’occupant et la milice exécutent 10 résistants à Cannes et 21 à l’Ariane.

La liste est longue

C’est dans ce climat marqué par la répression mais aussi par l’espoir d’une victoire contre le nazisme que ce décide et s’engage la libération de Nice.

Une libération qui prit naissance dans ce quartier du Passage à Niveau. C’est ici qu’ont éclaté les premiers coups de feu donnant le signal de l’insurrection.

Ce moment qui semble spontané a fait l’objet d’une préparation très active. Alors que depuis 5 ans déjà, les communistes sont dans la clandestinité et que Vichy et la collaboration suppriment les libertés conquises de haute lutte par et pour le peuple, c’est dès le 15 août que l’UD CGT décide le principe de la grève insurrectionnelle. Le 24 août, le comité insurrectionnel est créé, rassemblant FTPF, Milices Patriotiques, Militants communistes. Le même jour se forme un comité d’action FFI.

C’est le 27 août qu’aura lieu au Palais Stella la réunion décisive du comité insurrectionnel qui fixera la date de l’insurrection pour le 28 août.

Les combats dureront toute la journée s’étendant à l’ensemble de la ville et contraindront les allemands au départ.

Nice est libérée. 32 de nos libérateurs tombèrent ce jour-là payant de leur vie leur engagement patriotique et antifasciste.

Ne pas oublier ces dernières victimes d’un long et sanglant conflit qui va durer en Europe encore plusieurs mois signifie également ne pas oublier la source de cette guerre : Le nationalisme, les idéologies qui prônent l’exclusion et le racisme, plus généralement ceux qui voient des civilisations éternelles et supérieures face à d’autres qui ne seraient pour eux que des barbares.

Aujourd’hui, sont au pouvoir dans plusieurs pays d’Europe les héritiers de ceux qui ont permis au nazisme de développer son plan macabre. En Hongrie, en Slovaquie, en Pologne ou en Ukraine et dans les Pays Baltes les nostalgiques du IIIème Reich participent à des gouvernements et certains ont même voté pour que les années passées dans la SS soient validées dans la retraite des anciens combattants. Ils effacent les symboles de la résistance et revisitent l’histoire de leur pays sous un jour ultra-nationaliste. Les oppresseurs d’hier deviennent des héros.

En France, nous n’en sommes pas là mais résister doit plus que jamais se conjuguer au présent. Alors que tous les leurres sur l’identité nationale ou n’importe quelle occasion de stigmatiser l’autre n’échappent pas à la droite et à son extrême, on voit depuis ces dernières années, des mots et des visions qui étaient cantonnés aux groupuscules néo-nazis et au FN dans la bouche de ceux qui se présentent comme « la gauche de gouvernement ». De propos racistes sur les Roms à la déchéance de nationalité, du rejet des réfugiés à la qualification d’une tenue de bain comme étant antirépublicaine, le premier ministre de la France et ce gouvernement se revendiquant de la social-démocratie ont une responsabilité toute particulière dans le glissement très à droite du débat politique français.

Nous, communistes nous n’oublions pas que partout en métropole ce sont des combattants issus de tout l’empire colonial français qui sont tombés pour nos libertés. Des goumiers marocains aux tirailleurs sénégalais, nous savons combien nous devons aux grands-pères de ceux qu’une partie de la classe politique française voudrait aujourd’hui stigmatiser.

Nous n’oublions pas non plus que c’est dans une France exsangue que sont nées les grandes ambitions sociales pour ce pays alors que l’on voudrait nous faire croire aujourd’hui que les 35h ne sont plus viables pour l’économie nationale et que l’on veut réduire à néant le Code du travail, l’hôpital public, l’éducation nationale, etc.

Là aussi, se souvenir de nos glorieux ainés c’est se souvenir du programme du Conseil National de la Résistance et les grandes réformes qui façonnèrent notre société (le statut de la fonction publique, la sécurité sociale, les monopoles publics sur l’énergie et les secteurs stratégiques pour le pays). Ce n’est pas un hasard si aujourd’hui encore le MEDEF veut achever de liquider l’héritage du CNR en démontant pièce par pièce ce qui faisait le modèle social français.

Comment ne pas se révolter quand on entend parler du travail que comme un coût alors que ce que nous devons supporter c’est bien le coût du capital ! Une fraude fiscale des entreprises évaluée à 80 milliards d’Euros, Les affaires Bygmalion, Cahuzac et autre Panama Papers nous montrent que ce n’est pas l’argent qui manque ni les moyens de le dissimuler et de le soustraire à la solidarité nationale.

Les arguments des libéraux sont les mêmes que ceux des propriétaires des champs de coton avant l’abolition de l’esclavage, les mêmes que ceux qui justifiaient le travail des enfants et qui nous expliquaient que la catastrophe ne tarderait pas si l’on avait des congés payés ou un jour de repos hebdomadaires. Les archaïques, les dangereux, les fanatiques de cette nouvelle religion qu’est devenu le marché sont prêts à tout pour leur taux de profits et leurs dividendes : Manipulations médiatiques, coups d’Etat comme au Brésil au Honduras et au Paraguay, et encore et toujours la guerre comme continuation absolue de la conquête de marchés par d’autres moyens. Les richesses naturelles, au lieu d’être des chances, deviennent des malédictions pour les peuples qui habitent à proximité.

Ainsi, gardons ce passé en tête pour nos combats d’aujourd’hui. Nous savons que la Paix ne se construit que sur la justice, l’harmonie et le progrès ne surviennent qu’avec l’égalité. Souhaitons-nous à tous une République qui fasse vivre au quotidien sa devise et les valeurs qu’elle proclame.

Publié par injey06
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